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NÎMES Au fil des rues…

Au printemps, pour la Primafresca, durant trois jours la rue Fresque connu une affluence considérable (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Au printemps, pour la festive Primafresca, durant trois jours la rue Fresque connait une affluence considérable (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Vous les avez déjà emprunté ou vous habitez à côté mais vous ne connaissez pas l'origine de leur nom. Cet été Objectif Gard a choisi de vous éclairer sur l'origine insolite de certaines rues de la cité des Antonin. Petit florilège déambulatoire...

Considérée -à, juste titre !- comme l'une des rues les plus animées de l'Écusson, ne serait-ce que pour sa célèbre Primafresca qui draine des milliers de fêtards au printemps, la rue Fesque n'évoque en aucun cas l'art pictural. Plus prosaïquement nommée la Carrièra Fresca (la rue fraîche) en 1824, elle avait été avant quoi appelée rue de la Juiverie car les Juifs y vivaient nombreux au Moyen-Âge depuis 1359. Sous l'arceau, côté place du Marché, se tenait en 1784 une partie des transactions du blé. En 1905, l'historien local Élie Mazel avance une opinion concernant la rue Fresque : "Fresque signifie peut-être honnête, par opposition aux rues mal famées que l'on appellent chaudes..." Bien des années plus tard, si la rue Fresque et ses commerçants apportent tous les gages de l'honnêteté, il n'en est pas moins vrai, qu'en terme d'ambiance, elle reste une des rues les plus chaude de Nîmes...

D'évidence une des plus petites rues du vieux Nîmes (mais pas la plus propre !), située tout près des Halles, entre la rue des Petits Souliers et la rue du Général Perrier, la rue des Tondeurs n'a jamais abrité de coiffeur ni de spécialiste du débroussaillage capillaire des ovins. Nommée successivement rue de Caguensol et rue de la Sabaterie, l'ancienne Carrièra dei Tondeires n'est plus aujourd'hui qu'un fragment de la rue des Tondeurs d'autrefois, qui a disparu en grande partie lors des aménagements de la deuxième moitié du XIXe siècle. Quant aux tondeurs dont il est question, il s'agissait des tondeurs d'étoffes dites de Cadiz, regroupés nombreux dans ce quartier de l'Écusson. Ils bénéficiaient de certains privilèges normalement seul apanage de la noblesse comme celui de...porter l'épée !

Pour trouver une rue au patronyme particulièrement abscons dont une question sur l'origine vaudrait certainement son pesant de cacahuètes au "Jeu des Mille francs" cher à feu Lucien Jeunesse, il faut se rendre au chemin de Russan où une ruelle porte le nom ô combien mystérieux d'Impasse d'Yvesèle. Mystérieux ? Un peu moins dès lors que l'on sait que cette curieuse appellation est tout simplement issue de la contraction de deux prénoms, Yvette et Gisèle, portés par deux filles d'une habitante de l'impasse...

Philippe GAVILLET de PENEY

philippe@objectifgard.com

Source : Les rues de Nîmes (du Moyen-Âge à nos jours) d'Aimat Serre. Édition Talaïa. 

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Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société...

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