Politique

ALÈS Conseil municipal : quand la logique de parti s’empare du budget

Conseil municipal d'Alès. Eloïse Levesque/Objectif Gard
Conseil municipal d'Alès. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Ce lundi, le conseil municipal alésien était réuni pour le traditionnel débat d'orientation budgétaire. Des échanges sans grande saveur plus politiques que constructifs.

En préambule de séance, la maire Max Roustan a présenté un état des lieux des bons points de la ville en matière de finances. A défaut de proposer des orientations politiques. Si de nombreuses communes peinent à maintenir la tête hors de l'eau, Alès affiche une "santé saine pour affronter une année difficile" : une épargne de 3 millions d'€ contre zéro l'an dernier, ainsi qu'une dette en baisse constante depuis plusieurs années, et stabilisée à 41 millions d'€, sur un budget global d'environ 80 millions d'€. Et l'édile de tacler, remonté comme une pendule : "Heureusement qu'on ne gère pas la ville comme l'Etat. Sa dette de 2100 milliards est plus importante que son PIB !".

Pourtant, tout n'est pas rose. Avec sa fermeture provisoire, l'abattoir a perdu la moitié de son chiffre d'affaires en 2015. Sans compter la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités, le cheval de bataille du premier magistrat d'Alès. "On va subir une ponction de 819 000 € cette année, un montant qui s'ajoute au million déjà prélevé les années précédentes. L'an prochain, ce sera 2,7 millions supplémentaires", dénonce-t-il. Au total, le budget sera amputé de 5 millions d'ici 2017.

De son côté, l'opposition se veut moins alarmiste : "La dotation de solidarité urbaine est de 5 millions, et la commune en bénéficiera de nouveau cette année. Ça compensera en partie la baisse des dotations", assure Jean-Michel Suau, élu Front de Gauche. Mais le maire insiste : "On les aurait eu de toute façon, donc, non, c'est de l'argent en moins !". Benjamin Mathéaud, conseiller socialiste, tente d'appuyer la parole de son camarade pour défendre le gouvernement : "On n'est pas étranglé. Il ne faut pas surjouer. Même si les marges sont moins larges que dans le passé".

"Moi, maire !"

Si la discussion, sans grande surprise, "tourne en rond", Jean-Michel Suau tente d'apporter de l'eau au moulin des débats. "Puisque la ville a les reins solides, pourquoi ne pas investir pour l'emploi. Où en est le Fort Vauban, la salle de musiques actuelles et le centre de santé ? Pourquoi ne pas explorer la gratuité des bus plutôt que de multiplier les places de parking ?", interroge-t-il. Poussé dans l'élan, l'ancien secrétaire de la section PS d'Alès lui emboîte le pas dans le brouhaha général : "Pourquoi ne pas faire des trompe-l’œil pour masquer les lieux à l'abandon, comme dans les grandes villes ?"

Max Roustan se contente d'ironiser sur l'anaphore désormais célèbre de son opposant François Hollande "Moi, président !", et donne de quoi réveiller les zygomatiques du public : "Moi, maire, j'ai arrêté de détruire Alès comme l'a fait Roucaute, l'un de vos amis!" Le projet de révision du PLU en cours de discussion en sera-t-il un exemple ?

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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1 commentaire sur “ALÈS Conseil municipal : quand la logique de parti s’empare du budget”

  1. Du temps de Roucaute ce n’était pas parfait mais il respectait ses opposants et le taux de chômage était bien plus bas. Si on comapre les 2 bilans il n’y a pas photos sauf pour les ronds-points où roustan l’emporte largement.

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