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RING ECONOMIQUE Francis Cabanat : « Le modèle alésien, un exemple »

Francis Cabanat, président de CCI d'Alès. Eloïse Levesque/Objectif Gard
Francis Cabanat, président de CCI d'Alès. Eloïse Levesque/Objectif Gard

En novembre prochain, les chefs d'entreprises voteront pour leurs représentants à la Chambre de commerce et d'industrie du département. Pour l'occasion, Objectif Gard fait monter les candidats sur le ring. Retrouvez ce jeudi l'interview complète de Francis Cabanat - président sortant de la CCI d'Alès - autour de trois thématiques : personnalité et politique, vision économique, et quiz sur le Gard. Premier numéro, ce matin 7h. Deux prochains rendez-vous sont au programme : à 13h et 16h. Restez connectés !

Objectif Gard : Pouvez-vous vous présenter aux entrepreneurs gardois qui ne vous connaissent pas encore ?

Francis Cabanat : Je suis ingénieur Télécom et j'ai travaillé pour des grands groupes : Dassault, Philips, Thalès, Schneider Electric où j'étais directeur industriel. Je suis arrivé à Alès en 1997 pour diriger Crouzet Automatisme, filiale de Schneider. Parallèlement, je m'occupais de l'agence de développement économique Alès Myriapolis en tant que président, je le suis toujours. Aujourd'hui, je suis à la tête de la CCI d'Alès depuis 2005. J'ai aussi en charge la présidence de la médecine du travail Gard Lozère, et la vice-présidence du commerce à la CCI Nationale. L'objectif est de modéliser les processus industriels pour les appliquer aux commerces.

Beaucoup de fonctions pour un seul homme... 

Ce n'est pas compliqué, ce sont les mêmes logiques de développement. L'objectif est de pouvoir dupliquer les mêmes méthodologies. La seule différence est dans l'approche humaine. Dans une entreprise, quand le patron a parlé, tout le monde suit. Dans les CCI, c'est du travail de consensus, d'empathie.

Concrètement, que pensez-vous apporter de plus, après votre expérience alésienne, à la nouvelle CCI départementale ?

J'ai été élu très largement la première fois, et la deuxième fois sans ambiguïté. On est la première CCI de France à avoir fondé un campus de l'apprentissage, inauguré en 2007 par le ministre Gilles de Robien. A l'époque, ça n'existait pas en France. Ce campus fédère les sections de Montpellier 2, la Chambre des Métiers et de l'Artisanat, l'Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie Languedoc-Roussillon. Ce n'était pas simple, même le ministre doutait de la réussite de ce projet. Aujourd'hui, 500 élèves y étudient chaque année.

On ne peut pas gagner sans union large. A Alès, les acteurs économiques travaillent ensemble. Or, à Nîmes, on observe davantage de compétition. Ils n'ont pas de stratégie commune de développement économique. Dans la nouvelle CCI, je ne veux pas voir s'installer ce clanisme. Deuxièmement, il faut redonner de la crédibilité économique au territoire, créer des business modèles. Les projets que j'ai imaginés sur le bassin alésien étaient réalisables : les filières agroalimentaire et le laboratoire LFB qui a aujourd'hui une vocation internationale. Dans la Rôme française, beaucoup d'idées ne rentrent pas dans cette optique. Un seul exemple : le projet Las Vegas, en 2012. Finalement, il est tombé à l'eau.

Vous avez décidé de vous présenter avec le président de l'UPE 30 Eric Giraudier, contre le président de la CCI Nîmes Henry Douais pour les prochaines élections de la CCI. Quelle est votre ambition au sein de ce binôme ? La présidence tournante que vous avez annoncée est-elle pertinente ?

Je me présente avec Eric Giraudier, mais aussi avec Jean-Pierre De Faria, 1er vice-président de la CCI Alès, et Philippe Broche, Président d'Invest In Gard, vice-président de l’UPE 30, Gard Rhodanien. On est un quatuor. Il n'y aura pas de présidence tournante. Je mènerai une liste d'union où je serai tête de liste. Eric Giraudier sera vice-président et il y aura des leaders territoriaux : Broche sur Bagnols et De Faria sur Alès. Avec la départementalisation, le nombre d'élus a été divisé par deux. J'ai déposé à l'INPI un titre d'ambassadeur du commerce, de l'industrie, et du tourisme, ils constitueront une couche d'experts autour des élus qui travailleront avec nous.

Les électeurs ne risquent-ils pas de se retrouver face à une nouvelle confrontation sanglante entre Douais et Giraudier? Une bataille plus politique qu'économique...

Vous faites une erreur, ce n'est pas une bataille entre Nîmes et Alès, c'est le Gard entier qui est important. Le nombre de ressortissants sur Nîmes est de 7320. Il est de 2421 à Aigues-Mortes, 1378 à Beaucaire, 4000 à Bagnols et 8000 à Alès, 8000. Il ne faut pas réduire l'élection à une guéguerre. Il faut porter la parole dans tous les territoires.

Pourquoi avoir refusé une liste commune, comme l'avais proposé Douais ? Ça n'aurait pas été politiquement plus constructif ? Vous risquez de tout perdre...

La question ne se pose pas comme cela. D'abord, il ne me l'a pas proposé. Au niveau des chambres de commerce, à Alès, on est dans une logique de bassin de vie en étoile. On négocie avec les métropoles et les agglos. J'ai milité pour cette organisation adoptée dans le Nord Pas de Calais et les Pyrénées-Atlantiques. Le Languedoc-Roussillon ne l'a pas voulu. Or, le Medef Régional, le Medef Gardois et la CGPME Alès défendaient aussi cette idée. Des affinités se sont créées. Si nous gagnons, nous militerons pour une redistribution des territoires par pôles d'activités et de compétences.

11 ans à la CCI d'Alès, quels regrets ? Quelles fiertés ?

Je n'ai pas de regrets fondamentaux. Le seul est de ne pas avoir pu aller plus vite dans le montage des projets. Mais on a réussi à faire travailler tout le monde ensemble, c'est ma fierté.

Propos recueillis par Elodie Boschet, Abdel Samari et Eloïse Levesque

 

 

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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