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GARD L’enfer quotidien des familles monoparentales

(Photo Anthony Maurin).
Avec près de 27000 familles monoparentales, le Gard est un des départements français le plus touché par le phénomène qui s'étend aujourd'hui à la population dans sa globalité (Photo Anthony Maurin).

L'Union Départementale des Associations Familiales, la Caisse d'Allocations Familiales, le Conseil départemental et la Mutuelle Sociale Agricole, ensemble au sein de l'Observatoire de la famille du Gard, viennent de sortir une enquête concernant les familles monoparentales.

"Nous nous sommes aperçus, lors de nos précédentes enquêtes, qu'il y avait un problème autour de cette question" explique Véronique Palmer, directrice de l'UDAF30. Et pour cause! Si nous savions le phénomène croissant et dévorant, l'enquête menée sur un échantillon représentatif a de quoi bousculer la vie sociétale des Gardois. Et la directrice de reprendre, "Ces enquêtes ont pour but premier d'avoir une photographie d'une situation donnée pour organiser au mieux les politiques publiques".

Dans notre charmant département, pauvre et au taux de chômage élevé, près de 27000 familles monoparentales sont en charge d'environ 43000 enfants. Comment le sait-on? Sur les 4000 questionnaires administrés, près de 900 ont été retournés (22%). Qui sont ces Gardois? Ils sont hommes ou femmes, bien sûr, éparpillés sur l'ensemble du territoire, sont tirés de diverses tranches d'âges et ont un niveau de vie suffisamment bas pour prétendre à l'action sociale.  Problème, seules 39% de ces familles perçoivent une pension alimentaire de l'autre parent (A ce sujet, la CAF met en place un service de recouvrement, l'AGIPA).

Les causes de cet afflux de familles esseulées? Les séparations et divorces à 80%. Ne retenant pas les leçons, 19% de ces familles monoparentales le deviennent plusieurs fois dans leur vie.

En constante évolution depuis 40 ans, les familles monoparentales changent de mode. Par le passé, les veufs étaient majoritaires parmi les parents solos. Aujourd'hui et à 90%, ce sont les femmes qui sont à la tête des familles monoparentales. 35% d'entre elles ont plus de 35 ans et ont un ou deux enfants à gérer avec 69% de garde exclusive.

Niveau socio-économique, les familles monoparentales sont peu ou très peu qualifiées et pâtissent de cet état de faits. 47% d'entre elles ont un niveau bac (ou inférieur) et 25% se sont arrêtées au Brevet des Collèges. Par ailleurs, 2/3 de ces familles sont sans emploi. Et quand elles trouvent un poste, elles ont droit au pire du pire, des horaires décalés et par conséquent des problèmes de mode de garde... Un cercle des plus vicieux dont il est difficile de sortir par le haut.

Pour le logement, 75% sont locataires dont 29% au sein  parc public. 28% des familles vivent dans un logement surpeuplé et quand elles décident de changer d'air et qu'elles déménagent pour voir si l'herbe est plus verte ailleurs, elles ont du mal à trouver un logement car les loyers sont trop élevés et les contraintes administratives sont trop conséquentes.

36% des parents solos vivent mal leur situation précaire. Les finances du foyer sont compliquées, la conciliation entre travail et vie privée est impossible et la difficulté des tâches du quotidien est dure à gérer. La première de ces questions semble être: Comment faire face aux dépenses? En général, le parent se prive au profit de l'enfant. On note des privations d'électricité, d'eau, de chauffage, vestimentaires, alimentaires et... Sanitaires.

Pour ne rien arranger, ces familles se sentent isolées car n'ont pas les moyens ou le temps de sortir et de créer du lien social. 35% d'entre elles ne peuvent ni compter sur leurs congénères ni sur leurs amis. Pour preuve et en période de fêtes, 60% des familles monoparentales n'ont qu'entre un et quatre contacts sociaux par semaine!

Créé en 2009, l'Observatoire de la famille du Gard propose chaque année une nouvelle enquête. Pour 2018, ce sont les jeunes de 18-25 ans qui seront l'enjeu de la nouvelle campagne.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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