Faits Divers

NÎMES 6 mois avec sursis l’agresseuse de la factrice

Dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Nîmes. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Nîmes / Objectif Gard

Les violences se sont déroulées mardi matin, rue de la République à Nîmes. Une factrice a été frappée par une jeune mère de famille de 18 ans. Si l'agresseuse reconnaît les coups, elle estime qu'elle a riposté à la factrice venue "me chercher parce que je lui avais dit grosse pute. Elle m'a poussée et j'ai reçu un premier coup. Comme je suis plus forte qu'elle… Je suis désolée", affirme la jeune adulte qui est mère de deux enfants. La factrice, elle, toute jeune et frêle se souviendra longtemps de ses premières tournées dans le centre-ville de Nîmes. "Vous travaillez à la Poste depuis une semaine, et vous faisiez la distribution du courrier toute seule depuis 3 jours", résume la présidente du tribunal correctionnel qui jugeait aujourd'hui la jeune maman poursuivie pour "violence volontaire sur une personne chargée d'une mission de service public".

L'employée de la Poste encore toute tremblante est présente à l'audience. "J'étais en train de distribuer le courrier lorsqu'une dame est venue me voir pour savoir s'il y avait des lettres pour le numéro 44. Elle attendait un courrier important pour sa soeur". Un peu plus tard, la soeur arrive et veut en découdre. " Elle m'a traitée de sale pute, qu'elle était du département du 93 et qu'elle n'avait pas peur. J'ai rangé mon vélo sur le côté et je suis allée lui demander pourquoi elle m'insultait, poursuit la jeune salariée de la Poste. C'est là que les versions s'opposent entre les deux parties. Pour la factrice, la mère de famille " la pousse contre le mur et l'étrangle. Je me suis défendue ". Un témoin expliquera qu'il a entendu "des cris provenant de l'agresseuse qui était hystérique, qui insultait la factrice, avant de se déchaîner contre elle".

"Les violences sont reconnues depuis le début, mais elles sont minimisées. Ce n'est pas une bagarre, mais un passage à tabac. C'est normal d'après vous d'insulter la factrice et de la plaquer contre le mur", dénonce la substitut du procureur. "Ma cliente est extrêmement choquée et en souffrance. Madame a fait 3 ans de boxe et lorsqu'elle rencontre la factrice elle veut en découdre. La preuve: elle dépose sur le côté son téléphone et ses objets personnels pour ne pas les casser", affirme l'avocate de la partie civile. "Elle a 18 ans, deux enfants, elle n'a jamais fait parler d 'elle, même ses voisins disent qu'elle est gentille et polie, plaide pour la prévenue maître Annelie Deschamps. Elle a passé sa jeunesse dans la région parisienne, dans le 93, dans une cité où il faut avoir un caractère fort pour se faire respecter. Mais elle a quitté sa région pour construire une vie apaisée dans le Gard avec son compagnon qui est militaire et ses enfants. Elle a son père qui est en prison pour meurtre. Elle a décidé de couper avec son ancienne vie, il faut lui laisser une chance", ajoute l'avocate Nîmoise avec succès... Sa cliente inconnue jusqu'alors de la justice a écopé, ce jeudi midi, de 6 mois de prison... avec sursis.

Boris De la Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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