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RÉGION Etats généraux du rail et de l’intermodalité : 10 chantiers prioritaires

Crédit photo : Frédéric Marie
Crédit photo : Frédéric Marie

« C'est la plus grande concertation régionale jamais organisée sur la mobilité en France » a lancé aujourd'hui Carole Delga, présidente de la Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée en ouverture de la restitution des Etats généraux du rail et de l'intermodalité qui avaient lieu à Toulouse.

« La majorité régionale en avait fait un engagement politique fort. Aujourd'hui, après 80 jours de concertation avec les usagers quotidiens des transports régionaux, les syndicats de cheminots, les associations d'usagers, les partenaires financeurs que sont l'Etat et SNCF, l'engagement est devenu une réalité. Sans leur avis, sans leur expérience, il n'y aurait pas de politique de mobilité ambitieuse et adaptée » a rajouté  Carole Delga.

La restitution de ce mercredi 14 décembre permet à la Région de présenter ses priorités et un cadre d’action, de fixer un cap pour la politique régionale du rail et de l’intermodalité en Occitanie / Pyrénées-Méditerranée. Les attentes exprimées et hiérarchisées trouveront aussi leur place dans la négociation pour le renouvellement de la convention d’exploitation TER Région / SNCF qui devrait prendre effet en juin 2017.

 « Le rail et les transports en général sont aujourd'hui une condition sine qua non de la croissance, de la libre mobilité, de l'égalité et de la cohésion territoriale. Encore plus lorsque cette Région est nouvelle et de la taille d'un Etat. Mais qui dit nouvelle région, dit nouvelle ambition. C'est la raison pour laquelle à partir des contributions et de la concertation, nous proposons avec les élus régionaux mobilisés de refonder un service public régional des transports accessible à tous et partout » n'a pas manqué de rappeler la présidente de la Région.

Les élus régionaux ont construit la feuille de route notamment 10 chantiers régionaux :

- L'amélioration de la qualité de service du TER : mettre en service les TER Régio2N plus performants et plus innovants pour l’usager, combinant un maximum de places avec des espaces pour les vélos et les Personnes à Mobilité Réduite. Développer des outils propres à la Région permettant de suivre la ponctualité et la fiabilité des TER sur l’ensemble du territoire. Élaborer une déclaration des droits des voyageurs. Expérimenter sur une rame AGC du parc TER des solutions innovantes, notamment en matière de connexion Wi-Fi et de sécurité intelligente.

- L'harmonisation de la tarification et le billet intermodal : la Région va mettre en place une seule gamme tarifaire unifiée sur le nouveau réseau Occitanie / PyrénéesMéditerranée, dans le cadre d’une logique d’équité territoriale. Ces tarifs s’adapteront à tous les voyageurs : fréquents, occasionnels ou sociaux (jeunes, demandeurs d’emploi…). Concernant la billetique, la Région va travailler à un titre de transport intermodal pour l’ensemble des usagers du territoire, qui serait mis en place d’ici 2020, en s’appuyant sur des dispositifs existants. L’objectif est de faciliter la vie du voyageur pour l’ensemble de ses déplacements dans la région.

- La sauvegarde des lignes ferroviaires et l'adaptation de l'offre TER : les lignes prioritaires aujourd’hui identifiées sont les suivantes : Alès-Bessèges ; Carcassonne-Quillan ; Montréjeau-Luchon ; Le Train Jaune ; Rive droite du Rhône ; Rodez-Sévérac. Concernant l’adaptation de l’offre TER : l’action de la Région porte sur l’identification des besoins de déplacement et une réponse par une offre adaptée dans une logique d’une meilleure utilisation des moyens : choix des horaires, des fréquences, des correspondances entre train (TER,TGV, TET) ou entre mode (autocar, réseau urbain) et l’adaptation du matériel roulant au nombre d’usagers à transporter. Dans le cadre de l’administration d’un nouveau territoire, la politique d’offre proposée par la Région va veiller à désenclaver les territoires ruraux et désaturer les territoires périurbains. Elle a également comme priorité l’amélioration des relations ferroviaires entre métropoles et agglomérations, notamment les liaisons entre Toulouse / Montpellier / Nîmes et Toulouse / Perpignan.

- L'intégration et le redéploiement des services autocars/TAD dans une logique intermodale : la loi NOTRe transfère la compétence des transports interurbains, c’est-à-dire en dehors des Métropoles et des Agglomérations, des départements à la Région à compter du 1er janvier 2017. Les transports scolaires seront transférés le 1er septembre 2017. La Région travaille dès à présent à la mise en cohérence des ex-réseaux départementaux et du réseau régional par la suppression des doublons avec les offres ferroviaires et routières existantes afin de réduire les coûts de fonctionnement, l’harmonisation de la tarification des réseaux interurbains ainsi que des subventions pour les transports scolaires.

- La multiplication des pôles d'échanges multimodaux (PEM) : la Région compte améliorer l’intermodalité par la mise en place d’un dispositif de financement PEM à disposition des collectivités et adapté à la taille des projets : il s’agit d’accompagner à la fois les projets les plus importants et les projets plus modestes en milieu rural. Tenant compte des besoins identifiés par le Schéma Véloroutes et Voies Vertes, la Région demandera dans le cadre des contrats territoriaux Région/Départements, une contrepartie au financement régional des routes afin de créer des pistes cyclables attenantes aux routes, développera les équipements cyclables en gare (parkings sécurisés, services pour vélo), mènera une réflexion sur l’usage combiné vélo / train / autocar en étudiant l’impact des vélos dans les trains en heure creuse/de pointe.

- La mise en accessibilité des services ferroviaires et routiers : l'agenda d'accessibilité programmée, issu de la loi de 2014 prévoit de rendre accessible d'ici 2024 33 points d’arrêt ferroviaires, 100 points d’arrêt routiers. Dès 2017, est prévue la réalisation de travaux dans les gares d’Albi Ville, de Rodez, de SaintSulpice-sur-Tarn, de Colomiers / Lycée International.

- L'arrimage de la région à la grande vitesse : la Région soutient le GPSO (LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax-Espagne) qui représente un enjeu stratégique pour le grand Sud-Ouest en plaçant Toulouse, Montauban, Tarbes et les territoires périphériques dans le maillage national et international des LGV. Elle attend les conclusions de la mission sur le financement GPSO désignée par le Secrétaire d’État aux Transports le 12 juillet 2016. La Région demande l’inscription de la LNMP comme projet d’intérêt général (PIG). Tout en s’engageant sur la totalité de la ligne, elle se positionne pour un phasage Montpellier-Béziers-Centre, ce qui permettra d’accélérer les procédures et de désaturer la ligne actuelle sur sa partie la plus circulée, avant la réalisation de la partie Béziers-Perpignan. La Région relancera sans attendre les études d’une liaison plus rapide entre Toulouse et Carcassonne. Par ailleurs, la Région ne soutiendra à l'avenir les projets de gares nouvelles que s’ils sont utiles à la population, interconnectés quai à quai avec le réseau classique et desservis par les réseaux urbains.

- L'avenir des Trains d'Equilibre du Territoire : les négociations entre l’État et la Région ont conduit au maintien des lignes TET ParisOrléans-Limoges-Toulouse (POLT), Toulouse-Hendaye et Bordeaux-Toulouse-Montpellier-Marseille et à des projets de redynamisation de ces liaisons. Il en va de même pour les trains de nuit Paris-Toulouse-Latour-de-Carol et Paris-Rodez. Le maintien par l’État des liaisons avec Hendaye et Cerbère est en cours de discussion. L’exploitation du TET Nîmes-Clermont-Ferrand (Cévenol) sera reprise par la Région avec pour objectif l’amélioration du service et le rétablissement d’une liaison vers Paris et vers Marseille. Il reviendra à l’État d’assurer la pérennité des infrastructures de la ligne. Alors que le transfert sur route était imminent, la Région a obtenu le maintien de la liaison Béziers-Clermont-Ferrand (Aubrac) dans le cadre d’une expérimentation de deux ans et en contrepartie d’une prise en charge par la Région de la moitié du déficit d’exploitation. Au terme de cette période, l’État devra faire connaitre ses intentions sur le maintien du service et la régénération indispensable de la ligne.

- La relance du fret ferroviaire : la Région travaille à mettre en synergie les infrastructures régionales de transports (ports, voies ferrées, routes, canaux, plateformes multimodales…) et les pôles d’activités économiques et logistiques générateurs de trafics (Parcs régionaux, zones d’activités,…). Elle s’appuie notamment sur ses structures portuaires (Sète, Port-la-Nouvelle) pour le développement de dessertes ferroviaires de marchandises. Elle gérera, à partir de 2017, la ligne régionale Colombiers – Cazouls-lès-Béziers et étudiera la régénération ou la réouverture de certaines lignes existantes (Auch-Agen, Tarbes-Mont de Marsan) pour pérenniser le trafic de fret existant.

- La poursuite de la concertation et les relations partenariales : la Région propose la création dès 2017 de Comités départementaux de transport intégrant la dimension intermodale. Ce découpage territorial permet de relancer le débat autour des différents modes de transports et de s’attacher à répondre aux problématiques de mobilité en fonction des différents secteurs dans lesquels elles s’expriment. Ils pourront coordonner les comités de ligne déjà prévus dans le cadre de la convention d’exploitation Région/SNCF, plus axés sur le ferroviaire ; d’un Groupement des Autorités Responsables des Transports (GART) régional, réunissant les Autorités Organisatrices de la région. Ce dispositif permettrait d’impulser la création d’une centrale d’information multimodale, de mutualiser les données entre autorités et de faciliter la mise en place progressive d’une tarification et d’une billettique unique.

« Je veux qu'Occitanie / Pyrénées soit la Région qui investisse le plus pour le rail et l'intermodalité en dehors d'Ile-de-France. C'est pourquoi nous mobiliserons 4 milliards €, dont 1,5 milliard € en investissement, jusqu'en 2021. Nous augmenterons de 67% notre investissement sur le rail dans les 5 années à venir. Aucune autre Région française ne fera cet effort. La mobilité du futur doit se construire et se financer à plusieurs ; avec toutes les autorités organisatrices, les partenaires comme l'Etat, les Départements, les intercommunalités, SNCF etc. Pour cela, 10 chantiers thématiques issus de la concertation seront lancés et un 11ème chantier sera décliné de manière transversale, celui de l'innovation » a conclu Carole Delga à la fin de la restitution.

Carole Delga a annoncé à l'occasion de cette restitution avoir obtenu d'Alain Vidalies, secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la mer et de la pêche, un accord pour la reprise par la Région de la ligne du Cévenol (Clermont-Ferrand-Nîmes), et de la gestion commune à titre expérimental pour une durée de 2 ans de la ligne de l'Aubrac (Clermont-Ferrand-Béziers). Il sera examiné le 3 février 2017 en séance plénière de la Région.

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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4 réactions sur “RÉGION Etats généraux du rail et de l’intermodalité : 10 chantiers prioritaires”

  1. j’ai sauté une ligne ou la rive droite du Rhône est absente des 10 chantiers cités par Mme Delga? il y en a si j’ose dire que pour tous les autres territoires sauf ce désenclavement qui serait d’utilité publique pour l’attractivité du Gard Rhodanien et sa reprise industrielle

    1. S- La sauvegarde des lignes ferroviaires et l’adaptation de l’offre TER : les lignes prioritaires aujourd’hui identifiées sont les suivantes : Alès-Bessèges ; Carcassonne-Quillan ; Montréjeau-Luchon ; Le Train Jaune ; Rive droite du Rhône ; Rodez-Sévérac. Concernant l’adaptation de l’offre TER : l’action de la Région porte sur l’identification des besoins de déplacement et une réponse par une offre adaptée dans une logique d’une meilleure utilisation des moyens : choix des horaires, des fréquences, des correspondances entre train (TER,TGV, TET) ou entre mode (autocar, réseau urbain) et l’adaptation du matériel roulant au nombre d’usagers à transporter. Dans le cadre de l’administration d’un nouveau territoire, la politique d’offre proposée par la Région va veiller à désenclaver les territoires ruraux et désaturer les territoires périurbains. Elle a également comme priorité l’amélioration des relations ferroviaires entre métropoles et agglomérations, notamment les liaisons entre Toulouse / Montpellier / Nîmes et Toulouse / Perpignan.

  2. Ce ne sont pas dix chantiers prioritaires, mais un catalogue fourre-tout de bonnes intentions, et qui reprend l’ensemble des grandes orientations déjà connues. On nous recite tous les territoires pour ne froisser personne et à la veille de grandes élections … rien de ciblé, aucune décision ou priorité concrète. bref tout ça pour ça !!!

  3. Du coup, on comprends mieux pourquoi toute cette opposition au TGV et aux gares dans le Languedoc Roussillon, on fait tout du coté de Toulouse et même jusqu’en Espagne….et pendant ce temps la, coté méditerranée le concessionnaire espagnol TP FERRO dépose le bilan car du coté français l’échéancier n’a pas été respecté. Et qui va devoir payer la dette ???

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