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FAIT DU JOUR Jérôme Robert, ce Gardois qui créé des simulations de courses auto

Jérôme Robert modélise des voitures de course et des circuits (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Jérôme Robert modélise des voitures de course et des circuits (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Comme beaucoup de personnes, Jérôme Robert a un ordinateur sur son bureau, à l’étage de sa maison quelque part dans l’Uzège. Sauf que le sien est agrémenté d’un volant, d’un pédalier, d’un levier de vitesses et d’un tableau de bord.

A 40 ans, ce Bagnolais d’origine est un véritable mordu de sport automobile, et vit sa passion à travers le virtuel.

Des voitures plus vraies que nature

« Je suis de la génération jeux-vidéo, tous les Gran Turismo, Forza, etc. », lance-t-il comme un début d’explication. Seulement voilà, dans ces jeux, « il n’y a que des Porsche ou des Ferrari, c’est toujours les mêmes voitures. » C’est ainsi qu’il y a près de deux ans, il se met en tête de modéliser d’autres voitures de course, plus populaires ou bien plus rares. « Je pars des plans du constructeur, et je modélise la voiture point par point », explique-t-il.

A son palmarès, des Renault anciennes, des modèles de la marque Cévenole PGO, ou encore une barquette d’un petit constructeur Breton, Funyo. « Ce modèle a été téléchargé 20 000 fois, et j’ai eu pas mal de retours des pilotes pour améliorer la physique de la voiture. » Car les voitures créées par Jérôme Robert ne sont pas de simples créations graphiques : « elles sont à l’échelle, respectent le nombre de pièces, et je travaille les sons et la physique. »

Autodidacte, il récupère les sons des moteurs « sur Youtube, avant de les sampler pour retrouver le son du ralenti et des différents régimes », et modélise la physique, à savoir le comportement routier, « par (son) expérience et grâce aux retours des pilotes. » Un travail de Romain, qui lui prend « six à huit mois par voiture. »

Le Pôle mécanique d’Alès, mais virtuel

Jérôme Robert avait donc déjà de quoi s’occuper, quand au début de l’année il décide de s’attaquer aux circuits, pour la même raison que pour les voitures : changer un peu des Monza et autres Laguna Seca que tous les amateurs de jeux-vidéo connaissent par coeur. Il modélise de nombreux circuits et spéciales de rallye, souvent locaux, comme le circuit du Pôle mécanique d’Alès, une spéciale du Rallye des Vins à Collias ou encore des circuits de kart.

« J’utilise Google Maps, je récupère les données de relief et j’ai un logiciel qui me permet de récupérer toute la géographie », explique ce passionné. Il se lance ensuite dans une véritable enquête, en allant voir des vidéos de tours du circuit en question, en récupérant les dimensions exactes du tracé… « Il y en a pour deux à quatre mois par circuit », estime Jérôme Robert qui, en bon perfectionniste, va jusqu’à inclure le détail de panneaux routiers ou de maisons situées à proximité du circuit dans ses créations, conçues pour tourner sur la simulation Assetto Corsa.

« Ce n’est pas pour remplacer le réel, c’est complémentaire »

C’est que Jérôme Robert ne fabrique pas un jeu vidéo, mais des simulations. « Cette discipline a été initiée et reconnue dans l’aviation, et Il y a une grosse accélération dans l’auto », affirme-t-il. Et il n’est pas question de remplacer la course « physique » : « ce n’est pas pour remplacer le réel, mais c’est complémentaire », martèle le Gardois, qui voit dans la simulation automobile un intérêt, notamment pour les pilotes.

« Il y a de plus en plus de demandes sur le rallye, car désormais les pilotes n’ont plus droit qu’à trois essais, et la moindre faute peut coûter très cher. » Clairement, s’entraîner sur une simulation, avec physique et textures réalistes, gestion de l’usure des pneus, du carburant et des dégâts, peut s’avérer un indéniable plus, sur piste comme sur circuit. Et pour le commun des mortels, se glisser dans la peau d’un pilote sur un circuit ou une spéciale situé à quelques kilomètres de chez soi est pas mal non plus.

Véritable stakhanoviste de la simulation, Jérôme Robert confie passer « cinq à six heures par jour », en dehors de ses heures de travail, sur sa passion. De quoi se faire une place dans la communauté des fans de sport auto : il revendique de nombreux retours positifs et plus de 80 000 téléchargements de ses créations, qu’il entend dorénavant monnayer. « Il y a une réelle demande, mais les gens n’ont pas idée du travail que c’est et du temps que ça prend », justifie-t-il.

Il a également pris contact avec la Fédération française du sport automobile : « ils n’ont pas été sourds à ma demande, j’ai pu montrer mon travail au président régional », souligne-t-il. Une manière de vivre sa passion qui, il l’espère, lui permettra à terme de « (se) rapprocher des grands pilotes de la région et des ambassadeurs du sport auto. » Cette fois ci dans le monde réel.

Pour avoir une idée des créations de Jérôme Robert, c’est ici.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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