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MARDI ÉCO La construction de logements repart au niveau régional, mais pour le Gard ?

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Le ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a dévoilé il y a quelques jours les chiffres de la construction de logements, et ils sont plutôt encourageants aux niveaux national et régional.

Cependant, derrière ces chiffres se cache une réalité encore difficile pour les entreprises du BTP gardoises.

Le Gard reste à la traîne

Au cours des douze derniers mois, la construction de 44 600 logements a été autorisée sur le territoire de la région Occitanie Pyrénées Méditerranée, dont 21 200 logements individuels, soit un chiffre en progression de 6,2 % par rapport aux douze mois précédents. Au niveau national, cette augmentation est de 8,3 %.

Pendant ce temps, la construction de 40 600 logements a commencé, dont 18 000 logements individuels, soit une progression de 8,9 %, bien supérieure à la moyenne nationale qui est de 5,6 %.

Des chiffres encourageants, qui signeraient la reprise d’un secteur qui a beaucoup souffert de la crise ? Pas pour tout le monde : si la grande région s’en sort bien, le Gard reste à la traîne. Ainsi, la construction de 3 600 logements a été autorisée en juillet dernier, un chiffre qui n’a quasiment pas varié depuis septembre 2015, et qui reste surtout très loin des niveaux connus par le passé. Par exemple, il y a dix ans, en janvier 2006, la construction de 9 400 logements avait été autorisée dans le département, et sans remonter aussi loin, il y en avait encore 6 000 en janvier 2012.

En moyenne, le nombre de constructions autorisées dans le Gard était de 5 241 en 2013, 4291 en 2014 et 3941 en 2015, et pour l’heure 2016 n’incite pas à l’enthousiasme : sur les sept premiers mois de l’année, la moyenne est de 3614…

La tendance est identique au niveau des logements dont la construction a commencé, avec 3 400 logements en juillet, qui reste proche du plus bas enregistré en juin 2015 avec 3 200 logements.

Le secteur a perdu 2 200 salariés en huit ans dans le Gard

« Je ne parlerais pas de relance », tempère logiquement Eric Affortit, président de la CAPEB du Gard, le syndicat de l’artisanat du bâtiment. « Aujourd’hui ça frétille un peu, mais la situation est toujours catastrophique, on ne va pas vers du beau pour l’instant », poursuit-il.

Pour lui, ces chiffres concernent plus la construction de logements collectifs, chasse gardée des grands groupes : « nous les artisans, on ne travaille pas avec des grues. »

Alors l’artisanat gardois du bâtiment continue de souffrir : « quand j’ai commencé il y a dix-sept ans, on avait deux ans de carnet de commandes devant nous, se souvient Eric Affortit. Aujourd’hui, la moyenne du secteur, c’est deux mois. Elle est là, la réalité. » La réalité d’un secteur qui a perdu « 2 200 salariés depuis fin 2008 dans le Gard, ce qui commence à faire beaucoup », poursuit le président départemental de la CAPEB.

C’est qu’outre la baisse globale du nombre de constructions, notamment individuelles, les artisans doivent faire face à une concurrence venue de l’intérieur : les auto-entreprises. « Il y a 16 500 auto-entreprises dans le bâtiment en Languedoc-Roussillon, explique Eric Affortit. C’est deux fois le registre de la Chambre de Métiers du Gard. » Des auto-entreprises soumises à un régime fiscal plus avantageux et qui viennent de plus en plus chasser sur les terres des SARL ou SAS classiques.

A cela s’ajoute la baisse de l’investissement des communes, qui a des répercussions immédiates sur un secteur qui reste dépendant de l’investissement public : « s’il n’y a plus d’investissement des communes, il n’y a plus de BTP, ou très peu », résume Eric Affortit.

Face à ce constat, que faire pour redresser ce secteur ? « Beaucoup de choses, à commencer par remettre la TVA à taux réduit pour la rénovation, estime le président de la CAPEB du Gard. Le travail sera sur la rénovation pour les années à venir, notamment au niveau énergétique. »

Un sujet qui devrait revenir lors des assises départementales du bâtiment qu’Eric Affortit veut organiser d’ici la fin de l’année.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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