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FAIT DU JOUR St Mamet récolte les fruits de son audace

Photo Anthony Maurin).
Matthieu Lambeaux explique son expérience lors de l'inauguration des locaux nîmois de St Mamet (Photo Anthony Maurin).

Depuis 1953 St Mamet a sa place dans le paysage économique et culinaire gardois. Avec ses fruits en conserve, la société déficitaire a été reprise il y a 16 mois par Matthieu Lambeaux et connaît actuellement une renaissance exceptionnelle.

En 2015, la société gardoise implantée à Vauvert était à la limite de la faillite et sans aucun avenir. En octobre de la même année, l'équipe dirigeante fraîchement en poste et issue de grands groupes de l'industrie agroalimentaire (Findus, Coca Cola…) se donne quelques mois pour faire redresser la barre et redonner à l’entreprise la pêche sans pour autant la mettre en boite.

Arrivé aux manettes de St Mamet avec une équipe rapprochée, Matthieu Lambeaux s'est vite aperçu qu'il allait être un peu court. "Entre le 1er octobre 2015 et le 28 février 2016, nous sommes passés de 7 à 20! J'avais dit aux anciens salariés qu’ils étaient dans une micheline et que nous allions prendre le  TGV. Quand on a les bonnes personnes aux bons postes, on arrive à faire beaucoup!" évoque Matthieu Lambeaux.

Employant plus 150 personnes sur ses deux sites (Nîmes pour les bureaux et Vauvert pour l'usine) St Mamet souffrait surtout d’un déficit d'image. Avec un changement de bannière, la société passe au "bleu" et sous l'impulsion de la nouvelle direction, le retournement de la marque a bien lieu. Comment? Par l'innovation et le panache pardi!

Matthieu Lambeaux, PDG de St Mamet photo Anthony Maurin).
Matthieu Lambeaux, PDG de St Mamet (Photo Anthony Maurin).

"C'est une révolution industrielle qui est amorcée à Vauvert! Nous investissons 12 millions d'euros sur 3 ans dont 9 en 21 mois! Le bâtiment construit depuis le début de l'année et sera opérationnel le 17/07/17. Nous économiserons 40% de notre consommation énergétique et 50% de notre consommation en eau tout en redonnant un sens et un avenir à la filière" poursuit le patron.

L'innovation, la remise à plat des comptes, des services, de la gestion... Tout a été optimisé sans aucun licenciement et mieux encore, avec des embauches prévues cette année. Les nouveaux bureaux nîmois de la société, installés sur l'avenue Feuchères, sont dignes de sa nouvelle image.

Chose encore impensable sous l'ancienne direction, en un an, ce sont plus de 55 actions différentes qui ont redoré le blason de St Mamet avec en bonus la soixantaine d'innovations proposée! "On remet l'église au centre du village! Les gens ont vécu en autarcie trop longtemps et nous les ouvrons au monde. La confiance est à nouveau là, les arboriculteurs ont un avenir concret mais cela prend du temps. Quand on veut, on sait être meilleur qu'aux USA, meilleur que tout le monde!" assure Matthieu Lambeaux.

Avec plus de 60 "innovations de rupture" en guère plus d'un an, St Mamet fait fort. La compote à boire avec une nouvelle texture veloutée, les briques tetrapak, les formats pour enfants, ados ou famille, le marché chinois... Des produits qui arrivent dans les rayons et qui plaisent aux consommateurs devenus consomm'acteurs.

A St Mamet, les rayons hivernaux du soleil, réchauffe le coeur et le reste (Photo DR)
A St Mamet il y a un an, les rayons hivernaux du soleil, réchauffaient le coeur (et le reste) des salariés (Photo DR)

"Je pense que la bataille de la ressource sera la future grande bataille du monde alimentaire. St Mamet a un verger dédié, c'est un sacré avantage!" brosse Matthieu Lambeaux en pensant aux 150 familles d'arboriculteurs, aux 200 salariés et aux 2000 saisonniers.

Avec 70% de ses fruits made in France St Mamet et le Gard voient à nouveau des pêchers, des abricotiers, des poiriers et des cerisiers garnir ses terres. St Mamet a même décroché la licence mondiale de l’irréductible gaulois Astérix! Des 150 hectares d'arbres fruitiers, la société va passer à 1000 hectares en gagnant ainsi la confiance de ses arboriculteurs. De plus et après un partenariat de 20 ans qui vient d'être signé entre St Mamet et Conserve Gard, c'est le bio qui intéresse aujourd'hui une partie de la production (30% d’ici 3 ans).

Lancée il y a 5 ans, la réflexion sur la culture biologique a fait son chemin du côté de St Mamet. Là aussi, les raisons d'un tel changement sont simples et efficaces. Deuxième département français en la matière, le bio ne laisse aucun gardois indifférent. "Cela n'est plus possible d'avoir des cantines qui servent de la merde à nos enfants et qui importent des produits! On pourra leur donner du bio et cultivé en local!" note le PDG soutenu par Jean-Michel Cohen qui lui offre ainsi la caution du monde médical.

Véritable force économique sur un territoire socialement dévasté, St Mamet sait se faire entendre. L'Etat va aider à hauteur de 900000 euros l’entreprise et la Région, via des fonds spéciaux, va mettre la main à la poche pour injecter 750000 euros dans la machine en marche. "C'est comme le tour du Mont Blanc, il y a plusieurs voies d’accès mais disons qu'on vient de faire 1/3 du chemin" conclut en bon savoyard qu'il est le PDG de St Mamet.

Appuyé par les forces locales, Matthieu Lambeaux creuse son sillon. Pour Jean Denat, maire de Vauvert "heureux, soulagé et fier" de voir le panache avec lequel la société a été reprise, "On ne pouvait pas imaginer il y a 2 ans que nous en serions ici aujourd'hui!".

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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