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FAIT DU JOUR Réfugiés syriens : élan de solidarité à St-Julien-les-Rosiers

Danielle, Bernard, Mattyld, membres de collectif d'accueil. EL/OG
Danielle, Bernard, Mattyld, membres de collectif d'accueil. EL/OG

Tandis que la commune de St-Julien-les-Rosiers se prépare à accueillir une famille syrienne réfugiée, la solidarité s'orchestre au jour le jour. Au total, plus de 50 habitants ont participé à leur arrivée.

Les Cévennes sont fidèles à leur réputation. Danielle, scie circulaire en main, joue les bricoleurs du dimanche. Bernard, armé de son fidèle pinceau, vernit la table de cuisine. Enfin, à l'étage, Michel s'occupe de viser le lit superposé tout juste installé. L'appartement municipal, situé sur les hauteurs du village, autrefois mal entretenu et quasi-vide, commence à respirer l'odeur du neuf.

Libéré en novembre dernier, ce trois pièces de village a été réquisitionné pour accueillir une famille de réfugiés syriens, conformément à la volonté municipale. "Nous sommes de gauche, on se devait de réagir", commente Bernard Martin, adjoint délégué au Centre communal d'action sociale (CCAS). Dès lors, une première réunion d'information est organisée, et une cinquantaine de Julirosiens proposent leur aide. La chaîne de solidarité est telle qu'un comité est créé avec quatre commissions : logement, langue, découverte de la vie locale et vie quotidienne. Chacun participant selon ses disponibilités et ses moyens. "Je suis maman de deux enfants et je travaille à la mairie. C'est plus facile pour centraliser les informations. Je contribue aussi à l'aménagement du logement le mardi après-midi, sur mon temps de repos", indique Mattyld.

Michel vise les armatures du lit pour enfants. EL/OG
Michel vise les armatures du lit superposé pour les enfants. EL/OG

Machine à laver, cuisinière, meubles, vaisselle, chaises, armoire, décoration, une grande partie de l'appartement a été meublée par la bonne volonté des voisins. "Tous les jours, on vient m'apporter un petit quelque chose", observe Bernard. Pour le reste, tapis, lits, les bénévoles ont fait appel au secours catholique. "Nous voulons avant tout que cette famille se sente chez elle, qu'elle puisse de poser, même si parents et enfants dormiront dans la même pièce puisqu'il n'y a qu'une chambre".

Prendre en charge et responsabiliser

Une fois ses valises posées, la famille sera administrativement prise en charge par l'association La Clède : demande de prestations à la caisse d'allocation familiale et de la CMU, inscription à l'école pour les enfants, visites médicales... Chaque membre bénéficiera de 200 h d'apprentissage par le Greta d'Alès, et l'association solidarité migrants complétera ces cours par des conversations en immersion suivant les besoins. Ils pourront ensuite travailler. En attendant d'être financièrement indépendants, les arrivants auront à leur disposition une cagnotte, fruit des dons des habitants. Par la suite, ils signeront un bail avec la commune pour payer leur loyer.

Question transport, certains bénévoles assureront les déplacements, sur des horaires prédéfinis. "Ils seront isolés, et il faudra les aider sans se sentir débordé. Il y aura un équilibre à trouver", souligne Mattyld. D'autres Julirosiens, d'origine musulmane, ont proposé leur aide pour les courses et le choix des aliments, même s'ils n'ont pas de certitudes sur leur religion.

En fait, de cette famille, la commune en ignore presque tout. On sait simplement qu'elle a le statut de réfugié, que le père était conducteur de taxi, et que les deux enfants, un garçon et une fille, ont respectivement 4 et 5 ans, et s'appellent Mohamed et Fatima. Une perspective qui déplaît toutefois à quelques habitants de cette partie du village peu épargnée par les votes d'extrême-droite. Mattyld le martèle : "Ils ont probablement traversé des choses difficiles. Le contexte géopolitique de la Syrie est très dur. On aurait pu être à leur place. Mes parents étaient réfugiés italiens et tchèques, et ont été accueillis en France. C'est une manière pour moi de rendre ce qu'on leur a donné". Et à Bernard de renchérir : "Il n'y a pas de meilleur moyen pour aider à faire reculer le racisme".

Eloïse Levesque

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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