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GARD Les bienfaits de la restauration collective de qualité

Un colloque était organisé au Conseil Départemental pour inciter les collectivités à entrer dans la belle danse de la restauration collective de qualité (Photo Anthony Maurin : ObjectifGard)
Un colloque était organisé au Conseil Départemental pour inciter les collectivités à entrer dans la belle danse de la restauration collective de qualité (Photo Anthony Maurin : ObjectifGard)

Faire de la cuisine n'est pas un effort surhumain. Si la restauration collective souffre d'une mauvaise réputation, il est temps d'apporter un souffle de renouveau dans des cuisines souvent délaissées par facilité et par manque d'envie ou d'idéal. Place au circuit court, au bio et à la qualité que méritent les gardois quand ils sont à table.

Échanges, discussions, questions, comparaisons des expériences, le colloque organisé au Conseil Départemental mettait à plat les trucs et astuces pour une meilleure qualité des produits servis dans les restaurants collectifs du département. Tout le monde est concerné par ce sujet transversal, de l’État en passant par les collectivités, les établissements scolaires, les maisons de retraites, le domaine de la santé, de l'agriculture, de l'environnement...

Pour Cathy Chaulet, vice-présidente déléguée à la qualité alimentaire et à la restauration collective au Conseil Départemental du Gard, "manger local, manger sain, manger de saison et manger équilibré sont des souhaits communs à tous. Il faut court-circuiter la grande distribution au profit des circuits courts et bio si possible. Notre département a une expérience en la matière, notamment à Bajac où cette politique est fortement développée. Le Gard est par ailleurs lauréat du programme national pour l'alimentation!".

Barjac, ville pionnière pour une politique d'avenir

Et quand on parle d'alimentation en restauration collective et saine, la ville de Barjac est un exemple national que le cinéma n'a pas hésité à mettre en valeur. Pour Édouard Chaulet, maire de Barjac, "avant, nourrir les enfants n'était pas un problème... selon une étude américaine faite avec des prisonniers, 50% de détenus qui mangent bio sont moins agressifs, l'enfant n'est plus condamné au "néfaste food"! Jules Ferry a fait l'école gratuite, cela implique les transports mais aussi la nourriture. Nous faisons un un prix social pour satisfaire tout le monde. L'alimentation bio est notre cheval de bataille, aujourd'hui nous servons 250 repas par jour, d'autres villages viennent s'approvisionner chez nous et notre tarif est de 2,50 euros pour un repas qui revient à 7,80 euros. Si mon Conseil municipal me suit, le repas sera bientôt gratuit".

91% des français estiment que consommer local, c'est consommer responsable. L'économie de ce secteur est importante mais il faut soutenir l'agriculture, structurer la filière et valoriser les produits de qualité. Le Gard comporte d'ailleurs beaucoup de produits de qualité qui sne sont pas assez mis en valeur et qui constituent à eux seuls un repas équilibré! Le côté social n'est pas négligeable non plus...

Et le maire de Barjac de reprendre "c'est une décision politique. Le repas ne doit pas être une valeur d'ajustement de la famille et des collectivités! Le problème de prix n'existe plus, la proximité des fournisseurs efface les kilomètres parcourus et enlève les intermédiaire. Les paysans sont méfiants quand on parle de nouveauté mais l'accès au foncier est de plus en plus difficile. Les performances chimiques sont efficaces mais il y a de moins en moins d'agriculteurs, demain, nous aurons faim... La France sépare l'élevage de la culture, le fumier des végétaux et c'est l'avènement des intrants!".

Le Gard, deuxième département de producteurs bio

Créer du lien entre les agriculteurs et les consommateurs est rassurant et plein de sens. L'environnement ne peut que mieux s'en porter! Les transports sont minimes, la saisonnalité est respectée et la mise en place d'une durabilité de la biodiversité est assurée. Cela ne vaut rien si on ne met pas ces différents points en liaison avec les 6700 exploitations agricoles gardoises (dont 789 bio, le Gard est le deuxième département français en terme de production biologique). Le Gard compte 100000 repas par jour dans des restaurants collectifs, Nîmes en représente 7000!

Pour Denis Olagnon, secrétaire général de la Préfecture du Gard, "la Préfecture soutient l'agriculture gardoise, l'élevage, mais aussi les filières de frits et légumes pour un meilleur approvisionnement local et un ancrage significatif territorial. Il faudra 40% de produits locaux et 20% de produits bio d'ici 2020 dans la restauration collective! L'approvisionnement local n'est pas simple mais la conviction amène les résultats et améliore l'attractivité du territoire".

Autre secteur en avance, la petite Camargue. Pour Nicolas Dardevet, responsable du service de restauration scolaire de la Communauté de communes de Petite Camargue, "tout commence pour nous en 1993 à Vauvert. C'était le moyen-âge, tout était compliqué, rien n'était structuré, bref, pas du tout adapté à ce que nous voulions à l'époque... Nous sommes passés à un repas 100% bio par semaine avec une harmonisation tarifaire. Nous croyions alors que la hausse des prix allait faire partir les gens, au contraire, on a doublé le nombre de repas! Aujourd'hui, nous sommes à 1200 repas par jour, le plus souvent avec des produits en circuit court comme le taureau de Camargue, le riz de Camargue, le Raspaillou, les volailles bio d'un éleveur de Beauvoisin, les ESAT pour le maraîchage et pour les abricots, un agriculteur bio nous fournit quand il le faut... Le problème, c'est le poisson frais. En Méditerranée, nous ne trouvons rien de bien donc nous nous servons à Lorient, Dieppe ou Boulogne. Pour les yaourts, c'est en Ardèche que cela se passe! Nous avons plus de 50% de nos fournisseurs en circuit court et/ou 30% de produits bio".

Un bon début pour le département qui veut être une sorte de référence nationale en la matière. La restauration scolaire a de l'avenir devant elle mais laisse planer encore quelques doutes quant aux prix adoptés. Là aussi, à chaque problème sa solution. Un travail au quotidien avec les producteurs locaux ne peut qu'entraîner un élan qualitatif et quantitatif.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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