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FAIT DU JOUR Salon de l’Agriculture: où est passé le Gard?

Petite séance photo devant les engins agricoles qui font toujours leur effet Photo Anthony Maurin).
Petite séance photo devant les engins agricoles qui font toujours leur effet (Photo Anthony Maurin).

Le Salon International de l’Agriculture se tient actuellement à Paris. Une excellente occasion pour mettre en valeur et faire briller les territoires en crise. Le Gard est rural, il a de nombreux atouts en la matière mais est devenu quasi invisible.

On a l’habitude d’entendre que notre beau département a une agriculture florissante, qu’il bénéficie de la bonté des dieux de la terre et qu’il permet de nourrir correctement les enfants qu’il voit naître… Mais au Salon International de l’Agriculture à Paris, rendez-vous des inconditionnels de la tradition française, le département disparaît quasi totalement des débats.

Le Gard compte de nombreuses appellations reconnues. Pélardon, oignon doux, picholine, taureau de Camargue sans parler des vins, des fraises, du riz, des asperges, des pommes du Vigan, de la truffe, de la figue… Bref, chez nous, quand vient l'heure de la gamelle, on sait de quoi on parle. Mais au salon, le Gard est en représentation minimale! Le Conseil départemental n’a pas souhaité louer un stand promotionnel au sein de l’îlot Occitanie. Un nombre à 6 chiffres économisé. Mais du coup, presque aucune visibilité. Quelques-uns de nos voisins, eux, ont pris le pari de jouer le jeu. Dispersés au sein de cet îlot occitanien, seuls 3 gardois, dont un est basé dans le Tarn, sont visibles.

Des choix promotionnels incohérents?

La Présidente de la Région Carole Delga était de passage mardi à Paris. Plus que jamais, elle a pu entendre les doléances de certains courageux. "Il y a des choses qui ne vont pas. L’Occitanie a-t-elle besoin d’un espace restauration aussi vaste? Ces pôles coûtent trop cher au contribuable et ne rapportent strictement rien" évoque un exposant. Plus délicat encore, l’épineux problème des Pôles Tournants. Un pôle tournant est une sorte une location d'une durée très limitée, une paire de jours seulement. Ainsi, les exposants peuvent économiser et venir 3 petits jours tenter l’aventure parisienne.

Charcuterie de qualité chez Oberti et fils, des Gardois installés dans le Tarn (Photo Anthony Maurin).
Charcuterie de qualité chez Oberti et fils, des Gardois installés dans le Tarn (Photo Anthony Maurin).

"Une seule machine à laver la vaisselle pour l’ensemble des exposants de l'îlot… Quand on sait qu’on boit et qu’on mange, l’hygiène est poussée dans ses derniers retranchements. Certaines Régions, comme la Corse, offrent les stands aux exposants afin qu’ils puissent mettre en valeur leur territoire correctement. Mieux que ça, elles offrent également l’hôtel! Une vraie politique de mise en vitrine, de développement intense et de reconnaissance visuelle" conclut un exposant.

Triptyque gardois

Le Domaine De Lanzac (Pavillon 3 emplacement B96), propriétaire récoltant et producteur de Tavel, "1er rosé de France", est un habitué de l’événement. Cependant, il ne dément pas la conjoncture. "Nous sommes peut-être les plus anciens gardois à venir exposer à Paris pour le Salon! Mon grand-père venait déjà il y a près de 70 ans… Mon père en est à sa 43ème année consécutive. Les foires sont compliquées, avant il n’y avait ni Internet, ni marchés, ni cavistes... La multiplication des petits salons est en train de tuer les gros, les gens ne sont pas des vaches à lait. Je ne reviens chaque année que grâce à mon ancienneté et à mon fichier clientèle, même avec eux, on doit gagner 15 fois moins qu’il y a 40 ans…" avoue le patron.

Pour aller avec le vin, quoi de mieux qu’un peu de charcuterie? "Nous sommes originaires de Saint-Jean du Gard et d’Alès mais nous sommes basés dans le Tarn à Lacaune. Cela fait quelques années que nous venons au Salon afin de rencontrer des nouveaux clients et de faire découvrir nos produits" annonce Hubert. Des jambons crus, une bonne dizaine de références de saucissons (dont un régal aux cèpes), des noix de jambon, de la coppa… "Bref, tout ce qui vient du cochon!" ajoute Sacha. Ici, les médailles pleuvent alors sortez votre parapluie, les oursins de vos poches et ouvrez en grand les sacs pour les remplir de victuailles. À voir à l’emplacement C98 Oberti et fils.

Estampillées Sud de France, les bières de Méduz ramènent 3 médailles de bronze dans le Gard (Photo Anthony Maurin).
Estampillées Sud de France, les bières artisanales signées Méduz ramènent 3 médailles de bronze dans le Gard (Photo Anthony Maurin).

Dernière pièce du petit puzzle gardois, les bières Méduz. C’est à Uzès qu’est née cette belle marque. Méduz est un mix de Méditerranée et d’Uzès, logique quand on le sait… Mais Méduz est surtout une société fabricant des bières locales. Pour Guillaume, fraîchement entré dans la danse, "La société a 5 ans, compte 2 associés et 2 salariés. En 2016, nous avons vendu 100 hectolitres (NDLR50% en fût et 50% en bouteille)". Une société jeune, en plein essor, alors il fallait se frotter à la concurrence de la capitale. "C’est la première fois que nous venons! Nous avons fait l’effort de créer une bière pour l’occasion, la Triple Smash et elle vient de recevoir une médaille de bronze" poursuit Guillaume le conquérant. Une médaille de bronze qui fait écho aux 2 autres ( pour les bière blonde et brune) glanées au salon.

Une moisson qualitative pour cette première participation. "Ça fait vraiment plaisir. Mais si vous voulez les goûter, vous pouvez les trouver à la boutique de la brasserie à Uzès mais aussi du côté de Nîmes, de Ganges et bientôt de Montpellier. Tous nos produits sont Français, nous avons 6 gammes et il y en a pour tous les goûts!" conclut Guillaume. Comme la société est jeune, elle est pleine d’espoir et d’idées. La prochaine? Peut-être une fabrication bio pour la bière blanche de la maison, d’autres projets sont à l’étude pour 2018… "Nous reviendrons certainement au Salon car c’est une belle expérience. Nous croisons quelques gardois du Gard ou expatriés mais ce qui est drôle, c’est qu’ il y a des visiteurs qui ne viennent que pour nous!" à voir à l’emplacement C150.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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