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GARD Sécheresse : des mesures exceptionnelles de restriction des usages de l’eau

Photo d'illustration Objectif Gard
Photo d'illustration Objectif Gard

Ce mardi 26 septembre 2017, le Préfet du Gard a réuni le comité de suivi de la sécheresse pour faire le point sur la situation hydrologique du département. Après un été marqué par un déficit historique de précipitations, une grande partie du département présente une situation hydrologique particulièrement préoccupante.

L’état des cours d’eau principaux et secondaires, déjà fortement impacté par la sécheresse estivale, poursuit sa dégradation. De plus, le soutien d'étiage du Gardon et de la Cèze assuré jusqu’à présent par les barrages cévenols, devrait s'arrêter mi-octobre, dès que les niveaux minimums des réserves seront atteints. Dans ces conditions, les tensions sur la ressource en eau risquent de s’amplifier.

En ce qui concerne les nappes phréatiques, les niveaux, pourtant satisfaisants avant l'été, sont désormais particulièrement bas sur certains secteurs, leur recharge automnale n'ayant pas encore débuté.

Cinq nouveaux secteurs viennent d'entrer dans une situation de crise : les bassins versants du Vidourle, du Gardon amont, de la Cèze amont et de la Cèze aval, et la nappe des calcaires urgoniens du bassin versant du Gardon.

Selon les prévisions de Météo France, des conditions estivales sont attendues pour les 10 prochains jours au moins, avec des températures élevées pour la saison et peu de précipitations. L'épisode de sécheresse en cours depuis 5 mois, devrait donc se poursuivre sur le département.

En outre dans les départements limitrophes  :

- les bassins versants des Gardons cévenols, de l’Ardèche et du Vidourle sont en alerte de niveau 2 ;

- le bassin versant de l’Hérault est en alerte de niveau 1.

 

Compte tenu de cette situation exceptionnelle pour un début d’automne et des perspectives météorologiques, le Préfet du Gard a décidé de renforcer les mesures de restriction des usages de l’eau et :

  • de placer en niveau de crise les bassins versants du Vidourle, du Gardon amont, de la Cèze amont et de la Cèze aval, et la nappe des calcaires urgoniens du bassin versant du Gardon,
  • de placer en alerte de niveau 2 le bassin versant du Vistre et la nappe de la Vistrenque et des Costières,

Les mesures déjà en vigueur et maintenues sont les suivantes :

L’alerte de niveau 2 sur le bassin versant de l'Ardèche, le niveau 1 sur les bassins versants de l'Hérault et de la Dourbie, et la vigilance sur le bassin versant du Rhône.
Les mesures de restrictions de l’eau sont destinées à garantir les besoins prioritaires notamment l’alimentation en eau potable, la salubrité en aval des agglomérations et la protection des milieux naturels.

Elles sont rappelées ci-dessous :

  • En alerte de niveau 1, sont interdits le remplissage des piscines privées, le lavage des voitures, l’irrigation agricole et des jardins potagers entre 10h00 et 18h00 (sauf pour les modes d’irrigation économes en eau), et le fonctionnement des fontaines en circuit ouvert. Concernant l’arrosage domestique (pelouses, jardins d'agrément…), les terrains de golf, et les espaces sportifs, l'interdiction s'étendentre 8h00 et 20h00.
  • En alerte de niveau 2, les interdictions supplémentaires concernent l’arrosage des espaces sportifs ainsi que celui des pelouses et espaces verts privés et publics. L’irrigation agricole est quant à elle permise uniquement une nuit sur deux, entre 20 h 00 et 8 h 00 (sauf cultures sous contrats ou mode d’irrigation économe). En crise, seuls sont autorisés l'abreuvement des animaux et les usages prioritaires de l'eau, concourants à l'alimentation en eau potable des populations, à la survie des espèces aquatiques, à la sécurité civile, et à la salubrité publique.

Ces mesures de restrictions ne sont pas applicables aux usages dont l’eau provient du canal BRL alimenté par le Rhône ou de retenues dont l’eau a été stockée en période où la ressource était abondante ou de la nappe d’accompagnement du Rhône.

Sur les territoires classés en vigilance, il est demandé à chacun d'adopter un comportement écoresponsable, en utilisant l'eau de manière mesurée.

Le détail de ces mesures est disponible sur le site des services de l’État dans le Gard (http://www.gard.gouv.fr/).

Des arrêtés de restriction d’usage de l’eau plus contraignants peuvent être pris par les maires si la situation sur leur territoire le nécessite.

Le prochain comité de suivi de la sécheresse pourra se réunir le 9 octobre prochain. A l’issue de ce comité et selon l’évolution de la situation, le Préfet du Gard pourra être amené à durcir les mesures de restrictions et de limitations des usages.

Etiquette

Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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2 réactions sur “GARD Sécheresse : des mesures exceptionnelles de restriction des usages de l’eau”

  1. Bonjour Abdel Samari, je suis passionné de météo depuis l’enfance, je vais vous livrer mes impressions. Votre article est bien rédigé.
    Maintenant parlons clairement, ça ne vas pas bien et ça s’aggrave pour nos contrées méditerranéennes.
    Il est clair que l’évolution climatique du pourtour méditerranéen est préoccupante,la raison météo est l’anticyclone des Açores qui reste de plus en plus souvent vissé sur l’Espagne. Ainsi, il dévie le flux au nord-ouest ou au nord, générant sans arrêt du mistral et de la tramontane. Les masses pluvieuses qui descendent du nord-ouest de la France vers le sud-est sont arrêtées par le relief de la montagne noire et des Cévennes. J’ai bien peur que nous assistions à une évolution dramatique de notre climat qui signerais l’arrêt de mort de notre ex-région Languedoc-Roussillon, et celle de la région PACA, une région promise à la désertification ne peux pas continuer à supporter trois millions d’habitants sans ressources en eaux. Le passage en climat aride, qui est en cours, entraînera fatalement à terme des migrations climatiques vers les régions ou il pleut: le littoral Atlantique par exemple.
    L’omniprésence du Mistral et de la Tramontane flingueront le tourisme estival car les vacanciers ne supporteront pas longtemps un vent qui refroidis la mer et jette vos affaires en l’air, sans compter le sable dans les yeux. Et les campings privés d’eau pour se laver!
    Nos foret de pins brûleront et les arbres qui échapperont au feu crèveront de soif.
    Nos cours d’eau se retrouveront à sec et nos vignes seront mortes elles aussi. Tout ceci est en cours, nous sommes au début.
    L’agriculture ne sera plus possible. Le canal BRL ne suffira pas seul à tout irriguer.
    Ce que j’écris-là n’est pas un délire paranoïaque, c’est l’avenir, je constate simplement que depuis vingt-vingt-cinq ans la pluie se raréfie sur notre arc méditerranéen.
    Les saisons humides que sont normalement le printemps et l’automne sont désormais des saisons sèches et ventées du nord.
    Depuis combien de temps, vous qui lisez ces mots et qui résidez comme moi sur le pourtour méditerranéen, n’avaient vous pas vu de pluie continue sur 24 ou 48 h? Moi ça fait au moins quinze ans.
    Quand il pleut désormais c’est quelques heures la nuit, suivi de une ou deux semaines de vent du nord. Sur 70 jours de pluie annuels dans les années 70-80, il doit nous en rester tout au plus huit. J’avais une petite collection d’impers trenchs et deux ou trois beaux parapluies, achetés en fripe il y a vingt ans, j’ai tout revendu en ligne, ça ne me servais plus à rien.
    La petite rivière qui passe le long de mon village ne coule plus qu’à de rares occasions, je venais y faire trempette en été avec mes copains de lotissement à la fin des 70’s, c’est fini depuis longtemps.
    Les médias ne communiquent pas sur ou peu sur le problème, pour pas affoler les populations, pourtant les faits sont là, le désert du Sahara remonte, petit à petit, il a gagné le sud de l’Espagne ou presque tous les oliviers ont crevé. Inutile d’être devin pour deviner ce qui nous attends dans un futur proche: le passage en climat totalement aride.
    Il pleuvra toujours partout ailleurs en France, mais pas chez nous, à cause du blocage des vent au nord-ouest, et des montagnes du massif central qui arrêtent la pluie. Et les rares épisodes de vent Marin qui subsisteront ne nous apporterons que des petites bruines misérables, les pressions atmosphériques ne baissant pas, c’est d’ailleurs le trait de marque des climats désertiques. Toujours à cause de l’anticyclone des Açores vissés sur l’Espagne, tient au fait que va t’il se passer pour nos amis ibériques s’il ne pleut plus aussi chez eux?

    1. Il ne faut pas baisser les bras, . Et lutter contre cette avancée du désert, soit en multipliant les outils de stockage d’eau dans le temps et de transport de l’eau dans l’espace . et bien sur en travaillant sans relache à la désalinisation de l’eau de mer.

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