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VENDREDI CULTURE Michel, Brandade & Graffiti, un documentaire 100 % nîmois

Gecko, Marcel et l'Insecte. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Gecko, Michel et l'Insecte. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Hyperactif et passionné, l'artiste Gecko réalise son premier documentaire sur l'histoire du graffiti nîmois. Avec en fil conducteur, le point de vue de Michel, retraité, ancien éboueur et admiratif de ces œuvres murales.

L'idée a de quoi faire sourire. En réalisant un documentaire sur le graffiti nîmois raconté par un éboueur retraité amateur de brandade, Gecko a fait un sacré grand écart. Pourtant, c'est justement ce regard neuf et presque innocent qui rend le propos saisissant et fait tomber quelques barrières persistantes. "Pour la petite histoire, Michel est le père d'une amie et habite au Chemin bas d'Avignon. Elle m'avait raconté qu'il était tombé amoureux d'un énorme graffiti dans le quartier. Ça m'a donné l'idée d'en faire un fil rouge" raconte Gecko. Car des graffitis, Michel en a vu. Autrefois boulanger, il fût éboueur pendant vingt ans avant de prendre sa retraite. Le temps d'arpenter les rues nîmoises et d'y découvrir l'émergence d'un art de la rue, tanto transgressif, tanto conciliant. "Pour moi, cela égayait la ville, je trouvais ça bien. Si j'avais eu le talent, j'aurai pu m'y mettre moi aussi" plaisante t-il. D'ailleurs, Gecko n'a pas hésité à l'inviter pour "taper quelques journées et poser quelques coups de bombes".

Le graffiti a évolué, beaucoup, depuis ces débuts dans le métro new-yorkais dans les années 70, jusqu'à aujourd'hui. Autrefois réprimandé, on l'expose désormais dans des galeries, et certaines œuvres se vendent à prix d'or. "Les mentalités ont évolué, mais il y a toujours des graffeurs qui font de la prison. Certains veulent rester dans l'illégalité. C'est aussi ce que j'ai voulu montrer dans ce documentaire" explique Gecko, membre actif de l'association Da Storm qui œuvre pour la promotion de la culture hip-hop. Tourné pendant l'été 2016, Michel Brandade & Graffiti est aussi alimenté par de nombreuses images d'archives d'époque, prêtées gracieusement par les plus célèbres signatures du graffiti nîmois : "Les jeunes graffeurs d'aujourd'hui n'ont pas eu la chance de les voir. Ce sont des gens très discrets qui, bien souvent, ne montrent pas leur visage. C'est un milieu assez opaque" reconnais Gecko. Pour Rémi, plus connu sous le nom de l'Insecte, c'est aussi ce qui fait la force de cette culture : "Le graff' fonctionne un peu comme dans la publicité, sauf que tu es ton propre produit et que tu n'as rien à vendre, juste ta signature a posé partout."

Marcel, Gecko et l'Insecte. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Michel, Gecko et l'Insecte. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

En mixant deux cultures que tout oppose, à priori, Gecko réussi finalement à rapprocher deux mondes et plusieurs générations dans son sillage. "Nîmes, c'est une petite ville mais qui a une vraie culture du graffiti. Beaucoup de grands noms viennent d'ici et les gens ne le savent pas; On a une chance énorme d'avoir désormais toutes ces structures comme le Spot, la Ruche ou l'association Da Storm qui se bougent pour rendre cette culture plus accessible" ajoute Gecko.

Projeté une première fois, le documentaire sera de nouveau à l'affiche du Sémaphore le 9 décembre à 20h30. Réservation conseillée au Sémaphore directement. Tarif : 4 euros.

Baptiste Manzinali

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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