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AU PALAIS Le Procureur : « C’est un rendement qui ferait rêver les producteurs de cannabis du monde entier »

Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard).
Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard).

Jean-Marie, 31 ans, compte trois condamnations plutôt mineures sur son « casier français ». Mais sur le casier portugais, il a écopé d’une peine de six ans de prison dans une affaire de drogue. La présidente du tribunal correctionnel de Nîmes Christine Ruellan est curieuse :

  • Pourquoi étiez-vous au Portugal ?
  • Parce qu’il y avait une fête !, répond Jean-Marie.
  • Et hop : il y a une fête et vous allez en prison ?

On n’en saura pas plus… Manifestement, la justice portugaise semble plus expéditive que la française. Après quatre ans dans les geôles lusitaniennes, Jean-Marie est revenu à Nîmes où il vit chez sa compagne, sa cousine, dont il a eu un fils de quatre mois. La présidente se renseigne sur la vie du prévenu :

  • Vous avez été à l’école jusqu’en troisième. Pourquoi n’avez-vous pas fini votre CAP Carrosserie ?
  • J’ai fait un mois mais c’était trop loin. C’était à 20 kilomètres !

Ce solide gaillard de forte corpulence a été appréhendé le 9 septembre dernier à la suite d’une altercation dans la rue. A son domicile, les policiers ont retrouvé une balance de précision, 780€ en liquide, mais surtout 638 grammes de cannabis qu’il cultivait. Christine Ruellan poursuit son questionnement :

  • Depuis quand vous faites pousser ?
  • Depuis trois mois. C’est la première fois de ma vie que je fais ça.
  • Et depuis quand vous vendez ?
  • Moins d’une semaine !
  • Combien ça vous rapporte ?
  • Je ne sais pas… Je ne sais même pas comment ça marche.

Sans réponse, la présidente a fait ses comptes : la drogue aurait pu lui rapporter entre 3 000 et 4 000€. Le procureur Laurent Gumbau est étonné par toutes les coïncidences que présente cette histoire :

  • Il n’a pas de chance : il s’adonne à la vente de stupéfiants depuis trois jours et il se fait prendre ! S’il n’a pas de chance avec la police, il en a beaucoup plus avec le cannabis. Avec deux plants, il fait pousser 630 grammes. C’est un rendement qui ferait rêver les producteurs de cannabis du monde entier.

Le procureur demande deux ans de prison dont 18 mois avec sursis. Pour la défense, c’est le bâtonnier Jean-Pierre Cabanes qui s’y colle. Le conseil emmène le tribunal chez Hugo ou Zola :

  • Ce garçon est un misérable. Il a des enfants parce que ce n’est pas très difficile à faire. (…) Il fait partie d’une famille où on commence à fréquenter les palais de justice avant de savoir parler parce qu’on va voir son père. Il est ce à quoi il ressemble. Lui, il est condamné d’avance.

Il est condamné tout court : deux ans de prison dont 18 mois avec sursis et une obligation de soin et de travail à sa sortie de prison dans six mois.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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