GARD Un guérisseur accusé d’attouchements

Le Palais de justice. EL/OG

Le Palais de justice. EL/OG

Un guérisseur gardois de 77 ans est accusé d’agression sexuelle par une de ses patientes. Le procureur a requis deux ans de prison.

La victime présumée – « encore choquée », selon son avocate – n’a pas voulu assister à l’audience. Le guérisseur, âgé et aveugle, était quant à lui bien présent devant le tribunal correctionnel d’Alès pour répondre de ses actes. Des faits qu’il nie en bloc : « Je suis certain que cette femme n’est jamais venue en consultation », assure-t-il.

Pourtant, cette dernière affirme avoir consulté le guérisseur à trois reprises pour d’importants problèmes de dos. Dès son premier rendez-vous, la patiente aurait remarqué des gestes étranges : « A la fin du soin, il m’a fait mettre les bras autour de son cou et m’a serré. On était torse contre torse », explique-t-elle aux enquêteurs lors de son audition. Lorsqu’elle revient quelques jours plus tard, elle raconte cette fois que le magnétiseur aurait « frôlé son sexe sur la culotte », qu’il aurait à nouveau pratiqué « le torse à torse » avant de lui faire, en fin de séance, un bisou sur la bouche en lui disant « c’est de l’amour ».

Malgré cette succession d’événements, la victime présumée prend rendez-vous une troisième fois. Celle de trop selon elle… Ce jour-là, le magnétiseur aurait pratiqué des attouchements pendant une dizaine de minutes. « Je me suis mise en off, j’attendais qu’une chose, payer et partir », indique-t-elle en audition.

« Je ne peux avoir aucune attirance, je ne vois rien »

Guérisseur depuis près de 40 ans, le septuagénaire est une figure de son village. Il soigne les gens chez lui, dans une pièce spécialement aménagée. « Jamais quelqu’un n’est descendu de ma table en me faisant la moindre réflexion ! », répète-t-il.

Deux de ses patientes, appelées à la barre du tribunal pour témoigner, décrivent un guérisseur loin de tout soupçon : « Je le connais depuis sept ou huit ans. C’est quelqu’un qui m’a beaucoup aidé, qui n’a jamais eu de geste déplacé. Pour moi, c’est une blague cette affaire », déclare l’une d’elles. Selon le vieil homme, la victime présumée « a fait un montage machiavélique de cette histoire. » Il poursuit : « Je ne peux avoir aucune attirance pour les personnes, je ne vois rien ! »

Le procureur Sébastien Sider, estime que le vieil homme a « peut-être pu déraper, avoir un moment d’égarement dans sa pratique. » Il requiert deux ans de prison dont un avec sursis. Maître Jean-Philippe Galtier, avocat de l’accusé, espère convaincre le tribunal de l’innocence de son client en précisant que la plaignante « est addict au cannabis à hauteur de 10 joints par jour ». Il conclut : « La parole d’une droguée n’est absolument pas fiable. » La décision sera rendue le 6 octobre.

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