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RÉVÉLATION Parcours et personnalités des djihadistes nîmois partis au combat

Photo d'illustration

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Pendant une semaine les juges du tribunal correctionnel de Paris devront juger, une femme et 4 Gardois qui sont soupçonnés d'avoir fait partie ou avoir organisé "une filière d'acheminement de volontaires djihadistes en Syrie, groupe disposant de contacts dans ce pays et permettant à des volontaires se trouvant en France de rejoindre des groupes terroristes afin d'y suivre un entraînement militaire dans le but de combattre", explique l'ordonnance de renvoi devant le tribunal de Paris.

Afin de mieux comprendre le procès, penchons-nous sur le profil et les renseignements obtenus par la justice concernant les quatre Nîmois poursuivis.

Il y a d'abord Anas O, 32 ans. C'est l'un des deux hommes à l'origine de l'enquête débutée sous les ordres du Procureur de Paris. Selon les éléments recueillis lors des investigations, ce serait lui qui aurait  organisé les départs. Il aurait recruté des volontaires aux combats dans les quartiers populaires de Nîmes dont il est issu, puisqu'il a grandi au quartier Pissevin à Nîmes. Il a été interpellé le 17 juin 2014. Les enquêteurs ont établi qu'il s'était rendu en Syrie à partir d'août 2012, en compagnie d'Axel. Il serait revenu en France en catimini pour se faire soigner après une blessure infligée en Syrie et il a, selon l'accusation, un souci permanent de discrétion. L'enquête le cible également "avec un rôle logistique. Il était chargé de récupérer de l'argent destiné à être envoyé en Syrie à des combattants de l'Etat Islamique". En regard de l'enquête qui a été menée, il serait le "sachant religieux" de ce groupe de Nîmois. Il a été condamné le 21 juillet 2015 par le tribunal correctionnel de Toulouse à 4 ans d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis, pour "vol et infraction à la législation sur les armes."

Un autre homme vivant à la ZUP est amené à comparaître devant la justice parisienne. Il s'agit de Mohamed S., 30 ans, parti pour la Syrie à la mi-septembre 2013. Le 16 septembre de cette année-là, il rejoint la Turquie, puis prend un vol Istambul-Gaziantep. Il reste 10 mois en Syrie, d'abord à Azaz, puis à Raqqa. Il a reconnu sa participation à des entraînements aux armes et aux grenades et avoir suivi "un endoctrinement religieux." Il a expliqué qu'il était équipé là-bas d'une ceinture explosive et qu'il a été chargé notamment de garder le tribunal islamique. Après s'être épanché sur sa vie de combattant, il est revenu sur ses déclarations et il a minimisé son rôle. Il a également participé à une vidéo sur Youtube qui ordonnait aux musulmans de rejoindre le Califat. Il a été expulsé de Turquie en août 2014 et a été arrêté en France pour sa participation à une activité terroriste. Mohamed S.  a été condamné en 2007 à 6 mois de prison avec sursis devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour des faits de" violences sur une personne chargée d'une mission de service public." Avant de se radicaliser, il était commerçant dans le centre-ville de Nîmes où il avait pour voisin un certain Djeson B., qui tenait un snack.

Le troisième prévenu, Djeson B., 31 ans, est un converti. Il estime "qu'un musulman a le droit de voler un non musulman." Très radicalisé, il a grandi dans un village proche de Nîmes où il allait à l'école avec un autre personnage évoqué dans ce dossier, Axel, qui lui est probablement mort au combat. Commerçant, il serait également lié à son voisin de palier, Mohamed S. qu'il aurait rencontré par hasard, selon ses propres déclarations, devant une mosquée en Turquie en 2013. La police estime que les deux hommes sont entrés ensemble sur le sol syrien. Djeson B. se serait converti par Internet avant de rencontrer des "guides spirituels" sur Nîmes. De retour de Syrie, il aurait commis une série de délits et de crimes qui vont le faire comparaître prochainement devant la Cour d'Assises de Nîmes juste après son jugement devant le tribunal de Paris... Il est en effet accusé de vol avec violences d'une voiture dans les rues de Nîmes, d'une tentative de braquage et d'un braquage dans deux supermarchés de Garons et Caissargues en 2014. Il affirme être une "nourrice" d'arme, collectionne les fusils et prétend les réparer. Il a été arrêté dans le dossier parisien en octobre 2014. Son casier porte mention de deux condamnations, dont une pour des menaces de mort.

Le dernier prévenu est le plus jeune. À 23 ans, Benoît R. a grandi dans un petit village de l'agglomération de Nîmes. Il est le seul des quatre prévenus à ne jamais avoir été condamné. Lorsqu'il s'est rendu en Syrie en 2013, entre juillet et septembre, il n'avait que 19 ans. Il évoque un combat dans une conversation téléphonique interceptée par les services de renseignements. De lui on a retrouvé des photos où il figure en tenue de combattant, porteur d'une ceinture explosive et s'entraînant aussi au fusil d'assaut. Peu bavard, les enquêteurs estiment qu'il devait être blessé et qu'il est revenu en France au bout de 2 mois pour se faire soigner. Il est le seul dans les conversations téléphoniques qui parle d'actes violents à commettre en France. Il voulait repartir en Syrie en 2014 lorsqu'il a été interpellé.

La suite de nos révélations à 15h ...

Boris De la Cruz

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