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UZÈS Budget, subventions, PLU : ce qu’il faut retenir du conseil municipal

L'adjoint aux finances Thierry De Seguins-Cohorn et le maire d'Uzès Jean-Luc Chapon (au premier plan), jeudi soir lors du conseil municipal (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

L'adjoint aux finances Thierry De Seguins-Cohorn et le maire d'Uzès Jean-Luc Chapon (au premier plan), jeudi soir lors du conseil municipal (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le conseil municipal d’Uzès a voté le budget primitif 2017 jeudi soir dans une ambiance tendue entre le maire Jean-Luc Chapon et l’opposition.

Question budget d’abord, pas de surprise après le débat d’orientations budgétaires et la présentation de l’adjoint aux finances Thierry De Seguins-Cohorn du mois dernier.

Budget et subventions

Ainsi, la ville a inscrit au budget primitif 12,6 millions d’euros en fonctionnement et 9,5 millions en investissement, dont 3,4 millions d’euros de restes à réaliser, le tout avec des taux de fiscalité locale inchangés, à 13,13 % pour la taxe d’habitation, 21,37 % pour la taxe foncière et 69,52 % pour le foncier non bâti.

Si les taux ont fait l’unanimité, on ne peut pas en dire autant du budget : Caroline Sépet (liste Ensemble pour Uzès) mettra notamment en regard « les 26 000 euros mis sur les décorations de Noël, je n’ai rien contre Noël, mais c’est un budget assez important quand on sait qu’en face, on attend la réfection des deux escaliers de l’école Jean-Macé, où cette année un adulte a chuté et s’est blessé, et que ça coûterait 6 000 euros. » « On a mis 300 000 euros sur Jean-Macé », rétorquera le maire. Martial Jourdan (liste Uzès +), reviendra sur la liaison inter-quartiers, pour laquelle il affirme ne pas avoir eu de « document synthétique de chiffrage réel avec le prix de l’achat des terrains », avant d’évoquer les contrats de prestations de services : « 680 000 euros en 2017, ça a doublé en 10 ans. Peut-on dire que la qualité des prestations a doublé en 10 ans ? » Jean-Luc Chapon dressera une liste pour lui répondre, partant des tags « qu’on ne sait pas enlever » pour arriver à l’éclairage public, confié au privé et « de plus en plus performant », en passant par le service de nettoyage, duquel « les gens sont satisfaits. » Le budget sera voté avec 6 voix contre, celles de l’opposition.

Autre sujet abordé jeudi soir, les subventions aux associations. Elles augmentent légèrement, passant de 435 800 euros à 437 700 euros en 2017. Une hausse qui concerne principalement le sport, même si les subventions les plus importantes, celles du football (30 000 euros pour l’ESPU) et du rugby (25 000 euros pour le RC Uzès) restent stables. Une disparité que relèvera Christophe Bouyala (liste Ensemble pour Uzès). « Ça dépend du nombre d’adhérents, mais on s’y penchera », répondra le maire, après avoir fait remarquer que la ville « ne baisse pas les subventions. »

Les conseillers d'opposition Martial Jourdan, Lydie Defos du Rau, Christophe Bouyala et Caroline Sépet (de G à D) (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Les conseillers d'opposition Martial Jourdan, Lydie Defos du Rau, Christophe Bouyala et Caroline Sépet (de G à D) (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« On réglera ça en tête à tête »

Enfin, ce conseil municipal a vu une nouvelle fois le sujet du Plan local d’urbanisme, véritable baril de poudre, revenir. Cette fois, c’est à la faveur d’une délibération concernant l’opposition de la ville au transfert de la compétence PLU à la communauté de communes. Enfin, c’est ce qu’on a compris durant la présentation de la délibération, l'opposition de la ville ne figurant pas sur la note de synthèse fournie aux élus et aux journalistes. « On a aucun élément, c’est scandaleux ! », s’agacera Lydie Defos du Rau (liste Ensemble pour Uzès). « Il faut en débattre, ce n’est pas rien », répondra le maire, étonnamment diplomate, avant de motiver la décision de la majorité : « les communes sont déshabillées, on se demande ce que les communes auront encore à gérer quand on leur aura enlevé l’eau-assainissement et le PLU. »

Le maire poursuivra en rappelant que « seules 4 communes sur 32 (de la CCPU, ndlr) sont favorables », en l’espèce Montaren-et-St-Médiers, Flaux, Sanilhac-Sagriès et Vallérargues, pas de quoi convaincre Lydie Defos du Rau : « ce sont des communes où la démocratie municipale est vivante. » « De toute façon vous êtes pour nous imposer le Parc naturel régional, et je rappelle que vous êtes fonctionnaire, donc payée par nos impôts » lancera l’édile à la conseillère d’opposition, salariée du Syndicat Mixte des Gorges du Gardon, visiblement pour la disqualifier (?). « C’est scandaleux », soufflera l’opposante.

Martial Jourdan regrettera ensuite que le conseil municipal n’ait pas de « débat technique » sur cette question. « On est en train de tuer les communes », répètera Jean-Luc Chapon, avant de noter que « si on ne vote pas contre, ça veut dire qu’on est favorables », ce qui est légalement juste. L’opposition refusera de prendre part au vote, « au vu de l’absence du débat technique et des attaques sur notre collègue », justifiera Caroline Sépet. « Il faudra qu’elle s’y habitue ! », lancera, sibyllin et limite menaçant, le maire. « Je ne comprends pas, on est largement dans le champ du personnel », répondra l’intéressée, avant que le maire n’estime devoir « régler ça en tête à tête » avec l’opposante. Ambiance.

Et aussi :

La terrasse de la discorde : on n’en parle pas assez, mais les terrasses sont stratégiques, surtout à Uzès. A l’occasion du vote des tarifs communaux, Christophe Bouyala évoquera le cas de celle du restaurant Chez Cerise, situé place Dampmartin : « vous avez mis des barrières et fait un cas particulier, vous vous êtes ridiculisé », lancera-t-il au maire, évoquant la mise en place de barrières pour limiter la terrasse du restaurant. « J’ai voulu montrer que l’occupation du domaine public dépend du maire, répondra tranquillement Jean-Luc Chapon. Cerise n’a pas à passer outre la décision. » Lydie Defos du Rau estimera pour sa part que « les règles s’appliquent à la tête du client ». « Nous essayons d’être honnêtes avec tout le monde », répondra Jean-Luc Chapon, pendant qu’une lettre manuscrite de la propriétaire de Chez Cerise datant de 2008 et demandant l’utilisation d’une surface d’un mètre devant l’établissement nous était opportunément distribuée. Comme tout est bien qui finit bien, le maire affirmera qu’il va « faire enlever les barrières, en espérant que Cerise a pris conscience que le domaine public ne lui appartient pas. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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