A la uneFaits Divers

AU PALAIS Menacés d’expulsion, ils s’en prennent aux policiers et au maire d’Aimargues

Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard).
Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard).

Le 23 septembre dernier, trois policiers municipaux de la commune d’Aimargues se présentent sur le terrain d’une famille. Celui-ci est classé en zone inondable rouge et se retrouve, de fait, inconstructible. Pourtant les occupants y ont installé un petit chalet. La confrontation va dégénérer.

« Le moment était mal choisi », explique Joseph, l’un des trois prévenus. Avec ses proches, ce vendredi 23 septembre, ils évoquaient l’avenir du patriarche, atteint d’un grave cancer. Alors, quand les policiers municipaux débarquent pour faire des constatations et prendre des photos de leur terrain, la pression monte. Joseph, il le reconnait, bouscule le chef des policiers. Des menaces fusent : « On va arracher la jambe du maire » ou « on va s’en prendre à sa femme, c’est plus facile, on la voit souvent devant l’école ». Les policiers, eux, sont rebaptisés « chiens du maire ».

Dans le box des accusés, les trois prévenus – dont deux frères Tony et Joseph – et Angélique ne reconnaissent qu’une partie des faits. Joseph, on l’a vu, la bousculade. Angélique, elle, concède la menace envers les policiers. Tony, lui, n’admet rien si ce n’est d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment.

Mais le cœur du problème réside aussi autour de la précarité de cette famille. Quand la présidente du tribunal correctionnel de Nîmes demande pourquoi ils n’ont pas respecté la décision de justice qui leur demande de détruire leur construction, Angélique répond désemparée :

  • Mais je n’ai que ça comme domicile, explique cette mère de famille de trois enfants en bas âges. Ca fait sept ans que j’attends un logement social.

Pour l’avocate du maire d’Aimargues Jean-Paul Franc (qui a fait le déplacement à l’audience), les trois accusés n’ont « aucun respect pour l’autorité ». La représentante du ministère public est sur la même ligne et demande de la prison ferme pour les deux frères et du sursis pour Angélique. Cette dernière sera finalement condamnée à 3 mois de prison avec sursis. Joseph, bien aidé par la plaidoirie de son conseil Maître Para, sera relaxé pour les menaces mais condamné à 6 mois avec sursis pour l’intimidation. Tony repart avec 12 mois de prison mais sans le mandat de dépôt demandé. Les trois prévenus devront également verser 300€ à chacun des policiers, 150€ au maire et 1€ pour le préjudice subi par la commune !

Etiquette

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

Vous aimeriez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire également

Close
Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité