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FERIA DE NÎMES Pas de Cape d’Or malgré l’enjeu et l’envie

Laccueil au centre de la piste du premier novillo de la tarde par Pablo Aguado
L'accueil au centre de la piste du premier novillo de la tarde par Pablo Aguado (Photo Anthony Maurin).

Nous ne pourrons pas reprocher grand chose aux trois jeunes qui se sont mis devant le lot très fade de novillos de Parlade. Pablo Aguado saluera à deux reprises, tout comme Leo Valadez. Andy Younes coupera les deux oreilles de son dernier... Mais personnes ne remporte la 55ème Cape d'Or de la Peña Antonio Ordoñez.

Le jury qui devait décerner la 55ème Cape d'Or aura tenu bon et aura bien fait! Cela n'aurait pas été un cadeau que d'offrir ce trophée lourd de sens à Andy Younes malgré les deux appendices ravis sur le fil et sur le dernier novillo de la tarde. Deux oreilles très généreuses accordées par le palco mais demandées avec insistance par le public. Soutenir un torero est une bonne chose, nous sommes les premiers à le faire, mais il y a des limites à l'exercice.

Pablo Aguado, décidé dès l'entrée en piste de son premier tout petit novillo, l'accueillera genoux à terre pour une longue série bien exécutée au centre de l'anneau. Par la suite, le novillo, comme la plupart de ses congénères, s'éteindra et n'offrira que peu de possibilités de briller. Aguado tentera bien quelques sortilèges mais les incantations ne prendront pas.

Sans ses zapatilles, ses chaussures, Pablo Aguado devant son second Parlade (Photo Anthony Maurin).
Sans ses zapatilles, ses chaussures, Pablo Aguado devant son second Parlade (Photo Anthony Maurin).

Sur son second, le jeune andalou ôte ses zapatillas, il n'en fallait pas moins pour que le public entre dans son jeu et suive la cadence en musique. Quelques muletazos réalisés dans les règles de l'art mais pas de quoi faire pâlir les aficionados raisonnables. De plus, là aussi la chance ne sourit pas toujours, le novillo permettait peu et entraînera dans sa chute le chef de lidia.

Lenvie de Lea Valadez devant son premier adversaire (Photo Anthony Maurin).
L'envie de Leo Valadez devant son premier adversaire (Photo Anthony Maurin).

En grande forme, le Mexicain Leo Valadez aura été celui qui raisonnera le mieux. Intelligent, fougueux et passionnés, son esprit novilleril est accueilli avec précaution par l'assemblée. Il réalise une belle entame au capote puis posera les banderilles comme un novillero sait si bien le faire sur ses deux novillos! L'envie de tout bouffer pour ce gargantua américain était plus forte que la peur de se faire prendre par le plus joli et le plus intéressant novillo de la tarde. Début de faena dans le dos, fin de tercio à genou, moment complet mais manquant de relief.

Leo Valadez, dans la douceur et lefficaicté(Photo Anthony Maurin).
Leo Valadez, dans la douceur et l'efficacité (Photo Anthony Maurin).
Avec beaucoup de pouvoir, le mexicain aura démontrer ses nombreuses qualités (Photo Anthony Maurin).
Avec beaucoup de pouvoir, le mexicain aura démontrer ses nombreuses qualités (Photo Anthony Maurin).

Le cinquième duel de la soirée sera le plus électrique et le plus complet. Le Mexicain est venu avec ses quites magiques au capote. Des fleurs tombent sur le sable (enfin d'une autre couleur) et le jeune offre à qui veut le voir une tauromachie suave, décidée et très intelligente. Il laisse respirer le novillo qui en avait besoin, ne lui fait pas d'ombre et tente de nous le faire voir. Cependant, comme ses compagnons, le novillo s'arrêtera et ne repartira qu'au coup par coup. Une morte longue l'empêche de faire tomber le pavillon blanc du palco.

Une faena pas à pas, en regardant le public mais sans trop toréer pour Andy Younes lors de sa première opposition (Photo Anthony Maurin).
Une faena pas à pas, en regardant le public mais sans trop toréer pour Andy Younes lors de sa première opposition (Photo Anthony Maurin).

Andy Younes revenait pour défendre son titre. Son premier duel sera des plus insipides. Placements et replacements insinueront un mauvais rythme que l'Arlésien aura du mal à rompre. Des petits pas, pas toujours dans les bons terrains et sans grand intérêt. Son novillo, assez déplaisant, ne donnera pas satisfaction et sortira sous les hués des arènes bien garnies pour l'occasion.

Avec plus denvie et moins de tact, lArlésien mettra le feu pour son ultime duel (Photo Anthony Maurin).
Avec plus d'envie et moins de tact, l'Arlésien mettra le feu pour son ultime duel (Photo Anthony Maurin).

On savait que sur le dernier novillo, tout pouvait se jouer. Andy Younes avait le champ libre pour couper, sortir en triomphe et peut-être gagner sa seconde Cape d'Or, 40 ans après celles de Christian Montcouquiol "Nimeño II". Il fera presque le travail mais restera brouillon malgré des tendidos qui ne voyaient que par lui. L'Arlésien sent qu'il a le vent en poupe et exécute quelques passes à la muleta mais sans grande précision, laissant traîner son leurre. L'envie était là, elle s'est vue. Une belle petite épée aurait peut-être pu lui octroyer une oreille... Il en aura deux grâce à un public survolté et surprenant.

Après une réception du toro dans le dos à sa sortie du toril, un passage genoux à terre, le début de faena dAndy Younes se passe par derrière et fait monter la tension dans les gradins (Photo Anthony Maurin).
Après une réception du toro dans le dos à sa sortie du toril, un passage genoux à terre, le début de faena d'Andy Younes se passe par derrière et fait monter la tension dans les gradins (Photo Anthony Maurin).

Finalement et à juste titre, le jury ne remettra pas la Cape d'Or qui attendra l'année prochaine pour savoir quel sera son prochain détenteur. Les trois jeunes ne sont pas à blâmer car l'envie et le savoir-faire étaient là et résonnaient dans chaque approche. Pablo Aguado aura distillé quelques beaux sentiments, Leo Valadez aura montré son énorme potentiel et Andy Younes aura essayé sans démériter. Les novillos par contre...

Deux oreilles excessives pour Andy Younes. Cela nenlève rien au talent du jeune Photo Anthony Maurin).
Deux oreilles excessives pour Andy Younes. Cela n'enlève strictement rien au talent du jeune mais l'Arlésien ne pouvait prétendre à sa succession (Photo Anthony Maurin).

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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