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NÎMES L’affiche des ferias se dévoile dans la noirceur

Alberola, comme en 1985, réalise l'affiche des ferias 2016 de Nîmes (photo DR)
Jean-Michel Alberola, comme en 1985, réalise l'affiche des ferias 2016 de Nîmes (photo DR)

C'est un moment très attendu par l'ensemble des nîmois, des gardois et des amoureux des ferias de Nîmes, l'affiche qui illustrera ces moments de festivités autour des arènes vient d'être dévoilée. Jean-Michel Alberola revient plus de 30 ans après son premier essai.

A Nîmes, l'affiche des ferias n'a pas forcément vocation à être festive. Nîmes n'est pas Dax! Le choix de la municipalité ne laisse pas la place au doute, cette année, la joie ne saute pas la barrière et la mise en abyme de la tauromachie est au centre des débats d'une affiche qui paraît plus profonde que ce que l'on peut voir de prime abord

Avant toute chose, la feria, c'est l'ensemble des corridas qui ont lieu pour Pentecôte et pour les Vendanges. Après, une fois la tragédie jouée au centre de la piste devant un public respectueux, il faut passer au côté festif de la chose mais sans les arènes et les corridas, les ferias comme on les entend aujourd'hui, n'existeraient pas. L'âpreté de ce genre de spectacle n'a rien de drôle ou de festif, la corrida touche à la mort et contraste avec la vie. C'est ce qu'a souhaité évoquer l'artiste.

A l'origine ce tableau est composé de 11 pièces et se nomme Acteon. Réduite à trois de ces onze volets, l'affiche se présente sous une forme spéciale de triptyque entaché de noir sur la partie supérieure, empêchant le spectateur de voir les visages des corps utilisés. Trois tableaux pour remettre en scène les trois tiers de la corrida.

Triptyque de tercios

Une passe au capote sur la gauche (au lieu d'une pique), un saut pour les banderilles au centre et une passe de muleta sur la droite. Cette histoire de pieds redonne ses lettres de noblesse à la posture du maestro face au cornu, à l'intelligence humaine face à la bestialité d'un adversaire que l'on ne voit que très partiellement.

Jean-Michel Alberola, né en Algérie en 1953, est un artiste polyvalent. Peinture, sculptures, gravures, photographies, videos, voilà les terrains de jeu de celui qui sera exposé au Palais de Tokyo jusqu'à la prochaine feria de Pentecôte et qui enseigne depuis 1991 aux Beaux Arts de Paris. Cet Acteon date de 1985, année de sa confection de l'affiche de la feria de Pentecôte.

Acteon est un nom d'emprunt, celui qui va à l'encontre de l'artiste mais qui évoque sans cesse la mort, le voyeurisme et le statut de la peinture dans un monde dépassé par ses émotions. Cette affiche n'est pas festive comme celle rendue par exemple par Yash Godebski en 2007. Non, il faut la lire de manière posée, réfléchir sur ce qu'on voit et sur ce qui est absent de l'image noircie.

Avec la fête qui va battre son plein autour de l'anneau de pierre, ce qui va se jouer sur le sable doit être tenu en respect car la dramaturgie de l'acte taurin se conjugue à merveille avec cette affiche. Les cartels seront intégrés au pied de l'affiche, ne brouillant pas l'intégrité de la vision de l'artiste. La typographie utilisée se fond bien au décor et les "e" stylisés comme des 3 renversés, sont l'oeuvre de Jean-Paul Fournier himslef!

Une conférence de presse bouclée en 2 temps 3 mouvements et aucun produit dérivé hormis l'affiche et la carte postale ne seront disponibles... Pour la première fois depuis bien longtemps, cette affiche s'affichera très peu.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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3 réactions sur “NÎMES L’affiche des ferias se dévoile dans la noirceur”

  1. La tendance est au noir? Vraiment regrettable. J’aurais préféré des couleurs, de la vie plutôt que des corps victimes nappés de noir. C’est faire trop d’honneur à la noirceur de ce monde. Elle n’en a pas besoin ces temps-ci.

  2. La honte commence à envahir les amateurs de torture d’animaux : c’est pourquoi ils cachent soigneusement la malheureuse bête saignée à blanc durant ces séances publiques de torture et de massacre. Ils vont finir par se rendre compte que cette barbarie n’a pas sa place dans le monde civilisé.
    Ah oui, c’est vrai, comme c’est « la tradition », de torturer ces animaux, ils ont le droit…Au fait et l’excision, n’est-ce pas aussi la tradition ? Et la burqa, et la lapidation pour les femmes, c’est aussi la tradition…Quelle honte !

  3. L’horrible cruauté, les épées et couteaux enfoncés dans le cou des animaux martyrisés, épuisés, leur agonie en public, va donc recommencer, encore et encore…quand mettra-t-on fin à la folie sanguinaire d’une poignée de fanatiques ? Torturer à mort des animaux est interdit partout dans le monde (même en Catalogne désormais), mais il quelques êtres humains encore capable de pratiquer cette ignominie. Vivement que nos députés se réveillent et mettent un point final à de ce cauchemar digne de l’obscurantisme du Moyen-âge.

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