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GARD Le département baisse ses dotations au SDIS, « un fusil à un coup »

Le premier vice-président du Conseil départemental et président du conseil d'administration du SDIS Alexandre Pissas (à G.) et le président du département Denis Bouad (Photo d'archives : Coralie Mollaret / Objectif Gard)
Le premier vice-président du Conseil départemental et président du conseil d'administration du SDIS Alexandre Pissas (à G.) et le président du département Denis Bouad (Photo d'archives : Coralie Mollaret / Objectif Gard)

Les pompiers du Gard vont devoir se serrer la ceinture : le budget primitif 2016 du Conseil départemental, voté jeudi matin, prévoit d’allouer 41,6 millions d’euros au SDIS et à la sécurité.

En clair, cela représente une baisse d’1,5 million d’euros pour le fonctionnement du SDIS, après trois années de stagnation. Une baisse qui fait grincer des dents, notamment du côté syndical.

Des camions plus vieux et des recrutements retardés

« Ça conforte nos craintes, lance sans détour le président départemental du syndicat des autonomes SPP-PATS, majoritaire au niveau national, Laurent Doudoux. La ligne prise par le président du Conseil départemental reste la même malgré nos avertissements de ne pas jouer avec la sécurité des gardois. »

« Compte tenu des difficultés au niveau du Conseil départemental et vu les baisses de dotations dans tous les secteurs, il fallait très certainement mettre la main à la poche », estime pour sa part le premier vice-président du département et président du conseil d’administration du SDIS Alexandre Pissas.

Le SDIS va donc devoir faire en 2016 avec un budget réduit. Concrètement, « ça ne va pas changer grand chose, affirme Alexandre Pissas. Mais on va être très vigilants sur les remplacements, on va en prendre beaucoup moins, on va être vigilants sur l’utilisation des véhicules dont on va allonger les délais d’amortissement, on va aller au devant de problèmes sur quelques camions qu’il faudra remplacer », vu que l’allongement de ces délais d’amortissement va prolonger de facto la durée de vie des véhicules. Mais ce n’est pas tout : « on va aussi retarder des recrutements, on a 20 postes non pourvus, et on va en pouvoir 9 en fin d’année », explique le président du conseil d’administration du SDIS.

Pendant ce temps, dans l’Hérault…

Un problème pour Laurent Doudoux : « on est de plus en plus sollicités (les sollicitations ont augmenté de 7 % en 2015, ndlr) et il faut être conscient qu’on ne va pas remplacer tous les retraités. » Et le syndicaliste d’ajouter que « les sapeurs-pompiers du Gard ne coûtent pas plus cher que les autres, nous sommes au douzième rang français. » Et justement, chez les autres, les orientations budgétaires concernant les pompiers sont parfois différentes : « ce qui me gène, c’est qu’on voit d’autres départements qui n’ont pas baissé les dotations de fonctionnement à leur SDIS, et l’Hérault a augmenté d’1,5 % », note Alexandre Pissas.

Et l’élu l’affirme, baisser les dotations du SDIS, « c’est un fusil à un coup, sinon on porte atteinte aux fondamentaux. Cette année, je pense qu’on va passer, mais l’année prochaine il ne sera pas possible de retirer ne serait-ce qu’un euro sous peine de toucher au rythme de travail des sapeurs-pompiers et à leurs avancées sociales. » En d’autres termes : le joker est grillé. Et l’argument avancé par le Conseil départemental qui consistait à dire que le SDIS avait beaucoup touché par le passé, Alexandre Pissas le balaye d’un revers de main : « on était gros, on est devenus maigres. » Et ça aurait pu être pire, vu qu’« au départ, on me demandait 4 millions », affirme le président.

« Un budget sincère, équilibré mais sur le fil du rasoir »

Pour reprendre quelques kilos, le SDIS a signé une convention à la fin 2014 avec l’Assurance maladie pour que les pompiers soient rétribués lorsqu’ils partent en mission à domicile, tâche dévolue au SAMU, « ce qui nous rapporte 200 000 euros par an », précise Alexandre Pissas qui en convient : « ce n’est pas assez. » « C’est une goutte d’eau » estime pour sa part le syndicaliste Laurent Doudoux.

Autre moyen de mettre un peu de beurre dans les épinards, faire payer les petites interventions, comme l’a décidé le SDIS du Calvados. Si Laurent Doudoux ne se prononce pas sur la question, Alexandre Pissas y est favorable, « sur tout ce qui ne concerne pas la santé. »

En attendant, le président du SDIS présentera lundi prochain le budget au SDIS, « un budget sincère, équilibré mais sur le fil du rasoir. S’il y a des feux cet été et des inondations cet automne, le Département sera obligé de faire des DM (décisions modificatives du budget, ndlr). »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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3 réactions sur “GARD Le département baisse ses dotations au SDIS, « un fusil à un coup »”

  1. Notre société est porteuse et génératrice de risques, d’accidents et de malheurs en tous genres… et je ne parle pas des catastrophes naturelles que nous connaissons bien dans le gard: inondations , épisode cévenol, …
    A cela s’ajoute une population vieillissante qui demandera et qui déjà demande beaucoup d’aides.
    je trouve cette baisse du budget irresponsable.
    Lorsque je regarde la répartition du budget du département je m’étonne encore davantage de cette baisse.
    Le département se trompe de priorités.
    Les services de secours doivent disposer des moyens modernes pour mener dans de bonne conditions leurs missions essentielles pour notre société. C’est vraiment un domaine à ne pas toucher et à faire progresser normalement d’année en année.

  2. Notre département toujours le « Grand Oublié » de la « Grande » Région qui imite point par point celle d’avant qui comme les affaires d’état on prend les mêmes et on recommence pourtant cette foutue Région à reçu la même dotation qu’en 2012 si j’en crois Midi-Libre, alors ce budget sois disant justement conçu, malgré un accouchement par le siège, et je comprends pourquoi à certains on augmente la donne mais pour le Gard toujours pareil juste une peau de chagrin Mr Bouad me la baye belle, avec son air faussement navré, la baisse des dotations ne servent que d’alibi pour abolir le service public, il va falloir payer certains services? il oublie que celle qu’il touche vient des impôts et taxes de citoyens, qui n’arrêtent pas de s’envoler on se rappellera de lui et ses consorts sous peu je vais lui faire la pub

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