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GRAU DU ROI Léopold Rosso :  » Notre électorat nous demande de la nouveauté et de l’union en 2020″

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A Aigues-Mortes. Léopold Rosso, a été notamment président de la CC Terre de Camargue de 2008 à 2014.

Conseiller départemental du canton d’Aigues-Mortes, président du Syndicat Mixte de la Camargue Gardoise, conseiller municipal d’opposition au Grau Du Roi, Léopold Rosso, de retour de vacances en croisière, après une petite fatigue estivale, repart de plus belle. A l’heure où le maire du Grau-du-Roi va commencer une série de réunions publiques de bilan à mi-mandat, Objectif Gard est allé à la rencontre de Léopold Rosso son principal opposant Les Républicains pour recueillir également ses impressions. C'est la fête pour Robert...

@Objectif Gard : De toutes vos casquettes électorales, laquelle préférez-vous ?

Léopold Rosso : Celle dans laquelle je me réalise le plus ?  Président du syndicat mixte de la Camargue gardoise qui regroupe trois cantons : Aigues-Mortes, Vauvert et Saint-Gilles. C’est un satellite du conseil départemental. A partir du moment où on me fait confiance pour le présider, je ne fais rien d’important sans en référer au CD. J’ai un rôle d’animateur et d’ambassadeur. Jusqu’en 2014 ce syndicat était présidé par la majorité.

Celle pour laquelle je mets le plus de cœur et de disponibilité, c’est conseiller municipal d’opposition au Grau-du-Roi. En 2014, on m’a fait un faux procès, on est allé au-delà du politiquement correct. On a tenu des propos sur mon épouse désobligeants ou concernant ma personne et ma vision de l’engagement public. Ce qui m’incite à dénoncer les errements, les mauvais choix et les mensonges du maire en place.

Et au conseil départemental, ça se passe bien ?

C’est pas du tout pareil qu’au Grau-du-Roi ! Avec M. Bouad, qui est socialiste, ça se passe même très bien.

Ce n’est pas plus fort que vous de vous opposer à M. Crauste ?

Un peu ! C’est ma cible. Moi élu, en 2014, la première chose que je fais c’est de recevoir mes opposants. Lui ne l’a pas fait. Ce manque de dialogue s’exprime aussi à travers sa gestion. Il prend trop de décisions tout seul. A quoi sert une réunion de concertation sur les travaux du front de mer quand le choix des opérateurs et entreprises est fait ?

Au dernier conseil municipal, Robert Crauste vous a taxé d’opposant systématique, de ne pas prendre en compte l’intérêt des Graulens. Ce que vous réfutez.

L’intérêt des Graulens, je n’ai plus à démontrer que je l’ai en tête. Il me traite de polémiste, or je suis quelqu’un de consensuel. Quand j’aurais atteint les 10 % de l’action polémique qu’il a atteint, lui, au cours de ses mandats d’opposition, je pourrais dire que je suis un peu polémiste. Je me suis fait un devoir d’aller jusqu’au bout de mon rôle puisqu’une partie de la population m’a fait confiance à l’époque.  J’estime que je suis redevable vis-à-vis de mes électeurs de mener mon action à bien.

Quand on interroge des électeurs ou des élus de droite du Grau-du-Roi, pour qui la ville est invariablement de droite, ils présentent tous le mandat de M. Crauste comme une parenthèse ? Vous partagez cette définition ?

On était séparés de vingt-cinq voix seulement. C’est une parenthèse, mais on ne sait pas comment ni quand elle va se refermer. Je pense, avec mon expérience, que toute action ou position, toute expression qui viserait à diviser la droite graulenne est une erreur. Je ne veux pas entrer dans ce jeu. Toute action voulant reproduire le scénario de 2014 amènerait inévitablement la victoire d’un autre ou d’une autre.

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Vous pensez au Front National ?

Oui. Notre électorat nous dit que si on n’est pas capable d’arrêter de nous battre comme chien et chat, de gommer nos différences, il fera un autre choix. Il y a au moins trois ou quatre fractures dans la droite graulenne. En 2014, M. Crauste n’a pas été élu sur son programme. Les gens ont voté contre moi car je représentais la tendance Mourrut ( Etienne Mourrut, maire du Grau du Roi de 1983 à 2014). Je l’assume. Je l’avais senti puisque j’avais changé la liste à 70%, mais ce n’était pas encore assez.

A l’époque, on ne contestait pas non plus les choix de M. Mourrut et vous étiez son choix…

Certes, mais j'ai été élu par la liste. Quatre listes au 2e tour, c’est beaucoup pour le Grau du Roi. Moi j’ai perdu de 25 voix, on m’avait dit : « Fais des recours ! ». Pourquoi ? On a perdu, on a perdu.

Vous l’aviez fait préparer pourtant ?

Je ne voulais pas gagner comme ça. On gagne ou on perd dans les urnes.

Léopold Rosso, encarté depuis 2002 est membre les Républicains. Il se définit comme gaulliste social, opposé au FN.

Vous critiquez aussi l’autosatisfaction du maire …

Vous avez vu le dernier bulletin municipal ? Il est jupitérien ! M. Crauste est en photo une page sur deux ! Quand il dit : « je suis là pour vous protéger ! » Bon. Il n’est pas ma mère, je ne suis pas son enfant. Quand aujourd’hui, il signe, il en a pris l’habitude depuis l’été « Docteur Crauste, maire du Grau-du-Roi ». Franchement ? Quand les Graulens vont voir le maire, c’est pour poser des questions au Dr ou inversement ? Cette autosatisfaction dénote un solitaire aigri par vingt-cinq ans d’opposition.

Robert Crauste a navigué entre toutes les eaux. Il suit la mode et le vent en fonction des opportunités surtout pour son satisfecit personnel. Il n’a pas d’ancrage, ni références, ni valeurs. En 1989 : préparation de la liste Mourrut. M. Crauste est sur la liste avec un de ses collègues. Des prises de becs font que M. Crauste s’en va et monte une autre liste qui s’appelle Mieux Vivre. Une liste centriste, pas de gauche. Elu ensuite au Conseil Régional avec M. Frêche. Il quitte le PS quand M. Frêche le quitte, se présente en 2014 sans étiquette. Vous me dites qu’il rejoint En marche. C’est vraiment un parcours chaotique... Il a essayé de se positionner mais il n’a pas bien joué, il aurait pu être député avec la vague En marche. Après, il a mal vécu la victoire de Gilbert Collard et Marine le Pen sur sa ville, pour lui ce n’est pas un bon point.

Vos camarades de droite vous reprochent d’avoir été peut-être trop fidèle à l’esprit de Mr Mourrut, alors que les électeurs du Grau-du-Roi avaient envie d’autre chose après cinq mandats. N’avez-vous pas été un peu sacrifié dans cette élection municipale ?

Je reçois ça comme un compliment. J’ai fait confiance à Etienne Mourrut, il m’a poussé, je pense lui avoir bien rendu et je continue à le lui rendre car j’estime qu’on lui a fait un faux procès. M. Crauste a raconté des âneries sur l’endettement de la commune. Mr Mourrut était autodidacte et interventionniste. Le nouveau maire s’est entouré d’un tas de collaborateurs, pour la communication notamment. Le budget principal est passé de 24 à 32 M€, 30% de hausse. Le décideur ne fait pas quelque chose dans le désintérêt de sa population, quel que soit le décideur ou sa couleur politique. Les élus ne sont que de passage, même si mon passage à moi dure un peu ! (NDLR : Léopold Rosso est élu depuis 1989 et aura 71 ans en 2020).

Il y a danger pour 2020, si on continue comme ça, si on continue à avoir plusieurs listes à droite, les gens pour ne pas vouloir la gauche, vont verser vers l’extrême. De nos jours,  on est davantage élu pas parce qu’on vote pour vous mais car on vote contre vous. L’ajout de compétences n’est pas de trop dans une liste, on a non seulement la ville à gérer, l’interco, un camping, un OT, une propriété comme le Palais de la mer, un port de pêche, un de plaisance, une maison de retraite publique. Le maire du Grau-du-Roi a besoin de compétences variées et pointues, il lui faut des élus au courant de ces différents domaines. Le gommage des égos, l’ajout des compétences, le respect des philosophies politiques doivent nous amener à choisir un leader. Notre électorat nous demande de la nouveauté et de l’union en 2020.

Propos recueillis par Florence Genestier

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Florence Genestier

Nouvelle venue à Objectif Gard en juillet 2017, j'ai obtenu ma première carte de presse en 1991 (si !). Quinze ans de PHR dans une région de montagnes, un détour par une mairie, la vie web d'associations et de projets sur Paris, Dijon, le sud Bourgogne, quelques chroniques judiciaires. Me voilà chargée de l'actu de la Petite Camargue :).

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3 réactions sur “GRAU DU ROI Léopold Rosso :  » Notre électorat nous demande de la nouveauté et de l’union en 2020″”

  1. Léopold ROSSO est un homme de convictions et d’action, il a la Petite Camargue chevillée au corps et il tient parole, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de politiques dans notre canton…

  2. d’accord avec vous Michel. Léopold ROSSO est un homme de convictions. En 2014, voulant être trop gentil avec certaines personnes, il a perdu une élection qu’il n’aurait jamais dû perdre. Homme d’expériences et de consensus, il est le mieux qui puisse arriver pour le Grau du Roi en 2020. Qu’il conduise une liste « saine », très largement renouvelée, tournée vers l’avenir et non vers le passé et il apportera à ce grau du roi qu’il chérit tant la possibilité d’un Véritable FUTUR.

  3. Léopold Rosso a raison il faut savoir rassembler, prendre de la hauteur de vue pour diriger une commune. Les enjeux aujourd’hui sont considérables pour une ville comme le Grau du Roi. En 2020 une nouvelle équipe, de nouvelles têtes, de nouveaux talents doivent surgir sur notre territoire. Il y en a aussi bien au Grau du Roi, qu’à Aigues-Mortes, à Aimargues. Robert Craust, homme sans grande ambition, n’a aucun corpus idéologique. Son élection n’est due qu’à la division de la droite locale. Il faut en tirer les leçons pour l’avenir. Les électeurs veulent du renouveau. Léopold Rosso par sa fidélité à Etienne Mourrut en a payé le prix. De toute évidence aujourd’hui le nom Mourrut ne fait plus recette il en devient même en handicap. Il n’y a qu’à voir le résultat de Pascale Mourrut, belle fille d’Etienne aux dernières législatives qui a été éliminée dès le soir du 1er tour avec 14% des voix. Une sanction sans appel.

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