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INTERVIEW Patrice Prat : « Montebourg veut privilégier le travail sur le fond, les idées »

Patrice Prat aux côtés d'Arnaud Montebourg, lors de l'université de rentrée de l'ancien ministre en octobre 2014 à Laudun-l'Ardoise (Photo d'archives : Thierry Allard / Objectif Gard)
Patrice Prat aux côtés d'Arnaud Montebourg, lors de l'université de rentrée de l'ancien ministre en octobre 2014 à Laudun-l'Ardoise (Photo d'archives : Thierry Allard / Objectif Gard)

Présent aux côtés de l’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg ce week-end au Mont-Beuvray, le député PS frondeur du Gard Patrice Prat s’exprime sur le projet esquissé par Arnaud Montebourg et sur les élections présidentielles de 2017.

Objectif Gard : Arnaud Montebourg, dont vous êtes proche, a esquissé son projet alternatif ce week-end. Doit-on en déduire qu’il sera candidat à l’élection présidentielle l’année prochaine ?

Patrice Prat : Il est prématuré de parler de candidature, il y a déjà aujourd’hui un trop-plein de candidats et si peu, voire une absence totale, de projet. Commençons déjà par revenir sur le fond, le débat d’idées, et Arnaud Montebourg dans cette perspective veut privilégier le travail sur le fond, les idées, une vision.

Aujourd’hui nous sommes plus dans un combat d’égos que de fond, ce pays est divisé, il faut revenir à l’essentiel. Arnaud Montebourg a lancé un appel pour co-construire un projet alternatif à partir des marqueurs qui sont les siens, et ça doit se faire en associant les citoyens. Arnaud Montebourg ne veut pas être dépossédé de ses préoccupations, à savoir relancer l’économie de la France, avec la question de l’emploi et changer en profondeur le système politique français, qui est usé jusqu’à la corde. Il va organiser une consultation, une confrontation d’idées et va annoncer dans les prochains jours le lancement de cette consultation.

Plus personnellement, vous avez signé la motion de censure de gauche contre le gouvernement la semaine dernière. Ça y est, le Rubicon est franchi, vous ne ferez pas campagne pour François Hollande s’il se représente en 2017 ?

Que nous ayons durci les uns et les autres nos positions, c’est évident. Nos lignes sont-elles irréconciliables ? En tout cas elles marquent aujourd’hui une nette différence, et la meilleure façon de clarifier les choses est de demander solennellement l’organisation de primaires, c’est essentiel. Si nous n’en passons pas par là, nous ferons courir des risques à l’ensemble de la gauche pour l’élection présidentielle.

Si on a une vraie primaire à gauche, tous ceux qui nous rejettent auront sans doute à cœur de mettre un terme à cette dérive néo-libérale, pour un projet alternatif à la ligne du gouvernement dont on nous dit aujourd’hui qu’il n’y en a pas d’autre, et on fera la démonstration qu’il y a au PS et dans la famille de la gauche des personnes capables de porter une ligne différente pour gouverner, pour la France.

Et s’il n’y a pas de primaires ?

On avisera. On prendra nos responsabilités en temps et en heure, mais on ne pourra pas nous faire le procès en division de la gauche alors que la primaire c’est le meilleur airbag anti 21 avril.

Quant aux légitimistes, s’ils le sont vraiment, ils doivent mettre en œuvre les statuts du parti. Sur cette question, les règles du jeu sont gravées.

Revenons à la loi travail, et l’utilisation par le gouvernement du 49.3. Comment analysez-vous cette séquence politique ?

C’est un coup de force permanent, ce gouvernement avance à coup de butoir au risque de crisper un peu plus le pays. Tout ça m’inquiète, c’est un mode de fonctionnement qui n’est plus adapté à la société d’aujourd’hui.

Tous les jours j’entends que ce pays n’est pas réformable. Le premier blocage, ce n’est pas l’opinion publique, c’est le système politique à bout de souffle et incapable de se renouveler. La société est bloquée du fait du système politique, de la classe dirigeante de ce pays qui n’est plus dans cette volonté de montrer l’exemple pour pouvoir réformer le pays. On ne peut pas avoir l’ambition de réformer ce pays si la classe politique n’est pas capable de se réformer elle-même dans un premier temps.

Ça passe par une VIe République ?

Pour les gens ça ne veut rien dire. Il faut un changement profond de notre pratique, un renouvellement des générations, des idées, des logiciels. Et vu le retard pris, un long chemin reste à parcourir. Il y a des femmes et des hommes comme Arnaud Montebourg qui font preuve de beaucoup d’audace, qui sont les plus à même de mettre en œuvre une fois aux responsabilités ce type de mesures, de projet.

Après, il y a un tas de sujets sur lesquels on peut rapidement apporter des réponses, comme le nombre de députés ou le non-cumul des mandants dans le temps. Là dessus, on n’a pas besoin d’attendre une VIe République.

Propos recueillis par Thierry ALLARD

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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