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NON ELUCIDE Assassinat de Roger Pérez: la saga sanglante des rois des poubelles

Crime scene investigation, using of dactyloscopic brush to reveal fingerprints

 

Il est 19h, le vendredi 25 janvier 2002. Roger Pérez, 69 ans, s'apprête à quitter son domicile de la rue des Courlis. Il fait nuit noire et le froid a enveloppé la cité balnéaire. Roger Pérez sort de sa villa située près de la caserne de Gendarmerie de la Grande Motte. Il ne se méfie pas mais des hommes l'attendent, armes aux poings.

Exécution à la manière du grand banditisme

Il arrive à proximité de son véhicule lorsque plusieurs coups de feu retentissent. Cinq balles toucheront le retraité héraultais dont le nom résonne depuis longtemps à Nîmes dans le monde de l'entreprise... mais pas uniquement. Lui et son fils, Richard Pérez, ont raflé quelques années auparavant le "juteux" marché de la collecte des ordures ménagères à la barbe du groupe Nicollin. Ce soir de janvier 2002, le patriarche du clan Pérez est exécuté selon la méthode du grand banditisme. Le sexagénaire décèdera quelques heures plus tard.

Pérez père et fils

Lorsque les enquêteurs héritent de l'assassinat, il est difficile pour eux, de séparer le père Roger, du fils Richard. Ce dernier est en prison au moment du drame, pour la série d'incendies criminels qui a détruit les camions de poubelles appartenant à la multinationale qui a succédé au clan Pérez à Nîmes. Des sources proches de l'enquête pensent qu'à travers le père, c'est le fils qui était visé à l'époque et que l'assassinat sonne comme un avertissement pour Richard. Les deux Pérez sont éternellement liés à la saga des poubelles de la ville de Nîmes.

Voyous et emplois fictifs

Roger Pérez, issu d'une famille espagnole modeste parvient à gagner ses galons de "grand" chef d'entreprise avec la société SA Sonire qui emploiera au temps de sa splendeur au début des années 80 jusqu'à 300 employés. Mais à la fin de ces années là, l'entreprise du bâtiment connaît de grosses difficultés financières. Le temps de la reconversion a sonné pour Roger Pérez qui met en selle son fils Richard. Ensemble, ils achètent une flotte de camions poubelles et raflent le marché des ordures ménagères de la ville de Nîmes. Puis Richard Pérez parvient à glaner de très beaux marchés dans le sud de la France. Une ascension fulgurante pour le jeune entrepreneur qui embauche dans sa boîte des membres éminents du grand banditisme... Un parrain et des lieutenants qui trouvent dans la société florissante de Richard Pérez des emplois fictifs sur mesure pour justifier leur train de vie. Des "voyous" qui finiront, pour beaucoup, criblés de balles dans les rues de Nîmes lors des fusillades survenues à la fin des années 90 lorsque l'empire Pérez vacille. Un groupe qui réalisait au temps de sa gloire Nîmoise près de 170 millions de francs de chiffre d'affaires pour 450 salariés.

Le mystère reste entier

L'enquête, elle, sur la mort de Roger Pérez, va rapidement s'enliser, même si les investigations sont nombreuses. Il faut dire que le travail est difficile, tant les pistes se multiplient. Les enquêteurs ne parviendront jamais à approcher de la vérité. Plus de 15 ans après l'exécution du patriarche de la famille Pérez, la justice a officiellement clôturé ses investigations. Le crime reste non élucidé et il reste encore en suspend une foule de questions sur cette exécution. Richard Pérez, lui, a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de séjourner dans le Gard à cause d'une autre affaire criminelle... La justice le soupçonne d'être le commanditaire d'une tentative d'exécution...

Boris De la Cruz

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