AU PALAIS à 6 ans elle voit sa maman frappée, elle appelle le 112

Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard).

Le palais de justice de Nîmes. (Photo/ Objectif Gard).

 

Le 5 décembre dernier, Malik, 26 ans, sort de prison après deux ans de détention. Il bénéficie d’une libération conditionnelle. Une des conditions pour qu’il retrouve la liberté : avoir un domicile. Et justement il en a un… Celui de sa compagne qui pendant les deux années de prison n’a pas cessé de le soutenir. Début décembre donc, il rejoint l’appartement de sa copine, dans un petit village près de Nîmes.

Tous se passe bien jusqu’au 11 janvier dans la nuit. « Je n’arrive pas à dormir, ce soir-là j’ai pris de l’alcool et comme j’ai des médicaments pour dormir », précise le prévenu dans le box. Devant lui, sa compagne ne l’accable pas, elle est même prête à l’accueillir encore chez elle. « Il n’a pas eu de chance dans sa vie, il a eu de gros problèmes. Je suis vraiment en colère, j’ai attendu deux ans qu’il sorte de prison, mais je veux lui donner une seconde chance », déclare-t-elle encore pour le défendre. Elle n’a pas porté plainte, pourtant la soirée aurait pu se terminer dans la tragédie absolue.

« En pleine nuit, à une heure du matin, il réveille sa compagne pour inviter des personnes à la maison, résume le président du tribunal correctionnel. Comme madame travaille le lendemain matin très tôt, elle n’est pas d’accord. Et là, les coups vont commencer à pleuvoir. » Dans la maison, la petite fille de la victime, âgée de 6 ans, entend du bruit. Elle parvient à se glisser derrière le canapé, et là, cachée, « elle voit sa maman se faire gifler et frapper. Elle aperçoit un couteau sous la gorge de sa mère et chaque fois que la victime essaie de soulever la tête, son agresseur tente de l’étrangler. La petite fille a peur, mais elle sait qu’il faut appeler les secours. Ce qu’elle fait en contactant le 112 », poursuit le juge. Des secours qui vont arriver rapidement.

« C’est le procès de la violence, une enfant de 6 ans voit sa mère se faire étrangler par le compagnon de celle-ci. Je ne peux imaginer que ce soir monsieur retourne vivre avec cette dame et cette gamine, accable le substitut du procureur. La prochaine fois qu’est ce qui va se passer, madame sera inanimée devant sa fille ? », interpelle le représentant du Procureur qui réclame un an de prison et un mandat de dépôt. « En plus votre casier judiciaire c’est un désespoir de juge, 19 condamnations à 26 ans », poursuit le président du tribunal. En soirée, la sanction est tombée. L’homme reste en prison pour 6 mois et lorsqu’il sortira, il devra accepter des soins médicaux.

Boris De la Cruz

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