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RING POLITIQUE Patrick Malavieille : « Fusion des agglos : le Pays Grand’Combien est le plus avantagé »

Patrick Malavieille. EL/OG
Patrick Malavieille. EL/OG

Le maire PCF de la Grand'Combe et vice-président du Département passe sur le ring d'Objectif Gard ! Chaque mois, votre journal vous propose une interview complète d'une personnalité politique autour de trois thématiques : personnalité, thématique politique et quiz sur le Gard. A vos gants de boxes… Voici le second rendez-vous : les enjeux de la fusion des agglos des Cévennes.

Objectif Gard : Présider Alès Agglo à 73, vous en avez envie ? 

Patrick Malavieille : C'est un fantasme de journaliste ! Ce n'est pas à l'ordre du jour.

Pourtant, vos chances d'être élu existent. Les communes qui rentrent sont presque toutes communistes, et vous pouvez offrir une nouvelle alternative...

Ma vie politique publique s'arrêtera à la fin de mon mandat au Département.

Avez-vous déjà commencé à préparer la fusion avec les autres communautés de communes ?

Nos directeurs des services ont des contacts. On a évoqué les questions fiscales, les compétences et bien sûr la gouvernance. J'espère que tout sera calé à temps. Il faudra se mettre d'accord sur le projet de territoire voté à l'unanimité à l'agglo en 2013, vérifier qu'il embrasse bien le périmètre, puis ajouter des mesures éventuelles.

Vous avez des exemples ?

Nous avons un atout à faire valoir : faire vivre l'identité cévenole. Nous avons actuellement un déficit de mutualisation des moyens. En culture notamment, le champ est énorme. Entre la maison du mineur et la maison rouge qui va bientôt ouvrir, on peut créer des relations. Sur le livre, il y a un formidable travail à faire, et sur le musée Pierre-André Benoit, il y a un filon à tirer.

Vous attendez plus d'argent pour les Cévennes. Mais vous n'êtes pas de la même tendance politique que le président actuel. Les petites communes communistes des Cévennes ne risquent-elles pas d'avoir les miettes ? 

Il faudra que l'on reçoive à la hauteur de ce qu'on apporte, trouver une représentation pour les communes rurales, avec pourquoi pas un groupe de petites communes ou une vice-présidence dédiée à la ruralité. Dans tous les cas, je fais confiance à Max Roustan. On a déjà travaillé des dossiers ensemble, comme le nouvel hôpital qu'on a défendu ensemble au gouvernement. Pourtant, je venais de le battre aux Législatives.

Vous espérez que le Parc d'activités économiques de la Grand'Combe décolle grâce à la fusion. Mais si les entreprises ne voulaient pas venir hier, elles ne viendront pas davantage demain...

Nos territoires sont aujourd'hui en concurrence et les industriels s'installent spontanément dans le sud. Dans le futur, tous seront installés équitablement, avec des prix très attractifs.

Christophe Rivenq, directeur général des services de l'agglo d'Alès, est aussi conseiller régional Les Républicains et a farouchement critiqué le projet. Cette double casquette est à double tranchant...

Quoi qu'il en ait dit, ça fera partie de ses compétences et on sera vigilent.

Parlons impôts... à quels changements doivent s'attendre les habitants du Pays Grand'Combien ? 

Il va y avoir un lissage sur 13 ans. On a diminué de 0,66 % le foncier bâti cette année, et les taux seront lissés à partir de l'an prochain. Au final, ce sera 2 millions d'€ de fiscalité en moins dans notre communauté de communes.

Lorsqu'on regarde les taux de chaque intercommunalité et votre position géographique, vous êtes finalement le plus avantagé de tous...

Oui, bien sûr ! Ma parole va aussi plus peser, au-delà d'Alès.

Quant à Hautes-Cévennes, elle est très pénalisée...

Leur cas est particulier, ils sont en fiscalité additionnelle. Mais oui, il faudra être attentif. Pour eux, l'enjeu est surtout la mise en réseau.

Pour finir, un mot sur les compétences. Quels sont les dossiers les plus sensibles ?

L'école... On a deux ans pour décider si on opte ou non pour cette prérogative. Personnellement, je suis pour que ça reste municipal. Je n'ai pas eu d'échos favorables d'une gestion intercommunale. En particulier sur la restauration scolaire. A la Grand'Combe, les repas sont à 80 % bio, ce n'est pas le cas à l'agglo d'Alès.

Mais vous devrez à terme vous harmoniser. Pourquoi ne faire l'inverse et exporter votre système à Alès ?

Oui, le système d'Alès peut évoluer. Mais vous savez, c'est le sujet sur lequel les maires sont les plus réticents.

Propose recueillis par Coralie Mollaret et Eloïse Levesque

 

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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