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FAIT DU JOUR Une Gardoise accuse son ex de lui avoir transmis le sida

Vanessa (à droite) avec son avocate Laurence Bourgeon. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Vanessa (à droite) avec son avocate Laurence Bourgeon. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Ce jeudi après-midi, à 14h, la cour d’assises du Gard ouvrira un dossier assez unique en jugeant Filipe, 39 ans, accusé d’avoir transmis le VIH à son ancienne compagne Vanessa, 16 ans à l’époque, alors qu’il se savait malade. Aujourd’hui, la jeune femme, toujours très fragile, soutenue par son avocate nîmoise Laurence Bourgeon, veut que l’affaire s’ébruite pour « qu’il ne recommence plus ».

Grande, fine, élégante, Vanessa est devenue une belle femme de 27 ans qui ne laisse rien transparaître de ce qu’elle a vécu. Accompagnée de son avocate Maître Laurence Bourgeon, elle a accepté de revenir sur une courte période de sa vie qui, hélas, la marquera à jamais.

Objectif Gard : Comment avez-vous rencontré Filipe ?

Vanessa : C’était en début d’année 2005. Il est venu en France pour travailler dans les champs. Ma sœur travaillait avec lui. J’avais 16 ans à l’époque et il m’a tout de suite plu. Le fait qu’il soit plus âgé m’a attirée (ils ont 11 ans d’écart, NDLR). Puis, j’ai essayé de lui apprendre le français qu’il parlait mal vu qu’il arrivait du Portugal. Ça nous a rapprochés.

Et après quelques mois de vie commune, le frère de Filipe vous apprend une terrible nouvelle…

Oui, enfin pas exactement. Son frère m’a dit que Filipe avait une maladie sans me préciser laquelle. Je suis donc allée voir Filipe qui m’a d’abord parlé d’une maladie chronique. Mais il restait vague… Il a fallu que je le menace de le quitter pour qu’il m’avoue qu’il était séropositif. Et tout de suite après il a ajouté : « Mais t’inquiètes pas, c’est pas grave ».

A 16 ans, vous aviez déjà entendu parler du sida ?

Non, j’étais jeune, j’étais loin de tout ça. Et même lui, quand il m’en a parlé, j’avais l’impression que c’était comme une grosse fièvre à l’écouter.

En mars 2006, vous faites le test et vous découvrez que vous êtes porteuse du virus.

Oui (des larmes lui montent aux yeux).

Et malgré tout, vous restez avec lui ?

Oui, il n’y avait pas de raison qu’on se sépare. Et puis il m’avait mis dans cet état-là, il devait assumer.

Alors pourquoi vous séparez-vous six mois plus tard, en octobre 2006 ?

Parce que je suis tombée enceinte. J’ai voulu lui montrer la première échographie et là, il m’a lancé comme un ordre : « Maintenant, tu retournes chez ta mère ». Je suis partie mais j'ai gardé l'enfant.

Pourquoi avez-vous attendu quatre ans pour déposer plainte contre lui ?

Dans un premier temps, je ne voulais plus rien avoir affaire avec lui. Je voulais passer à autre chose. Mais quand j’ai appris qu’il s’était mis avec une autre jeune fille âgée de 15 ans, je me suis dit qu’il ne le referait pas deux fois, qu’il fallait l’enfermer.

Qu’attendez-vous de ce procès ?

La première des choses : qu’il reconnaisse ses torts. C’est lui qui m’a rendu malade. Je veux l’entendre de sa bouche. Tant que ces mots-là ne sortiront pas, j’aurai du mal à me reconstruire. Ce qui me fait peur en revanche, c’est qu’on me dise qu’on est tous les deux en tort.

Comment vivez-vous aujourd’hui ?

Je ne travaille pas, j’attends que ce procès soit fini pour repartir de l’avant. Quant à ma maladie, c’est un traitement quotidien que j’ai du mal à suivre parce que pour moi, je ne l’ai pas méritée. Je n’avais pas à le prendre normalement ce traitement. C’est une horreur.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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