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FAIT DU JOUR Viticulteurs VS réchauffement climatique

(Photo Domaine de la Patience)
(Photo Domaine de la Patience)

On le sait, cette année la sécheresse a durement impacté les récoltes, vendanges avancées et production réduite. On n'avait jamais vu ça depuis 1945. Depuis que l'homme cultive la terre, le climat fluctue et les années se suivent fastes ou catastrophiques. Oui mais voilà, une étude climatique pointue  montre que la sécheresse enregistrée cette année dans la région ne sera pas exceptionnelle mais va devenir factuelle. En cause le réchauffement climatique. Face à ce phénomène, des mesures à long terme s'imposent.

Trouver des solutions au changement climatique

Indéniablement, ces changements climatiques doivent amener à multiplier les stratégies d’adaptation dans les années à venir. La recherche agronomique s’est emparée de ce sujet. La solution l’irrigation des vignes dans les vignobles méridionaux en réponse à ces changements, pour permettre de compenser le manque de pluie et garantir le bon développement des vignes mais aussi pour «s’opposer» aux températures estivales extrêmes.

Un terroir sensible à la sécheresse

L’étude technico-économique conduite par la Chambre d’Agriculture du Gard a montré que : "Les conditions pédoclimatiques de la zone d’étude ne permettent pas un bon fonctionnement hydrique de la vigne chaque année. Les sols très caillouteux assurent une faible réserve en eau. Le stress hydrique affecte le rendement et le profil qualitatif des vins. L’irrigation permet de fiabiliser le volume et la qualité de la production en maitrisant l’intensité de la contrainte hydrique." La gestion de l’eau permet également de pratiquer l’enherbement des vignes, limite les pollutions et l’érosion, améliore la qualité des AOP (gestion vigueur) et la longévité du vignoble. L’équipement d’un réseau d’irrigation sur ce territoire est donc une réponse adaptée au changement climatique.

Une étude de faisabilité

Conduite par BRL en 2016, en collaboration avec de la Chambre d’Agriculture du Gard et les Caves Coopératives, les objectifs de cette étude étaient de vérifier la faisabilité technique et financière d'un projet d'irrigation. Elle a conclue à une zone des Costières de Nîmes sensible au stress hydrique. Pour l'irrigation, une ressource nécessaire et sécurisée en eau est disponible et suffisante pour stabiliser une production viticole de qualité. En effet le Réseau Hydraulique Régional à proximité, alimenté par le Rhône permet d'irriguer plus de 400 ha de vigne.

Un projet, un engagement, des soutiens…

Ce projet est soutenu par les structures coopératives locales. Mais des contraintes techniques pèsent sur les couts : Nécessité de nouvelles stations de pompage (hauteur du plateau), une géographique contraignante (plateaux et talwegs), qui impose un linéaire de conduite important, des mesures d’évitement adaptées aux enjeux environnementaux  (sites et animaux protégés). Lors de la mise en irrigation, la filière s'engage sur des actions de formation et d’appui technique avant la mise en eau des réseaux, afin d’assurer une pratique raisonnée de l’irrigation goutte à goutte, respectueuse de l’environnement et de la ressource en eau.

 Un enjeu économique fort pour le territoire

"Au niveau des exploitations, l’irrigation est rentable. Elle dégage un revenu net de 200 à 400 €/ha qui assure un retour sur investissement en 5 à 7 ans. Les viticulteurs sont en mesure de participer au financement de l’investissement du réseau collectif à hauteur de 1000 €/ha environ pour un coût global de 7500 €. L’irrigation permettra d'accompagner le plan stratégique des entreprises qui pourront s’adapter au marché en «lissant les effets millésimes » et en permettant de produire des types de vins différents (évolution des profils qualitatifs) de poursuivre le développement du marché AOP Costières, de poursuivre le développement à l’export en collaboration avec Sud de France, de développer la vente directe et en caveaux, de faciliter la transmission et d'attirer des jeunes viticulteurs sur des parcelles irriguées.

Selon Denis Verdier président du syndicat IGP Gard, "Au niveau du territoire l’équipement à l’irrigation va se traduire par Le maintien de l’activité agricole sur les Costières, le maintien de l’emploi direct et induira le développement de l’œnotourisme et de la fréquentation touristique. Enfin, elle maintiendra le paysage dans le cadre de la « Charte paysagère des Costières »."

Ce projet est promu et soutenu par les deux grandes structures coopératives et les vignerons indépendants de la zone Vignerons propriétés associés Rhône Méditérannée, Les Maîtres vignerons de Vauvert et Gallargues, soutenu par la Région, la Compagnie du Bas Rhône et par l'autofinancement des viticulteurs. Il cherche encore des soutiens mais a, à priori, le mérite d'anticiper sur une sécheresse récurrente et annoncée. À suivre donc…

Véronique Palomar

 

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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