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RING POLITIQUE Amal Couvreur : « sans la politique de la ville, la situation aurait été pire dans les quartiers »

Photo : CM.
Photo : CM.

Ce mois-ci, Objectif Gard vous propose une interview complète d'Amal Couvreur*, vice-présidente au Département en charge de la politique de la ville et de la jeunesse. Toute la journée, l'élue (sans étiquette) répond aux questions de la Rédaction : personnalité et politique (7h) ; politique de la ville (11h) et quiz sur Nîmes (15h). Restez connectés !

Objectifgard : En quelques mots, pouvez-nous nous expliquer en quoi consiste votre délégation au Département ?

Amal Couvreur : Je suis en charge de la politique de la ville (1,2 M d'€ de budget) et de la jeunesse (600 000 € de budget). Dans le Gard, il y a huit contrats de ville qui ont été signés entre l'Etat, le Département, les Villes et les Agglos pour permettre l'amélioration de vie dans les quartiers prioritaires et le rétablissement de l'égalité entre les territoires.

Quel est le rôle du Département dans la signature de ces contrats ?

Avec un budget de 1, 261 M d'€, le Département finance des associations de proximité dans les quartiers prioritaires pour apporter des solutions aux habitants. Dans la ville de Nîmes, par exemple, on est à 300 demandes de subventions. Le préfet du Gard l'a rappelé : un Gardois sur dix habitent dans ces quartiers. Les jeunes dans le département du Gard, c'est 29% de la population avec un taux de chômage de près de 40%. C'est énorme !

Dans le contexte financier difficile du Département, les subventions vont-elles diminuer ?

Non, mon budget a été sanctuarisé. J'ai été persuasive. Mais cela n'empêche pas que certaines aides soient modulées selon l'efficacité des projets.

C'est-à-dire ?

Les agents du Département travaillent en coopération avec les services des autres collectivités (ville et agglomérations), de la CAF, de l'État, à l'évaluation des actions menées par ces associations.

Y-a-t-il des actions qui ne sont pas efficaces ?

Effectivement, il y a certaines actions qui ne sont pas suffisamment efficaces, mais c'est à la marge (…) On a plus le temps et l'argent pour financer des associations qui ne sont pas assez efficaces.

Pour vous, qu'est-ce qu'une action efficace ?

C'est par exemple, l'association Humanimes qui a mené, hier soir, une action avec des jeunes du quartier de Pissevin. Ils sont allés faire la tournée avec le Samu Social, ils ont distribué des repas… Cela pourrait pourquoi pas déclencher des vocations d'éducateur.

Au niveau des contrats de ville, où en est la rénovation urbaine ?

Ce n'est pas moi qui m'occupe de ce dossier, c'est mon binôme Christian Bastid qui s'occupe de la partie habitat. Grâce à l'intervention de nos parlementaires, Cavard et Dumas, le quartier du Mas de Mingue va bénéficier de ce programme. Mais il faut être réaliste, cela ne se fera pas immédiatement…

Qu'en est-il des conseils citoyens intégrés dans les contrats de ville ?

Les conseils ont pour objectif de donner la parole aux citoyens. Ils ont été mis en place un peu partout dans les villes du département. Seulement pour Nîmes, le choix a été fait que les listes pour le tirage au sort se fasse sur la base des listes électorales…  C'est dommage. Dans la participation de tous les habitants, ces conseils citoyens seront des coquilles vides.  Alors qu'à Alès ou Bagnols, ils ont fait le choix de prendre les listes ERDF (abonnés EDF, NDLR), plus représentatif des habitants de ces territoires.

Cela fait 30 ans que l'on parle de "politique de la ville". Quand on voit des jeunes issus de nos quartiers qui partent en Syrie… Est-ce qu'au final ce n'est pas un échec ?

Je pense, au contraire, que cela aurait été bien pire sans les associations de proximité. Sur la question de la radicalité, je pense qu'il nous faut impérativement sortir du débat religieux et traiter les problèmes sociaux par des réponses sociales. Il faut que tout le monde s'investisse, que les jeunes s'engagent, que l'on développe encore davantage le service civique, le dispositif Garantie jeunes. Il faut de l'engagement partout pour redonner de l'espoir. La politique de la ville, à elle seule, ne peut pas tout.

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret.

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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