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FAIT DU JOUR Procès: il paie un homme pour exécuter sa compagne

 

Alès. EL/OG
Alès. EL/OG

 

Un chef d’entreprise de 45 ans à qui tout réussissait, est soupçonné d’avoir commandité la tentative d’exécution de sa compagne. L’enfant du couple dormait à côté lorsque le tueur est entré dans la chambre parentale. Dans le rôle du porte flingue, un ancien videur de boîte de nuit. La Cour d’Assises du Gard juge les deux hommes à partir de vendredi pour « tentative d’assassinat ».

Tous les ingrédients sont présents dans ce scénario diabolique. Même les meilleurs auteurs de polars n’auraient pas pu imaginer intrigue pareille. Dans le rôle principal, Fabrice Autrand, un quadragénaire à la réussite éclatante.

Fils du commissaire d’Alès

Fils de l’ancien commissaire de la ville d’Alès, il habite depuis plusieurs décennies dans la capitale des Cévennes. Enfant, Fabrice Autrand est choyé par ses parents, entre un père très pris par son travail et ses différentes affectations et une maman qui règne dans la maison et sur la famille. Plus tard, il devient ingénieur à l’Ecole des mines d’Alès. Mais c’est le monde de l’entreprise et plus particulièrement celui de la nuit, qui attirent le fils du policier. Il rachète une discothèque, le Caveau de l’Alma, face au pont vieux. Un lieu de fête que tous les Alésiens connaissent. L’homme cumule les conquêtes féminines trouvées sur des sites Internet.

Mésentente de femmes

Fabrice Autrand décide en 2011 de faire sa vie avec Estelle*, une jolie jeune femme qu’il a rencontrée sur Internet. Le coup de foudre est immédiat, des projets de mariage sont rapidement évoqués. Un enfant arrive, le couple s’installe dans une villa d’Alès. Fabrice Autrand gère une société spécialisée dans les déchets. Il emploie 33 salariés. Mais Fabrice Autrand qui paraît si sûr de lui dans son univers professionnel, semble écrasé psychologiquement par les relations exécrables qu’entretiennent sa compagne et sa mère. Entre les deux femmes de caractère, les relations sont orageuses. La compagne reproche à la maman de son compagnon de se mêler de tout y compris de gérer son argent. Une rencontre de « conciliation » entre les deux femmes doit se dérouler lors du mois d’avril 2013. Une réunion qui hante Fabrice Autrand. Quelques jours plus tôt un cambriolage tourne mal.

Un homme rentre dans la chambre conjugale et tire sur la jeune femme

Le 6 avril 2013, il est 2h15 du matin, lorsque la lumière de la chambre éclaire le lit conjugal. Un homme se dresse sur le lit et tire à plusieurs reprises sur la jeune mère de famille allongée... Son compagnon, Fabrice, n’est pas touché, le tireur semble ne pas s’être intéressé à lui. Grièvement blessée, Estelle, sera prise en charge par le SAMU et bénéficiera, après plusieurs opérations d’une ITT de plus de 30 jours. Dans la chambre on retrouve un sac-poubelle ayant servi à transporter l’arme. Un ADN est isolé il appartient à un certain Mourad, qui n’est autre que l’ancien videur de Fabrice Autrand.

Fabrice a donné 8 000 euros pour faire exécuter sa compagne

Interpellés en décembre 2013, Fabrice et Mourad, vont avoir deux attitudes opposées. Le tireur réfute depuis le début toute implication dans les faits, il est incapable de dire pourquoi son ADN est sur le sac poubelle laissé par l’homme muni d’une arme. Fabrice Autrand lui, est rapidement passé aux aveux. Il affirme que cette idée de faire abattre sa femme lui est venu après les fêtes de Noël 2012. Il déclare aux policiers que Mourad voulait faire passer les faits pour un accident ou un suicide avant de décider, lors d’une deuxième discussion de faire croire à un cambriolage qui tourne mal. Fabrice Autrand a même donné une échéance au tireur et lui a fait visiter la maison avant le soir du drame, pour qu’il puisse se repérer. Le chef d’entreprise avoue même aux enquêteurs de la police judiciaire de Montpellier, qu’il avait fait faire un double de clé afin que Mourad puisse rentrer sans problème dans la maison. Le nuit de la tentative d’assassinat, l’enfant du couple dormait dans une chambre à côté. Estelle s’est constituée partie civile contre le père de son enfant et sera présente au procès d’assises. Le verdict devrait tomber mercredi 8 mars.

 

Boris De la Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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