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FAIT DU JOUR À Alès, l’auto-école sociale ouvre la voie de l’emploi

Les élèves de l'auto-école sociale, dispositif porté par la Mission locale jeunes.
Les élèves de l'auto-école sociale, dispositif porté par la Mission locale jeunes.

Pour beaucoup, l'obtention du permis de conduire représente, avant tout, un permis de travailler. Mais l'examen coûte cher et certains jeunes se retrouvent bloqués professionnellement. A Alès, l'auto-école sociale a été créée spécialement pour eux.

Yohann a choisi de travailler dans les métiers de la cuisine. Le jeune homme a déjà eu des entretiens, mais n'a pas encore pu décrocher un emploi. Une ligne manque à son CV : le permis de conduire. « J'habite à La Grand'Combe. Là-bas, il n'y a rien dans mon domaine. Si j'avais le permis, je travaillerai déjà », explique t-il. En janvier, il a commencé à prendre des cours de code à l'auto-école sociale, implantée depuis 2007 à Alès.

Installée sur la Grand Rue Jean Moulin, elle s'adresse exclusivement aux jeunes inscrits à la Mission locale. Il s'agit donc de personnes aux faibles niveaux de qualification, sans ressources et en recherche active d'emploi. Personnes qui n'ont donc pas les moyens de débourser 1000€ dans une auto-école commerciale. « Inversement, on ne va pas ouvrir nos portes à quelqu'un qui a les moyens de se payer le permis », souligne Pierre Martin, président de la Mission locale. A l'auto-école sociale, la participation financière s'élève à 310€, soit 110€ de frais d'inscriptions, 100€ au moment du passage du code de la route et 100€ avant l'examen pratique du permis de conduire. Des prix cassés qui permettent de faciliter l'insertion professionnelle et sociale des jeunes.

150 personnes accompagnées depuis 2007

L'obtention du précieux sésame signifie beaucoup pour ces élèves-là. Depuis qu'elle a réussi l'examen en février, Mickaëlla a pu augmenter ses heures de travail : « Je suis femme de ménage et j'ai pu passer de 18h à 25h. Le but c'est de faire 35h ». Cindy, qui suit une formation en esthétique, peut désormais se déplacer sur ses lieux de stages. La situation des deux jeunes femmes est enviée par ceux qui prennent leurs leçons de code, comme Eloy : « J'ai un CAP de tailleur de pierre. Chaque employeur que j'ai rencontré m'a demandé le permis ». Quant à Laura, elle est déjà stressée par l'examen : « Mais je n'ai pas le choix car je veux devenir employée commerciale ».

C'est Angélique Azorin, monitrice, qui chapeaute les élèves. Et l'investissement n'est pas le même que dans une auto-école classique : « Il faut s'adapter aux personnalités et aux niveaux scolaires de chacun. J'ai déjà eu un jeune qui ne savait ni lire, ni écrire. Dans ces cas-là, c'est très difficile ». Pour les cours de conduite, la monitrice prend le temps de mettre en confiance les futurs conducteurs « car beaucoup sont en situation d'échec personnel et ont besoin d'être rassurés ».

Depuis la création de l'auto-école sociale, environ 150 personnes ont décroché leur permis. En moyenne, en 2015, les jeunes ont bénéficié de 51 heures de cours avec deux passages du code et trois passages à l'examen de conduite.

Élodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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