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FAIT DU JOUR Un Toit Pour Tous et une histoire à coucher dehors

Un Toit Pour Tous et son siège administratif sont prêts travailler dans les meilleures conditions possible Photo Anthony Maurin).
Un Toit Pour Tous et son siège administratif nîmois (Photo Anthony Maurin).

Les annonces gouvernementales concernant les baisses des APL et des loyers ne sont pas du goût de tout le monde. Si la contestation grandit, les organismes HLM prennent de la hauteur mais s'inquiètent pour leur avenir. Un Toit Pour Tous et son Directeur Général Jean-Paul Giral évoquent les enjeux.

Petit retour en arrière. En 1951, quelques élus de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Nîmes créent, sur leurs deniers personnels, la Société Coopérative HLM de location attribution "Maison pour Tous" qui deviendra plus tard Un Toit Pour Tous. Plusieurs décennies après, la société est l'une des plus importantes de la région quand on parle de logement social.

Autant dire que les dernières annonces gouvernementales concernant la baisse des APL puis des loyers n'est pas accueillie avec un grand enthousiasme par les bailleurs sociaux... Tout comme pour Habitat du Gard, Un Toit Pour Tous se pose en réboussier et la parole de son Directeur Général se libère. "Aujourd'hui, on constate que ce sont surtout les organismes HLM publics qui expriment leurs inquiétudes car ce sont probablement eux qui sont le plus en danger si les mesures du Gouvernement et ce fameux article 52 du projet de loi de finances restent en l'état. Nous sommes également inquiets car avec 3,8 millions d'euros de moins pour investir dans la construction, c'est le choc d'offre qui est remis en cause et qui ne fera qu'accentuer la crise immobilière dans notre pays, et plus particulièrement dans les zones tendues" évoque Jean-Paul Giral, Directeur Général d'Un Toit Pour Tous.

L'action sociale en danger

Plus que le seul logement social, c'est aussi le secteur du bâtiment qui est donc concerné. Le tout, dans un département aux ressources limitées et aux enjeux sociaux importants. Avec des pertes sèches qui ne sauraient être comblées par d'autres ressources que la trésorerie actuelle qui n'est pas un puits sans fond, ces organismes sont en danger. Mais avec eux, c'est l'ensemble de l'action sociale qui l'est. Le logement reste une des principales attentions des Français et quand ces organismes n'auront pas de quoi entretenir, rénover et bâtir des logements, que feront-ils? Le parc est vieillissant même si des immeubles sont érigés chaque année dans le Gard mais les besoins sont tels que ces annonces ont eu le don de titiller les consciences.

"Nous doutons, du moins nous espérons vivement, que le projet ne soit pas amené à évoluer, les conséquences en en seraient trop graves avec des organismes qui se retrouveraient rapidement dans le rouge. Nous savons que toutes les instances fédérales de toutes les familles HLM ont repris les négociations avec le gouvernement et il est probable que des mesures compensatoires, plus efficaces, sortent de ces négociations. Toujours est il que la réduction du nombre d'organismes HLM souhaité par le gouvernement et dont on parle depuis plus de 10 ans sera inévitable" poursuit Jean-Paul Giral. Contreparties? Les actuelles sont des faites sur les taux et les prêts. Or et au regard des fonds propres en diminution du fait de l’article 52, le niveau d’investissement va chuter lourdement. "Ces contreparties ne sont donc pas opérantes dans l’hypothèse d’assèchement des fonds propres qu’établit l’article 52 du projet de loi de finances" ajoute le DG d'Un Toit Pour Tous.

Bernard Lasserre (à gauche), président du conseil d'administration d'un toit pour Tous et le directeur général Jean-Paul Giral
Ici en 2014,le Directeur Général Jean-Paul Giral, à droite, accompagné de Bernard Lasserre, Président du conseil d'administration d'un toit pour Tous.

Un Toit Pour Tous est le premier acteur privé du logement social en Languedoc-Roussillon avec 22000 personnes logées dans plus de 8400 logements répartis sur 300 résidences, 86 communes, 2 régions et 4 départements, rien que ça. Et Jean-Paul Giral d'ajouter qu'"Affirmer que le monde HLM dispose de "beaucoup d’argent" et ne l’utilise pas pour construire plus de logements sociaux, c'est caricatural. Certes les organismes HLM peuvent compter sur huit milliards d’euros de trésorerie, ce qui peut sembler énorme mais cela ne représente qu'à peu près deux mois et demi d’activité".

Selon eux, quatre demandes de logements sociaux restent insatisfaites pour une seule et unique attribution! En 2016 déjà, tout n’était pas parfait...  En 2017, rebelote et dix de der? Chômage de masse, crise économique de longue durée, inégalités croissantes, si en plus les finances sont touchées, alors là... "Les mesures contenues dans les articles 52 et 19 conduiraient inévitablement à contraindre les organismes HLM à réviser drastiquement leurs projets d’investissement au détriment de la rénovation, donc des locataires en place, de la production neuve donc des locataires de demain, du choc de l’offre et globalement de la filière du bâtiment" conclut le Directeur Général.

Avec des prix du foncier et de la construction trop élevés par rapport aux réels besoins de logements sociaux, une perte de compétences internes et la baisse de qualité des programmes neufs par un recours trop important aux acquisitions faites auprès des promoteurs, les bailleurs sociaux vivent un sale moment. Le souhait de la direction d'Un Toit Pour Tous est que les discussions aillent dans le bon sens pour éviter une injustice provoquée par cet article 52.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 31 ans et suis journaliste depuis près de dix ans. Nouveau dans l'équipe d'Objectif Gard, je suis en charge de l'actualité de la Camargue Gardoise. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions.

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2 réactions sur “FAIT DU JOUR Un Toit Pour Tous et une histoire à coucher dehors”

  1. 80% des demandes sont insatisfaites.
    L’immigration-naturalisation sans limite accentue la pression. Nous constatons, notamment dans les aires urbaines, une concentration de familles issues de l’immigration au détriment des autochtones.

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