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GARD RHODANIEN “St-Laurent-des-Arbres trouve sa place naturellement dans l’agglo”

Philippe Gamard, maire de Saint-Laurent-des-Arbres (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Philippe Gamard, maire de Saint-Laurent-des-Arbres (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Dix jours après l’entrée effective de sa commune dans l’agglo du Gard Rhodanien, le maire de Saint-Laurent-des-Arbres Philippe Gamard revient sur ce qu’il qualifie de « tournant » pour la village de près de 3 000 habitants.

L’édile évoque également le « divorce » entre Saint-Laurent et les deux autres communes de la défunte Communauté de communes de la côte du Rhône gardoise, à savoir les nouvelles membres du Grand Avignon Roquemaure et Montfaucon, qui ne se passe pas sans heurts.

Objectif Gard : Comment s’est passée la transition d’une intercommunalité à une autre ?

Philippe Gamard : Elle se passe encore, on est loin d’être complètement à jour. On y est officiellement mais tout reste à faire, il nous faut entrer dans le fonctionnement de l’intercommunalité. Par ailleurs, j’ai assisté à presque tous les conseils d’agglo de 2016, une manière de prendre la température.

Pour votre village, passer de 3 à 43 communes risque de faire une sacrée différence…

Oui, c’est complètement différent, et c’est ce que j’attends aussi : trois communes c’est complètement sclérosant, à trois on ne peut pas avoir une politique de territoire ambitieuse.

Pourquoi avoir choisi Bagnols plutôt qu’Avignon ?

J’ai toujours parlé de Saint-Laurent-des-Arbres comme de la pièce manquante du puzzle de l’agglo du Gard Rhodanien. Ça fait très longtemps qu’on porte ce sujet, et c’était notre premier engagement dans le cadre de la campagne des municipales. On aurait pu pencher d’un côté ou de l’autre, mais nous avons réfléchi en termes de logiques de territoire et de projets, le Gard Rhodanien a une composition rurale et viticole forte, au Grand Avignon l’objectif le plus fort est davantage l’économie commerciale. Or, nous ne sommes pas dans une logique de développement commercial à tout crin.

Vous avez tout de même une grande zone commerciale, la ZAC de Tésan, avec notamment un hypermarché et de nombreuses entreprises…

Oui, et c’est une zone qu’on veut développer, mais cela n’a rien à voir avec un grand projet de développement comme au Pontet. On n’est pas dans la même logique. Saint-Laurent-des-Arbres trouve sa place naturellement dans l’agglo du Gard Rhodanien.

Comment se passe le « divorce » avec Roquemaure et Montfaucon ?

Ça reste compliqué, et ce n’est pas fini. Il aurait fallu trouver un terrain d’entente en 2016 sur la répartition des actifs de la communauté de communes, ça n’a pas été le cas, et je le regrette. Pour la répartition des actifs, on avait demandé une étude à KPMG, mais elle a été basée uniquement sur la répartition des communes dans la richesse de la communauté de communes. Or, nous nous sommes toujours basés davantage sur la population des communes, sachant que Saint-Laurent voit sa population augmenter significativement, alors qu’à Roquemaure, ce n’est pas le cas. Le poids des communes est modifié en permanence et avec Montfaucon, on a essayé le le faire comprendre à Roquemaure, pour intégrer ce critère dans le calcul de la répartition des actifs.

Où en est-on aujourd’hui ?

On a revu nos prétentions à la baisse, on en est venu à demander simplement un arrondi des chiffres, Roquemaure a 69,9 % des actifs, et ça la ferait tomber à 69 %. Nous avons 21,6 %, et ça nous ferait passer à 22 %, quant à Montfaucon, elle passerait de 8,5 % à 9 %. Roquemaure dit non, n’a jamais fait un pas dans les négociations, et aujourd’hui la situation est bloquée sur cette décimale.

Se dirige-t-on vers un règlement rapide de ce différend ?

Le plus tôt sera le mieux. Au pire, on va jusqu’à fin juin et le préfet tranche, mais ça ne donne pas une image d’élus très responsables…

Concrètement, que va changer l’intégration de Saint-Laurent-des-Arbres à l’agglo du Gard Rhodanien pour vos administrés ?

Ça va faire baisser la Cotisation foncière des entreprises (elle était de 36,93 % à la CCCRG, elle est de 25,85 % au Gard Rhodanien, ndlr), mais il n’y aura pas de changement majeur. La crèche est reprise par l’agglo, la déchetterie fonctionnait déjà avec le SITDOM et est donc reprise par l’agglo. Il y a un changement qu’il faut encore voir, c’est au niveau de la reprise de la compétence tourisme par l’agglo : nous avons un office de tourisme, et un patrimoine à faire visiter. il y a une interrogation à ce niveau là. Après, j’espère surtout que l’agglo va nous permettre de mettre en place des services et de donner corps à des projets comme les chemins ruraux, notamment les sentiers oenologiques.

Vous avez assisté à beaucoup de conseils communautaires, et vous avez pu voir que l’année 2016 a été quelque peu mouvementée à l’agglo. Est-ce que cela tempère votre enthousiasme ?

Pour l’instant ça ne le tempère pas, on verra à l’usage. J’espère qu’il y aura une attitude constructive de tout le monde, les débats notamment sur le Pôle d’excellence rural (projet finalement abandonné en décembre, ndlr) n’ont pas toujours été très sereins, il faut arriver à travailler pour le sens commun.

Siègerez-vous dans la majorité ? Comme vice-président ?

Je siègerai dans la majorité. Par contre, la vice-présidence, ce n’est pour le moment pas à l’ordre du jour. Je sais qu’en ce moment, avec l’abandon de certaines compétences, il y a une recomposition, mais je n’en sais pas plus. Si on me le propose j’étudierais la question, mais clairement, je n’y vais pas pour ça.

Propos recueillis par Thierry ALLARD

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