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FAIT DU JOUR La pinède de Poulx, havre de paix qui connaît l’enfer

(Photo Anthony Maurin).
(Photo Anthony Maurin).

250 pins d'Alep infectés par ce diable de phellin du pin... C'est l'ampleur de l'appétit de ce champignon néfaste qui aura la peau de la pinède de Poulx.

Près de 4000 habitants et plus de quelques millions d'histoires à raconter sous les aiguilles de la pinède de Poulx. Après 2015 et la tempête qui avait couché 80 de ces arbres centenaires, c'est au tour du phellin du pin d'achever la pinède du village. Ajoutez à cela un sol sec et calcaire et vous obtenez bientôt un paysage quasi lunaire. Par chance, une partie, au sud, n'est pas concernée. Tout comme les nombreux chênes verts qui résistent fièrement! Mais pour le reste, l'immense majorité, c'est un vrai carnage...

Pourtant, même aujourd'hui alors que tout semble fini, la pinède de Poulx reste un petit bijou de sérénité. Perchée sur une colline qui surplombe la plaine du Vistre, cet endroit est un lieu magique qui a su réunir les générations et les familles pour des activités de plein-air sous l’ombrage salvateur des pins qui faisaient office de parasols naturels. "Cette pinède, c’est ma vie! Petit je venais ici avec mes grands-parents. Adolescent j’y ai embrassé ma première petite copine sous un arbre et maintenant, j’y vais avec mes enfants. Sans ces arbres majestueux, je ne sais pas comment nous allons réagir. En tout cas, on ne va pas attendre qu’ils grandissent!" avoue vexé Florent, habitant du village depuis 30 ans.

(Photo Anthony Maurin).
(Photo Anthony Maurin).

Pour d'autres, ce sont des souvenir familiaux. "Nous sommes Nîmois et nous avions l'habitude d'aller pique-niquer le dimanche à la pinède. C'est un endroit magnifique, gratuit et qui a une vue splendide. C'est bien dommage d'en arriver là mais je connais un peu le sud-ouest et je sais que les pins malades sont un réel danger" explique Mathieu, habitant de Courbessac.

De la "pinède", il ne restera rien, ou presque. Plus de 40 pins parasols et pignons seront plantés mais ce sont les 250 arbres actuels qui seront remplacés par 250 cyprès de Florence azéroliers, figuiers, arbres de Judée arbousier, érables à feuilles d'obier, genêts, oliviers, amandiers et micocouliers. Uniquement des essences pouvant bien s'adapter aux conditions extrêmes de la garrigue poulxoise dont certaines seront rapidement en fleurs.

Des arbres plus jeunes donc forcément plus petits. Deux ou trois mètres de haut contre des dizaines actuellement. Il est certain que le rendu final sera changeant et que l'ombre sera moindre. La beauté du site? C'est assez subjectif mais une pinède est un modèle paysager local tout comme les essences qui prendront la relève. Il faudra certainement quelques décennies pour apprécier l'ensemble.

(Photo Anthony Maurin).
(Photo Anthony Maurin).

Si l'annonce a fait sensation, certains Poulxois n'étaient pas au courant. "Je n’étais pas au courant. En allant chercher mon enfant à l’école, le papa d’un autre élève m'en a parlé mais je pensais que les problèmes étaient réglés après la dernière tempête. La pinède, c’est Poulx et Poulx, c’est la pinède! J’ai du mal à voir ce que ça va donner… La pinède est vraiment un repère pour les Poulxois. Quand on voit la pinède, on sait qu’on arrive à la maison! C’est très dommage mais si c’est pour assurer la sécurité du site, je préfère" avoue Julie qui a pour habitude d'aller y courir avec son mari. Accompagnés de leur fils Valentin qui adore jouer aux jeux dédiés aux bambins poulxois situés dans un coin de la pinède, ce-dernier n'a pas l'air choqué de la nouvelle. "Moi, j’aime bien les petits arbres comme ça je pourrai les escalader!", voilà de quoi laisser rêveur... Finalement, les arbres même "petits", semblent gigantesques aux yeux de nos "petits". Qu'importe l'essence, pourvu qu'on ai la jeunesse!

Coût de l'opération, 90000 euros et quatre arbres plantés sur cinq assurés de grandir paisiblement pour des siècles et des siècles.

(Photo Anthony Maurin).
(Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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1 commentaire sur “FAIT DU JOUR La pinède de Poulx, havre de paix qui connaît l’enfer”

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