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FAIT DU JOUR Jean Denat (PS) : « On peut avoir un idéal sans être un rêveur »

Jean Denat aux côtés des députés Françoise Dumas et Fabrice Verdier lors d'une conférence de presse de soutien à Manuel Valls. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Jean Denat aux côtés des députés Françoise Dumas et Fabrice Verdier.(Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Soutien de Manuel Valls à la primaire, le premier fédéral du Gard défend une « gauche de progrès » en opposition à une gauche « irréaliste ». 

Objectif Gard : En quoi Manuel Valls est-il le meilleur candidat pour battre la droite et l’extrême droite à la Présidentielle ?

Jean Denat : À l'heure actuelle, il est le plus en capacité à rassembler le camp de la gauche de progrès, des classes moyennes aux classes populaires, autour d'un projet de réforme. Des réformes à un rythme acceptable par la société. Notre pays est difficile à réformer : il est conservateur mais, à la fois, il a fait la révolution… Toute la difficulté est là.

La gauche de progrès ? Celle de Jean-Luc Mélenchon ou d'Emmanuel Macron ?

J.D : Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron s'inscrivent dans le culte de la personnalité et les stratégies personnelles. Aujourd'hui, nous sommes en pré-campagne présidentielle. Les uns et les autres affichent des postures. Notre primaire va donner de la légitimité au vainqueur, contrairement aux sondages et campagnes médiatiques… Si la gauche part avec trois candidats, c'est la défaite. Chacun devra prendre ses responsabilités au risque d'une régression sociale avec la droite et d'une dislocation de la République avec l'extrême droite.

Benoît Hamon est arrivé en tête dimanche. Ce résultat est-il un « avant congrès du PS » ou un « vote citoyen » en mal de gauche ?

J.D : Le vote citoyen c'est Manuel Valls. Ces électeurs ont voulu donner à la gauche de gouvernement les moyens de préserver notre modèle sociale, dans un monde qui a changé. Quant à ceux qui ont voté Benoît Hamon, ils savent que son programme est irréaliste. Ils jouent l'après-Hollande et la reconstruction du Parti Socialiste.

Irréaliste ?

J.D : Vous savez, on peut avoir un idéal sans être un rêveur… Jaurès disait qu'il fallait aller de l'idéal au réel. Dans le monde où nous vivons, dans cette Europe, comment imaginer la disparition du travail ? Comment croire que le passage à 32 heures permettrait encore de créer des emplois… ? Sur le "visa humanitaire", il faut faire attention : si je suis favorable à l'accueil des réfugiés, il doit être équilibré au risque de provoquer des réactions hostiles de la part de la population. Enfin, si le 49.3 citoyen (500 000 signatures de citoyen pour bloquer un loi) avait existait avant, je suis persuadé que trois lois importantes n'auraient pas été votées : l'abolition de la peine de mort, la liberté de l'avortement et le mariage pour tous.

La réduction du temps de travail est pourtant un marqueur idéologique fort de la gauche…

J.D : Les 35 heures nous ont permis de répartir socialement des gains de productivité, mais elles n'ont pas donné de grands résultats en terme de création d'emploi et d'avancées sociales. Aller au-delà, c'est irréalisable.

Pensez-vous que 2017 marquera un tournant dans une recomposition de la gauche ?

J.D : Après ces échéances, il y aura un congrès du PS et une clarification de la ligne politique. Quoi qu'il se passe dimanche, je rassemblerai mon camp et ferai campagne pour le vainqueur. La gauche, c'est un idéal de justice et d'égalité. C'est l'histoire du mouvement ouvrier. Après, il faut se mettre d'accord sur les moyens pour y parvenir. Vous savez, c'est plus difficile d'être aux responsabilités que d'être dans l'opposition et de témoigner de ce que doit être une conscience de gauche !

Passons aux propositions de Manuel Valls. L'ex-premier ministre propose de défiscaliser les heures supplémentaires. Une mesure abrogée par Hollande en 2012… 

J.D : C'est bien que nous puissions revenir sur nos erreurs. La defiscalisation des heures supplémentaires est profitable en terme de pouvoir d'achat.

Quelles sont les principales propositions de Manuel Valls ?

J.D : Créer une allocation unique qui regroupera les prestations sociales pour assurer un minimum décent de 800 € par personne. Ça inclut les jeunes de 18 à 25 ans qui ne bénéficient pas aujourd'hui du RSA. Ce que propose Manuel Valls est finançable ! Il y a également la charte de la laïcité, adossée à la Constitution face à la montée des actes racistes et antisémites. Et puis, nous voulons renouveler notre modèle de santé fragilisé par le manque de médecin en supprimant le numerus clausus. Enfin, le service civique obligatoire de 6 mois pour les jeunes... Ça ouvre les esprits.

Arnaud Montebourg, troisième homme de la Primaire a rallié Benoît Hamon. Comment Manuel Valls peut l'emporter au second tour ?

J.D : Le second tour, ce n'est pas simplement de la mathématique électorale ! C'est une nouvelle élection. Aujourd'hui, le choix est très clair entre deux projets. Nous espérons une mobilisation supplémentaire des Français qui veulent croire que la gauche peut encore l'emporter. Les scénario écris à l'avance sont démentis par les peuples…

Propos recueillis par Coralie Mollaret

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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1 commentaire sur “FAIT DU JOUR Jean Denat (PS) : « On peut avoir un idéal sans être un rêveur »”

  1. « Jean-Luc Mélenchon s’inscrit dans le culte de la personnalité et la stratégie personnelle ». Quelle absurdité ! ou bien alors, quelle bêtise crasse ! Jean-Luc Mélenchon, un porte-parole (talentueux certes) mais c’est surtout un programme « l’Avenir en commun », élaboré par des centaines de personnes. Plus d’un an de travail, des centaines de milliers de soutiens, des sites inter-actifs…Pauvre Jean Denat, sourd et aveugle, pauvre PS aussi en voie de désintégration avec des députés en voie de disparition. En plus, Jean-Luc Mélenchon, se retirera dès qu’une nouvelle constituante sera créée. Où est le culte de la personnalité ? Que dire de tous ces députés PS gardois accrochés à leurs prébendes, leurs sièges ? Après tous leurs votes en faveur de toutes les lois anti-sociales, le vent du changement va les emporter loin de la scène politique.

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