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POLITIQUE Le « triangle d’or », étendu sur trois départements, se constitue en association

Les représentants des exécutifs des 16 intercommunalités impliquées dans le projet du "triangle d'or", jeudi matin au Pont du Gard (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Les représentants des exécutifs des 16 intercommunalités impliquées dans le projet du "triangle d'or", jeudi matin au Pont du Gard (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

C’est un projet initié par le Grand Avignon il y a maintenant un an et demi et qui commence à gentiment prendre forme.

Un projet autour duquel les représentants de 8 communautés d’agglomération et 8 communautés de communes du Gard, de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, d’Alès à Apt et de Bollène à Arles, en passant par Nîmes, Uzès, Beaucaire, Avignon ou encore Bagnols étaient réunis ce jeudi matin au Pont du Gard.

Un territoire de plus d’un million d’habitants

L’idée étant de dessiner des coopérations et des projets communs entre ces différents territoires, et peser dans le nouveau paysage intercommunal du pays. En effet, le territoire couvert par le « triangle d’or » se retrouve entre Montpellier, Lyon et Marseille, trois métropoles face auxquelles il ne sera pas si facile d’exister, malgré un certain nombre de points forts. Unies, ces 16 intercommunalités représentent 1 155 000 habitants, ce qui les placeraient à la cinquième position nationale, plus si loin de Lyon et Marseille.

Pour autant, pas question (en tout cas pour l’instant) de créer une super-agglo, mais un pôle qui travaillerait main dans la main sur le développement économique, le tourisme et la culture. « Je sens une vision commune et une volonté du territoire, il faut aller au delà des voeux pieux, et vers une capacité à décider sous quelle forme on engage des coopérations, et quelles actions précises », explique le président du Grand Avignon Jean-Marc Roubaud, à l’initiative du projet. Un projet qu’il souhaite « dans le respect du particularisme de chacun », d’autant plus que le territoire du « triangle d’or » est vaste et extrêmement varié.

Ce jeudi matin, les différents exécutifs présents ont voté les propositions de thèmes de travail de Jean-Marc Roubaud, à savoir sur le chapitre tourisme créer un parcours Unesco, le territoire concerné détenant rien de moins que le réseau Unesco le plus dense d’Europe, avec Avignon, Arles, bientôt Nîmes (on l’espère), le Pont du Gard ou encore le théâtre antique d’Orange. « Nous sommes en concurrence avec le monde entier sur le tourisme », rappelle le président du Grand Avignon. La mutualisation des outils culturels, ainsi que des achats des intercommunalités est également proposée, et votée, en même temps que le fait de constituer le « triangle d’or » en association, dans un premier temps du moins. Le tout à l’unanimité, signe du chemin parcouru.

« Ce projet est nécessaire pour ce grand delta »

« On est une petite communauté de communes, explique Claude Martinet, président de la Communauté de communes du Pont du Gard. On est tributaires, et parfois en concurrence avec nos voisins. Par exemple, il y a quelques années nous avions l’opportunité d’accueillir un village de marques (à Fournès, ndlr), et quasiment tout le monde autour de nous s’est opposé au projet, qui a fini par se faire ailleurs, dans les Bouches-du-Rhône. Peut-être que si la discussion s’était faite dans le cadre d’une telle structure, on aurait eu ce village de marques. »

« Ce projet est nécessaire pour ce grand delta qui est à l’articulation de deux grandes régions et trois grandes métropoles pour développer notre culture et notre savoir vivre, estime pour sa part le président de la Communauté de communes de Beaucaire terre d’Argence Juan Martinez. Cette démarche permet la valorisation d’une destination, et aussi et surtout que nos populations aiment leur territoire. »

Même son de cloche du côté de l’agglo du Gard Rhodanien, représentée par sa vice-présidente Geneviève Castellane : « c’est extrêmement positif, d’autant que nous vivons bien évidemment avec la rive d’en face. C’est tout à fait innovant comme démarche, et le tourisme ne s’arrête pas aux frontières du département et de la région. »

Chez Nîmes Métropole, représentée ce jeudi matin par son vice-résident Jacky Raymond, on se dit « tout à fait partants pour réfléchir sur des sujets concrets et à ne pas rajouter une feuille supplémentaire au mille-feuilles administratif. » En revanche, hors de question pour la métropole Nîmoise, qui occupe une position centrale, de mettre en concurrence Montpellier et Avignon : « toutes les initiatives de collaborations nous intéressent, c’est dans ce cadre qu’on travaille déjà avec Alès et qu’on a passé un accord cadre sur plusieurs schémas nationaux avec Montpellier et Sète. »

Reste maintenant à voir sous quelle forme ce projet s’inscrira à terme, et si l’association se changera en pôle métropolitain. En attendant que la question soit tranchée, Jean-Marc Roubaud ne cachait pas sa satisfaction de voir le « triangle d’or » ainsi avancer. Une fois le vote à l’unanimité acquis, le président du Grand Avignon s’est tourné vers son homologue du Pays d’Uzès Jean-Luc Chapon : « Il y a trois ans tu n’aurais pas imaginé ça ! »

Et aussi :

Gros sous : dans les faits, les intercommunalités ont déjà de fortes relations au quotidien. Par exemple, en terme de transferts de masse salariale, Nîmes Métropole irrigue les intercommunalités voisines à hauteur de 350 millions d’euros par an et draine environ 150 millions d’euros dans le même temps. Côté Grand Avignon, 500 millions d’euros annuels sont transférés chez les voisins, contre 220 millions qui rentrent dans le même temps.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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1 commentaire sur “POLITIQUE Le « triangle d’or », étendu sur trois départements, se constitue en association”

  1. On défait les départements pour créer d’autres structures de taille sensiblement équivalente.
    Cela se fait dans l’anarchie et suivant les accointances locales de baronnies ou politiques.
    Il faut créer des regroupements pour résister aux grandes métropoles hégémoniques.
    Le résultat d’une politique néolibérale à visée européenne menée depuis des décennies par les princes qui nous ont gouverné et continuent de nous gouverner.
    La photo démontre que se sont toujours les vieux mâles blancs qui gouvernent. A quand une réelle représentation de la société française?

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