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BAGNOLS Les copropriétés paient-elles deux fois leur compteur d’eau ?

La militante de la France Insoumise Geneviève Sabathé, porte-voix des syndics de copropriété sur ce dossier (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

La militante de la France Insoumise Geneviève Sabathé, porte-voix des syndics de copropriété sur ce dossier (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

C’est une ligne, une simple ligne des factures d’eau d’une dizaine de copropriétés de Bagnols qui suscite les interrogations et les soupçons des syndics.

Une ligne intitulée « abonnement », qui fait figurer le nombre de logements de la copropriété et un montant unitaire hors taxes d'environ 13 euros.

« Ils paient la location d’un compteur dont ils sont propriétaires »

Ça n’a l’air de rien comme ça sur des factures de plusieurs milliers d’euros, mais ça peut faire une somme rondelette à l’année. « Ça fait entre 40 et 50 000 euros à l’année, rien que sur Bagnols », affirme l’Insoumise Geneviève Sabathé, qui joue dans ce dossier le rôle de porte-voix. L’ancienne candidate FI aux législatives à Bagnols affirme avoir été contactée par les syndics de copropriété, des syndics qui estiment que ces sommes seraient indues : « cette ligne concerne le compteur de chaque copropriétaire, pas le compteur général qui est le seul à être propriété de Véolia », affirme la militante.

La conclusion est limpide : « ils paient la location d’un compteur dont ils sont propriétaires », affirme Geneviève Sabathé, tout en précisant que les locataires ne seraient pas concernés. Le tout pour un montant de 20 euros annuels par compteur, tel que précisé dans la délégation de service public signée avec la ville de Bagnols en 2007. Or, les copropriétaires paient environ 13 euros chaque semestre, une augmentation qui interroge également l’Insoumise. Par ailleurs, Geneviève Sabathé souligne une légère différence de prix entre les copropriétés, de quelques centimes.

Véolia se défend et plaide la « méprise »

Côté Véolia, on plaide la « méprise » : ce montant est « celui de la part fixe, le coût des services comme la réparation de fuites, ce n’est pas du tout lié à une location ou un coût d’abonnement d’un compteur, ça n’a rien à voir », nous indique la direction régionale. Et il n’y a aucune raison que les copropriétaires y échappent : « ce n’est pas lié au nombre de branchements, mais au nombre d’habitations desservies par le branchement, tous les usagers participent au financement du coût du service, il n’y a pas de distinguo. » Y compris entre les propriétaires et les locataires.

Certes, mais l’augmentation ? « Le prix était de 20 euros à la signature du contrat en 2007, mais il a été réévalué par la collectivité entretemps », affirme Véolia. Quant à la variation de prix de quelques centimes, Véolia ne nous a pas donné de raison précise, mais nous avons pu remarquer que sur les factures que nous avons consulté, la seule présentant un prix différent était également la seule à concerner le premier semestre 2017, là où les autres sont toutes établies pour le second semestre.

Reste que Geneviève Sabathé envisage d’organiser une « réunion d’information pour les copropriétaires en septembre », évoque la possibilité d’une « class action » en justice et plus largement compte s’emparer du dossier pour « entamer le débat sur la régie publique de l’eau, sachant que le contrat de Véolia arrive à échéance en 2018. » De son côté, Véolia rappelle que « quand on est en régie, on paye aussi une part fixe. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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