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FAIT DU JOUR Leins-Gardonnenque : « Avec la fusion, le projet enfance-jeunesse va mourir »

Les assises de l'éducation étaient organisées samedi à Domessargues. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Les assises de l'éducation étaient organisées samedi à Domessargues. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Ce samedi, la communauté de communes Leins-Gardonnenque organisait ses assises de l'éducation au foyer Lucie Aubrac de Domessargues. Objectif : faire un point d'étape sur le projet éducatif de territoire, qui, en raison de la fusion de l'intercommunalité avec Nîmes Métropole, semble bien sombre.

Un projet éducatif a été mis en place par l'intercommunalité pour la période 2004-2017. Il a pour vocation de proposer, de la petite enfance à l’adolescence, une offre favorisant leur épanouissement et leur développement grâce à plusieurs structures. Aujourd'hui, ce projet se trouve bouleversé par la loi sur la nouvelle organisation territoriale.

En effet, au 1er janvier 2017, la communauté de communes Leins-Gardonnenque disparaîtra. La CDCI qui s'est tenue hier en Préfecture a scellé le sort de la collectivité : la demande de dérogation effectuée par les élus opposés à cette fusion a été rejetée. Mais cette décision n'est pas sans conséquences. « Cette absorption nous conduit à penser que le projet enfance-jeunesse va mourir », déclare Jérôme Abellaneda, coordinateur du projet enfance-jeunesse de l'intercommunalité.

Une compétence facultative

Nîmes Métropole ne possède pas la compétence petite enfance/enfance/jeunesse. De ce fait, après la fusion, celle-ci serait transférée aux communes, qui n'ont pas l'obligation de l'exercer. Et même si elles décident de le faire, la mission est bien trop lourde à assumer pour des petits villages de plusieurs centaines d'habitants. « C'est la mutualisation des 14 communes qui permet, à l'heure actuelle, de donner une ambition au projet. Seules, elles ne pourraient pas le porter », assure Jérôme Abellaneda.

Ce projet éducatif se concrétise par plusieurs réalisations à l'échelle intercommunale : crèches et micro-crèches, centre de loisirs, espace jeunes, ludothèque itinérante et activités périscolaires. S'ajoute à cette liste l'ouverture prochaine d'un pôle enfance à Saint-Geniès-de-Malgoirès qui regroupera un relai assistantes maternelles, une ludothèque, un lieu d'accueil parents-enfants, un accueil de loisirs et et une crèche. « Comment la commune, seule, aura t-elle les moyens de faire vivre une telle structure ? », s'interroge le coordinateur du projet enfance-jeunesse.

Des fermetures en cascade

Pour assurer la continuité du projet éducatif qui représente un budget de 1 million d'euros pour la collectivité, « les élus réfléchissent à se réunir sous une autre forme, avec une autre gouvernance puisqu'ils n'ont pas d'autres choix que de se plier aux compétences de Nîmes Métropole », explique David Dumas, président départemental des Francas. Et d'ajouter : « 90 salariés de l'intercommunalité sont concernés par le projet enfance-jeunesse. On peut aussi craindre des licenciements économiques ».

Pour alerter le plus grand nombre de personnes sur leur situation, ils prévoient des fermetures en cascade, la semaine prochaine du lieu d'accueil parents-enfants (lundi), du centre de loisirs, de l'espace jeunes et de la ludothèque (mercredi). De plus, Les temps d'activités périscolaires seront annulés le vendredi.

Élodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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2 réactions sur “FAIT DU JOUR Leins-Gardonnenque : « Avec la fusion, le projet enfance-jeunesse va mourir »”

  1. Ces regroupements en plus forcés sont une catastrophe pour les citoyens traités comme de vulgaires pions. Plus de coût pour moins de service et d’efficacité, moins de démocratie locale. Presque tout le monde le sait en interne mais qui le dit?

  2. C’est une issue dramatique à cette fusion (rendue obligatoire par la nouvelle loi…) qui n’a pas été suffisamment réfléchie et anticipée…
    Les parents et associations de parents d’élèves devraient maintenant se réunir et mener des actions, conjointement à celles menées par le pole enfance jeunesse, afin d’alerter l’opinion publique ainsi que les autorités publiques sur ce triste sort… Si nous continuons à faire l’autruche et à ne pas voir la réalité en face, il sera malheureusement trop tard, et nous ne pourrons plus dire « nous ne savions pas… »

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