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FAIT DU JOUR William Dumas : « Je ne suis pas nostalgique de partir »

William Dumas, député sortant de la cinquième circonscription. Photo Éloïse Levesque/Objectif Gard
William Dumas, député sortant de la cinquième circonscription. Photo Éloïse Levesque/Objectif Gard

Député socialiste de la cinquième circonscription depuis douze ans, William Dumas, 74 ans, s’apprête à rendre son costume de parlementaire. Cet ancien cadre du Crédit agricole, qui a aussi été conseiller général pendant vingt-trois ans, maire pendant sept ans, président de l’EPCC du Pont-du-Gard pendant douze ans, livre son bilan à Objectif Gard.

Objectif Gard : Vous ne vous représentez pas aux Législatives de 2017, c'est donc la fin de votre carrière politique ?

William Dumas : Oui ! Vous savez quel âge j’ai ? J’en aurai bientôt 75. Je suis en pleine santé, mais à un moment, il faut savoir s’arrêter. Aux dernières élections, j’étais en balance. Je suis reparti car ils ont changé la circonscription, le parti me poussait un peu... Si j’ai pris Nelly Frontanau comme suppléante, c’est pour préparer ma succession.

Si vous repartiez, ce serait le mandat de trop…

Vous voulez voir quelqu’un avec des béquilles ? J’ai arrêté le Conseil général en 2015, le Pont-du-Gard aussi. Il faut savoir tourner les pages, c’est une nouvelle génération qui monte.

Vous avez été élu pendant 25 ans, quel bilan tirez-vous ?

Sur une vision globale, je dirai que j’ai été pendant longtemps une pièce maîtresse du conseil général. Quand j’ai pris la commission des finances, j’ai tout assaini. Je suis un fidèle, même si des fois je n’étais pas d’accord avec mes collègues. Et quand vous êtes fidèle et qu’on ne peut pas vous attaquer, il y a un retour d’ascenseur.

Vous avez dû connaître des réussites et des déceptions…

Il y a quelque chose qui m’a marqué. C’était en 2007, lorsque l’usine de la société Duc (spécialisée dans la production de volailles, Ndlr) à Saint-Bauzély était en difficulté suite à la grippe aviaire. Pour les aider, il fallait que les collectivités mettent la main à la poche. Je suis allé voir Damien Alary et Georges Frêche pour les convaincre et nous avons pu sauver 250 emplois. Pour moi, c’était tellement logique de faire ça.

Sinon, je n’ai pas de regrets. En politique, je pense que je n’ai jamais rien raté. A une époque, j’aurai préféré être président du Conseil général que député. Mais c’est une chance d’avoir été l’un des représentants de la nation.

Une chance mais pour autant, en douze ans de mandat législatif, vous n’avez fait qu’une seule proposition de loi…

Oui, j’en avais déposé une à l’époque sur le logement, mais mon projet n’est pas arrivé en discussion. J’ai co-signé beaucoup de lois, mais je n’ai pas travaillé de propositions particulières. Il n’y avait pas trop de sujets qui m’intéressaient. Je n’ai jamais été rapporteur non plus. Je n’interviens pas souvent à l’Assemblée mais je suis très souvent en commission. Car c’est là que le boulot se fait.

Revenons sur votre travail à la circonscription. Votre secteur s'étend jusqu'au Vigan et Génolhac. Votre permanence, à Fons-Outre-Gardon, est assez excentrée !

J’ai ma permanence ici car j’habite ici. Ma maison est juste à côté de la permanence et je suis né juste en face. Ce n’est pas gênant car je tiens une permanence à La Grand’Combe, à Alès et au Vigan tous les trois mois. Après, je traite beaucoup par téléphone, environ trois affaires sur cinq.

Contrairement à vous, beaucoup d’autres élus communiquent à travers les réseaux sociaux…

Ce n’est pas mon style d’aller quelque part et de me faire prendre en photo pour montrer que j’y suis allé. Je vais dans toutes les communes de la circonscription, tous les maires vous diront qu’ils m’ont vu et je reçois des lettres de remerciements.

Cette méthode de communication un peu « à l’ancienne » ne nuit pas à votre image ?

Vous savez, les papys et mamies, ils n’ont pas internet. On ne peut pas tout dématérialiser. Je n’ai aucun regret sur ma manière de communiquer. Et puis, je n’aime pas franchement les journalistes. Moi, les médias, ça ne m’intéresse pas. On dit que je suis abrupt mais ça ne m’a pas empêché de faire ma carrière politique.

William Dumas. Photo Éloïse Levesque/Objectif Gard
William Dumas. Photo Éloïse Levesque/Objectif Gard

Parlons un peu des actions que vous avez menées sur votre circonscription. Citez-nous quelques exemples…

En voilà un. L’abattoir du Vigan va fermer avant la fin de l’année. Nous avons eu une réunion avec les éleveurs, il faut qu’ils montent une association pour maintenir un abattoir dans le coin. D’une part, je participe aux réunions pour leur montrer mon soutien. D’autre part, s’il faut intervenir auprès du ministère, auprès de Stéphane Le Foll, je le ferai. D’ailleurs je l’ai déjà fait.

Sinon, autre exemple, j’ai beaucoup travaillé sur les ruisseaux couverts. Je suis convoqué à toutes les réunions organisées par le préfet, je reçois les associations, etc. Le rôle du député, c’est de faire remonter, d’aider le préfet, d’aller voir dans quel ministère on peut trouver de l’argent. Après vous savez, j’ai pas forcément travaillé sur des grands projets mais sur des petites choses qui font avancer le schmilblick. Le député aujourd’hui, c’est une assistance sociale.

Au-delà d’être député, vous avez aussi été conseiller général, maire, président de l’EPCC du Pont-du-Gard… Pourquoi vous accrochez-vous autant ?

Je ne me suis pas accroché, je n’ai simplement jamais été battu. La politique ça me plaît, mais j’en ai pas fait ma carrière non plus : j’ai travaillé jusqu’à 58 ans au Crédit agricole. Quant au Pont-du-Gard, je suis parti avec un très bon rapport de la cour des comptes. Sa gestion est un modèle.

Aujourd’hui, vous souhaitez passer le flambeau à votre suppléant. Elle va se retrouver dans un contexte national difficile face au Front national...

Ici, chez moi, le Front national a du poids. En Cévennes, il en a moins. Le FN, c’est l’attrape-nigaud. S’il passe, chacun prendra ses responsabilités.

Il y a aussi la potentielle candidature en dissidence d’Olivier Gaillard, vice-président du Département…

Olivier Gaillard avait toute sa place dans l’investiture socialiste s’il le voulait. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire.

Qu’allez-vous faire lorsque vous ne serez plus député ?

J’ai 2,70 hectares de vignes. Je vais arracher un hectare et le replanter. J’ai fait toute ma vie du vin avec mon père, je vais continuer. Je ne suis pas du tout nostalgique de partir, j’en ai ras-le-bol d’aller à Paris toutes les semaines...

Propos recueillis par Élodie Boschet et Éloïse Levesque

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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