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MARCOULE L’e-sport, décryptage d’un phénomène qui brasse des millions de joueurs (et de dollars)

Le chercheur Antoine Chollet, hier au Visiatome de Marcoule (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le chercheur Antoine Chollet, hier au Visiatome de Marcoule (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

League of Legends, DOTA 2, Counter Strike… ces noms ne vous disent peut-être rien, et pourtant ils font vibrer des millions de personnes dans le monde et sont à l’origine d’un véritable phénomène : le e-sport, ou sport électronique.

Car oui, jouer à un jeu vidéo peut être considéré comme un sport professionnel. Devant l’essor rapide de cette nouvelle discipline, le Visiatome du CEA de Marcoule proposait mercredi dans le cadre de sa grande exposition sur le jeu vidéo une conférence animée par le chercheur de l’IUT de Montpellier Antoine Chollet.

Un statut de joueur pro et une fédération

Tout d’abord, quelques considérations légales : « en mars 2016, un rapport parlementaire a été remis au gouvernement », rappelle le chercheur. Un rapport qui a débouché sur « un cadre légal, avec une reconnaissance du statut de joueur de jeux vidéos professionnel et la mise en place d’une fédération d’e-sport », poursuit Antoine Chollet. En France comme dans d’autres pays, l’e-sport est donc désormais une discipline reconnue.

Une discipline qui existe depuis une vingtaine d’années : « tout commence en 1994 avec la Dreamhack, un événement suédois pour passionnés d’informatique, qui s’est déroulé sous la forme d’un concours de programmation », explique le chercheur. Une ligue de cyber athlètes suivra en 1997 et une coupe du monde d’e-sport naîtra en 2003.

Aujourd’hui, l’e-sport affiche de plus en plus de similarités avec le sport traditionnel : « les joueurs s’entraînent de deux à dix heures par jour cinq à sept jours par semaine, affirme Antoine Chollet. Il y a du sponsoring, des séances de dédicaces et une ambiance qui rappelle les compétitions sportives » lors des tournois organisés dans des grandes salles. Et comme pour le sport traditionnel, « des bars diffusent désormais les tournois et émissions et depuis mai dernier une revue dédiée au e-sport (Le journal de l’e-sport, ndlr) existe, et elle a été en rupture de stock très rapidement », énumère le chercheur.

Des dizaines de millions de dollars en jeu

Et toujours comme dans le sport professionnel, il y a de l’argent en jeu. Beaucoup d’argent : « lors du tournoi The International 2015, la cagnotte totale était de 18 millions de dollars », répartis entre les équipes en fonction de leur classement final, permettant à l’élite des joueurs pros d’être millionnaires, comme leurs homologues du sport pro. Et comme leurs homologues du sport pro, « certains se dopent, admet le chercheur montpelliérain. Ils le font pour être plus concentrés. »

Les enjeux sont de taille, « et on imagine que les montants vont encore augmenter dans les années à venir », note Antoine Chollet. On peut même le prédire : entre 2015 et 2016, le montant des « cash-prizes » distribués pour le jeu DOTA 2 est passé de 28 millions de dollars à 60 millions, et des gros sponsors regardent de plus en plus près l’e-sport. Il faut dire que rien qu’en France, on compte « 4,5 millions de spectateurs de e-sport sur internet ou en réel » et la finale de la coupe du monde de League of Legends 2015 a été regardée par pas moins de 36 millions de spectateurs.

L’e-sport est donc un véritable phénomène, qui commence à être pris au sérieux. Ainsi, après l’adoption d’un récent cadre légal, une école de l’e-sport a ouvert dans la Loire-Atlantique pour former aux différents métiers de ce nouveau secteur : joueur, manager, entraîneur, commentateur…

Plus loin, la perspective de voir un jour de l’e-sport aux JO n’est plus de la science fiction d’après Antoine Chollet : « l’e-sport a été reconnu comme sport olympique par la Corée-du-Sud et la CIO l’envisage avec les échecs pour les prochains Jeux. »

L’exposition Jeux vidéo se poursuit au Visiatome de Marcoule jusqu’au 31 août (entrée libre et gratuite) et une dernière conférence sera proposée dans ce cadre la mardi 23 août à 16 heures sur le thème « les jeux vidéo à l’école : l’exemple de l’histoire-géographie », par l’enseignant, youtuber et chroniqueur Romain Vincent.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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