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GARD Loi travail : pas « fainéants » pour aller dans la rue !

De 1400 à 2000 personnes dans les rues à Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
De 1400 à 2000 personnes dans les rues à Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Première manifestation de rentrée, ce mardi, contre la réforme du code du travail. Plusieurs milliers de personnes sont descendus battre le pavé à Alès, Bagnols et Nîmes.

Après la pause estivale, les opposants à la réforme du code du travail n’ont pas perdu la main. A Alès, ils ont repris avec détermination leurs bonnes vieilles habitudes : dès 10h30, le camion de la CGT crachait ses habituelles chansons de protestation, laissant le temps aux manifestants de se rassembler en agitant leurs banderoles et leurs pancartes noircies de slogans accrocheurs. Les prises de paroles des différents représentants syndicaux se sont enchaînées devant la sous-préfecture, avec toujours le même fil rouge : « le massacre du code du travail ».

« Avec les ordonnances de Macron, nous serons tous démunis de protection sociale et juridique ! », lâche une militante pour Solidaires. « Ce n’est pas en baissant les droits des salariés et en dénigrant le peuple que l’économie va être relancée », ajoute Martine Sagit pour la CGT. Alain Perrod, pour FSU, cite quelques exemples de mesures « qui vont peser » : « les congés pour enfants malades ou encore l’allègement de temps de travail pour les femmes enceintes pourraient être remis en cause. », répète-t-il devant une foule dissipée et très nombreuse : 1400 manifestants selon la Police, plus de 2 000 selon les syndicats. Tout ce beau monde a ensuite traversé bruyamment le centre-ville.

La manifestation s'est tenue devant la Poste, à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La manifestation s'est tenue devant la Poste, à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

À Bagnols, « plus de 300 » personnes, d’après la CGT, ont manifesté à la mi-journée devant la Poste. On y retrouvait des membres de la CGT donc, mais aussi de FO. Côté politiques, plusieurs militants PS étaient présents, dont l’adjointe Bagnolaise Emmanuelle Crépieux. « Quand Philippe Martinez (numéro un de la CGT, ndlr) est venu dans le Gard la semaine dernière, les journalistes me demandaient si on ne se sentait pas un peu seuls. Eh bien, je ne me sens pas seul du tout ! », a lancé le secrétaire l’union locale CGT de Bagnols, Patrick Lescure, en guise de propos liminaire.

Et si au niveau national FO n’appelait pas à manifester et semble retenir ses coups contre la réforme, le secrétaire de l’union locale FO Jacques Massador n’y est pas allé de main morte : « cette réforme, c’est travailler plus pour moins d’argent, moins de sécurité, moins de reconnaissance et de dignité. Ça s’appelle de l’esclavage ! »

Son homologue CGT dénoncera le « peu de considération (du président Macron, ndlr) envers les salariés, les retraités et les privés d’emploi. » Un président que le cégétiste affublera du sobriquet de « Perlimpinpin Ier » avant d’affirmer que « le 31 août, lorsque les ordonnances ont été dévoilées, aucun syndicat de salarié n’a crié victoire. Par contre, Gattaz (le président du MEDEF, ndlr) était tellement satisfait, qu’il était à la limite du priapisme aigu. » Passant aux ordonnances, Patrick Lescure a dénoncé un texte ne faisant preuve « d’aucune modernité » et constituant selon lui « un permis de licencier à tout va, et la précarisation à tous les étages. »

À Nîmes, la place de la Maison carrée était bondée Photo : Phillippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
À Nîmes, la place de la Maison carrée était bondée Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

"Vous êtes 2 000 fainéants ! Et d'autres arrivent encore", crachait le mégaphone de la CGT. De mémoire de Nîmois, cela faisait bien longtemps qu'une telle mobilisation ne s'était faite jour. Militants syndicaux et politiques (Sud territoriaux, CGT, SNES, FSU, FO,Solidaires, France insoumise, PC, PS, CNT...) ou simple quidams, ils étaient finalement certainement beaucoup plus que ça hier après-midi à se rassembler devant la Maison carrée de Nîmes pour protester contre la loi travail version gouvernement Édouard Philippe.

Le capitaine Haddock était de la revue. Et on ne lui en voudra pas pour sa petite faute dorthographe à Illettré ! Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Le capitaine Haddock était de la revue. Et on ne lui en voudra pas pour sa petite faute d'orthographe à Illettré ! (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Parmi les slogans on remarquait "je suis un fainéant", "En marche ou crève", et un poétique "Nuit debout, rêve général" qui résumait l'état d'esprit qui régnait dans le cortège.

Jeanne à droite", était venu pour sinformer... Photo : Philippe Gavillet de Peney/objectif gard)
Jeanne (à droite), était venue pour s'informer... (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

"Je ne suis pas très objective car je ne suis pas très au courant", racontait Jeanne, une Nîmoise de 24 ans venue manifester avec une amie. "Je suis venue pour m'informer sur la loi, me tenir au courant et par solidarité pour défendre les acquis sociaux. Avec ce gouvernement, je trouve qu'on régresse."

Farid défend le principe de solidarité Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Farid défend le principe de solidarité (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Accouru de Vergèze avec son fils, Farid, un jeune éducateur spécialisé de 31 ans dressait son propre constat : "Dans ma famille, nous sommes plutôt de Gauche mais les partis qui la représentent n'appliquent pas une politique de Gauche. Ce à quoi on assiste, c'est l'accumulation des pratiques des gouvernements qui se sont succédé ces dernières années. Je viens défendre le principe de solidarité. Je reste progressiste et attaché à une évolution mais taper sur les plus faibles n'est pas la bonne voie. Cette loi travail en est la parfaite illustration."

Les professionnels de santé ouvraient le cortège Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Les professionnels de santé ouvraient le cortège (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Après une longue litanie de prises de parole, c'est au son du canon que le long cortège polychrome s'est mis...en marche (sans point d'exclamation) pour emprunter le parcours « Canal historique » des manifestations nîmoises (Boulevard Victor-Hugo, angle Cité Foulcq, square du 11 nombre, avenue Feuchères) pour gagner la préfecture où une délégation devait être reçue...

Reportage : Élodie BOSCHET, Thierry ALLARD, Philippe GAVILLET de PENEY

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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8 réactions sur “GARD Loi travail : pas « fainéants » pour aller dans la rue !”

  1. J’ai participé au rassemblement à la maison carrée parce que la loi travail est une escroquerie qui exacerbera la concurrence entre les TPE/PME/PMI et donc entre les salariés au profit dans grandes entreprises et des groupes qui tireront l’ensemble vers le bas et faire tourner la bourse à plein régime.
    L’immigration à marche forcée entre dans ce cadre.
    Macron est à la baguette pour jouer la partition ultra libérale de la philosophie politique U.Européiste. Que peut on attendre de mieux de la part d’un cerveau formaté et nourrit au système qui l’a propulsé pour cela.
    La question est : comment dépasser les rassemblements et les manifs ?
    Il appartient aux politiques d’écouter les Français et de leur proposer un projet cohérent, qui les rassemble, dans lequel ils se retrouvent.

    Th.J conseiller FN Nîmes

    1. « d’écouter les Français et de leur proposer un projet cohérent, qui les rassemble, dans lequel ils se retrouvent »

      Vous dénoncez cela mais tous les partis politique FN y compris, au pouvoir, auraient du suivre les G.O.P.E et donc suivre cette politique ultralibérale… rien de nouveau pour les Français.

  2. Il faut offrir un bleu de travail à ce cynique , extrémiste pro MEDEF et fainéant Macron. Puis le prendre sur un chantier quelques jours. Il cessera peut être d’insulter les citoyens travailleurs.

  3. Le Fn est favorable à la casse du code du travail. Dans leur programme,il est bien indiqué qu’ils sont pour la négociation entreprise par entreprise (= inversion de la hiérarchie des normes) là ou souvent il n’y a pas de syndicat. Ils sont aussi pour la suppression des cotisations sociales.

    1. Monsieur Plumo,

      Je vous invite à consulter le site du FN avec notamment l’intervention de Marine à l’assemblée.
      Je crois que les Français ne sont pas dupes et qu’ils savent que le FN propose un projet global.
      Les TPE/PME/PMI doivent être entendues et l’intérêt des salariés préservé. N’opposons pas les uns aux autres.
      La loi travail, la loi Macron n’est pas bonne parce qu’elle précarise les uns et les autres au profit des groupes qui feront pression sur l’ensemble pour satisfaire les grands actionnaires qui iront « optimiser » leurs dividendes au Luxembourg, en Suisse, dans les îles Jersey … au cœur d’une Europe qu’il est grand temps de refonder.
      Le FN nouveau arrive.
      Avec mes salutations Monsieur Plumo.

  4. Le FN a 2 lignes en matière économique et sociale : la première , historique, incarnée par Jean-marie Le Pen et sa petite fille Marion + Menard etc très reagano-tatchérienne , hostile au monde du travail, aux syndicats , aux lois sociales etc…la seconde, plus interventionniste, plus sensible aux acquis sociaux ( du moins en apparence) incarnée par Philipot et visiblement c’est à cette seconde ligne que se raccroche T Jacob. Pas sûr qu’elle soit majoritaire dans le staff du FN.

  5. Si tous les électeurs du fn lisaient le programme, je pense, qu’il y aurait de la perte… Le Pen a déroulé le tapis rouge à Macron entre les 2 tours car le Fn est dans la continuité des autres gouvernements du point de vu économique. Quelques électeurs se sont rendus du compte de la mascarade Fn. Maintenant le Fn va copier Mélanchon et re pomper dans certains cahiers syndicaux pour ripoliner les discours mais dans la pratique et dans le programme c’est le contraire…

  6. Les Insoumis étaient en nombre dans les manifs du 12. Ne relâchons pas la pression, soyons encore plus nombreux le 21 et surtout le 23, pour une marche contre le « coup d’Etat social » de Macron et sa « bande »!!

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