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LUNDI SANTÉ « Moi(s) sans tabac », le point de vue d’une addictologue

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Coordonnée par Santé publique France et le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, Moi(s) sans tabac est une campagne nationale inédite en France, misant sur un élan collectif. Objectif : inciter les fumeurs à arrêter tous ensemble pendant le mois de novembre. Car, selon les autorités, après 30 jours d’abstinence, la dépendance est bien moins forte et le fumeur a cinq fois plus de chances d’arrêter définitivement.  « Moi(s) sans tabac » s’inspire de « Stoptober », une campagne d’aide à l’arrêt du tabac, mise en place en Angleterre par Public Health England en 2012, et qui a permis, dès la première année, d’augmenter les tentatives d’arrêt du tabac de 50% en octobre.

Qu'en pensent les professionnels ? Rencontre avec le Docteur Stéphanie Orcel, responsable du service addictologie de l'hôpital d'Alès.

Objectif Gard : Que pensez-vous de cette campagne ?

Dr Orcel : Toute initiative est bonne à prendre. Pour ceux qui envisageaient l'arrêt, c'est une motivation supplémentaire. D'autant qu'avec le matraquage publicitaire, la visibilité est plus importante que d'habitude. Les fumeurs sont certainement plus touchés. Concernant l'efficacité, on pourra le dire a posteriori.

Le sera-t-elle, selon vous ?

Si notre ministre avait intégré dans le kit des substituts nicotiniques gratuitement, ça aurait été plus efficace. Aujourd'hui, ceux qui veulent arrêter seront remboursés mais ils doivent avancer l'argent. Quant au livret, il est bien fait mais il doit être expliqué pour être utile. Est-ce que tous les pharmaciens le feront? Je ne sais pas. Arrêter le tabac, ce n'est pas que donner un kit.

Quelles mesures concrètes seraient aujourd'hui payantes pour lutter contre tabagisme ?

Il faudrait que tous les substituts soient remboursés intégralement, et reconnaître la cigarette électronique comme une aide, si elle est encadrée. Beaucoup moins toxique, cette dernière contient peu de substances cancérigènes. Excepté pour les femmes enceintes, je l'encourage donc. Enfin, pour mener tout cet accompagnement, il faut ouvrir davantage de consultations dans les hôpitaux. On a trop de délais d'attente.

Avez-vous constaté un impact notable de cette campagne sur vos patients ?

En consultation externe, l'arrêt du tabac est mon quotidien. Sur 884 patients, plus de 25% viennent me voir actuellement pour cette addiction. Des gens appellent tous les jours. La demande est donc constante et n'a pas particulièrement augmenté. Par contre, certains m'ont effectivement dit qu'ils allaient tenter le mois sans tabac, même si ce n'est pas tous. Notons que ceux qui viennent nous voir sont déjà dans une démarche de soin.

Propos recueillis par Eloïse Levesque

 

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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