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GARD La minutieuse préparation du gang des perceurs de coffres

La procureure de la République de Nîmes entourée des hommes de la section de recherches de Nîmes. Photo Tony Duret / Objectif Gard
La procureure de la République de Nîmes entourée des hommes de la section de recherches de Nîmes. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Le Gard, l’Hérault, l’Aude, l’Ariège, l’Isère, les Bouches-du-Rhône, le Tarn, le Vaucluse… Peu de départements ont été épargnés par le gang des perceurs de coffres. Les dix malfaiteurs qui composent ce gang, tous Kosovars et qui ont des liens familiaux, ont été interpellés le 26 juin dernier.

En parlant de ce gang, la procureure de la République de Nîmes, Laure Beccuau, parle d’une équipe « très structurée » et « intelligente ». Il est vrai que les dix Kosovars, installés à Avignon, ne laissaient rien au hasard. Quand ils braquaient un commerce, chaque action était parfaitement étudiée et chaque membre de la famille jouait un rôle bien précis : l’un faisait les repérages, un autre le guet, un troisième le chauffeur quand d’autres s’étaient spécialisés dans l’ouverture des coffres.

La trentaine de faits qui leurs sont reprochés ont commencé début février au rythme d’un tous les quinze jours dans un premier temps, puis d’un par semaine, avant de finir à deux par semaine. Prudent, ce groupe des pays de l’Est n’a que très peu opéré dans le Vaucluse puisqu’il y vivait. Dans le Gard, pour le moment, ils seraient mêlés à six ou sept affaires.

Dans la pratique, le gang se rendait sur les lieux de son forfait - toujours à proximité de l’autoroute pour mieux s’enfuir - avec deux véhicules. Après avoir repéré l’environnement en amont, ils stationnaient leurs véhicules à plusieurs kilomètres du commerce visé. Tel un commando militaire, les dix malfaiteurs se mettaient alors en marche, se changeaient, enfilaient gants et foulards pour se cacher les visages et ne laisser aucune empreinte. Aucun ADN ne sera d’ailleurs retrouvé sur les lieux de leurs braquages. Les Kosovars neutralisaient ensuite les caméras de surveillance et le système de sécurité. Dans le plus grand calme, ils ressortaient alors du commerce, se cachaient et patientaient pour voir si l’une de leurs actions avait pu alerter les forces de l’ordre. Quand rien ne se passait, ils retournaient dans le commerce, fouillaient les bureaux pour essayer de trouver les clés du coffre. S’ils ne les trouvaient pas, ils revenaient avec une disqueuse. Sûrs de leur coup, les voleurs pouvaient rester jusqu’à cinq heures dans un commerce !

Seulement, cette équipe composée d’hommes âgés de 30 à 50 ans était tellement professionnelle qu’elle a éveillé les soupçons de la section de Recherches de Nîmes. Les gendarmes de l’Hérault étaient aussi sur le coup. Ensemble, ils ont conjugué leurs efforts avant que l’Office Centrale de Lutte contre la Délinquance Itinérante (OCLDI) ne crée une cellule d’enquête de dix hommes qui a travaillé sept jours sur sept pendant des semaines. Et le week-end dernier, après un nouveau vol à Carcassonne, neuf des dix Kosovars ont été interpellés sur l’autoroute. Le dixième est en prison en Autriche. Ils ont été mis en examen pour « vols en bande organisée » et « association de malfaiteurs ». Durant les gardes à vue, ils ont tous minimisé leur rôle. « Étonnement, on a beaucoup de guetteurs », sourit Laure Beccuau. L’enquête, elle, se poursuit en France comme à l’étranger, pour voir si le gang n’aurait pas commis d’autres vols.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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