A la uneEconomie

FAIT DU JOUR Emile Noël, entreprise familiale gardoise bien huilée

L'huilerie Emile Noël propose aujourd'hui près de 300 références (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
L'huilerie Emile Noël propose aujourd'hui près de 300 références (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

C’est une institution à Pont-Saint-Esprit : créée il y a 97 ans, l’huilerie Emile Noël est aujourd’hui une florissante PME encore et toujours familiale, dirigée par l’arrière petit fils de son fondateur, David Garnier.

Et pourtant, l’entreprise a bien failli geler avec les oliviers lors du terrible hiver 1956, qui a sonné le glas de la production de masse d’huile d’olive française.

Précurseur du bio

« C’est à ce moment là qu’Emile Noël fils décide de réorienter l’entreprise sur les huiles de céréales, raconte le directeur commercial de l’entreprise David Marguier. Il a été le premier à le faire. » Plus d’olives ? Qu’à cela ne tienne, l’huilerie achète de nouvelles machines et fait de l’huile de tournesol et d’autres céréales. Un côté précurseur qu’on retrouve quelques années plus tard, à l’aube des années 1970, quand l’huilerie spiripontaine décide de se lancer dans le bio, ou plutôt le naturel, comme on disait à l’époque. « On l’a pris pour un hippie », sourit le directeur commercial. Un choix payant, puisqu’aujourd’hui toute la production de l’entreprise gardoise est bio.

L’entreprise va ensuite se diversifier, avec une gamme de produits alimentaires, puis des produits cosmétiques. Elle réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires très respectable, 33 millions d’euros en 2016, et emploie un peu moins de cinquante personnes à Pont-Saint-Esprit. Elle y est toujours implantée sur son site originel, même si elle s’est quelque peu étendue ces dernières années. « Nous avons mis en service un nouvel entrepôt en janvier dernier car on était limités en espaces de stockage et d’expédition », explique David Marguier. Un signe de plus de l’attachement de l’entreprise à sa ville, « malgré des propositions d’autres communes pour nous accueillir », admet le directeur commercial.

Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’un outil moderne de production. On y produit les huiles à base de céréales, mais pas les huiles d’olives : « les huiles d’olives sont bio et viennent de Tunisie ou d’Espagne, on passe 900 tonnes d’huile par an, et la production française est insuffisante », explique Michèle Martin, la responsable du magasin d’usine. Cependant, « on travaille avec une charte française », poursuit-t-elle, quand David Marguier ajoute que l’entreprise « travaille sur des partenariats longs, et nous avons acheté une exploitation que nous avons fait passer en bio en Espagne, avec 250 hectares d’oliviers. » Par ailleurs, l’entreprise dispose d’un service contrôle qualité intégré.

« On travaille avec 25 pays à l’export, sur quatre continents »

Le moulin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le moulin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

A Pont-Saint-Esprit, rue des Oliviers (ça ne s’invente pas), on fabrique donc les huiles de céréales. Les machines broient les graines de sésame par exemple (l’odeur la plus présente) pour en extraire l’huile, huile qui passe ensuite dans un filtre papier, sans aucune utilisation de produits chimiques. Le résidu — le tourteau de son petit nom — est récupéré, et sert notamment à fabriquer les tartines sans gluten de la marque Emile Noël. « Certaines machines datent des années 1960, on va bientôt les remplacer pour un meilleur rendement », affirme le directeur commercial. Il en sera de même pour le toasteur, étrange machine qui grille le sésame. Après l’entrepôt, les investissements vont donc être dirigés vers le moulin.

Le toasteur (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le toasteur (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Une fois les huiles extraites, un pipeline souterrain leur fait traverser la route vers l’embouteillage. « Nous avons une chaîne tout automatique et entièrement aux normes », présente David Marguier. Les bouteilles y sont azotées pendant le remplissage, « pour préserver le produit de l’oxydation », précise-t-il. La partie cosmétique, qui fabrique les baumes, le beurre de karaté ou encore les huiles de soin du visage, est accolée. A côté, une autre chaîne, toute neuve celle là, embouteille le vinaigre et les huiles de noix de coco, deux produits en fort développement.

La chaîne d'embouteillage (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La chaîne d'embouteillage (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

A quelques mètres de là, le nouvel entrepôt abrite les stocks et le conditionnement, sur environ 3 000 mètres carrés. Des palettes partent tous les jours, et parfois loin : l’entreprise est sur un marché mondial. « On travaille avec 25 pays à l’export, sur quatre continents », précise David Marguier. Seule l’Océanie manque à l’appel pour l’instant. Internationale, l’huilerie Emile Noël l’est aussi dans ses produits. « On produit en France tout ce qui peut l’être, comme le tournesol, le colza, le lin, la cameline, le chardon Marie, le chanvre, la noix, un peu l’olive aussi puisque nous travaillons avec un producteur à Sommières », explique le directeur commercial. Pour le reste, « on met en place des filières, avec des partenaires bio et équitables », ajoute-t-il. Ainsi, la noisette vient de Turquie, le sésame, la noix de cajou et le baobab du Mali, la noix de coco des Philippines, le chanvre de Chine ou encore l’argan du Maroc.

Aujourd’hui, l’entreprise propose 300 références d’huiles, 200 dans l’alimentaire et une centaine dans les cosmétiques, distribués en France chez 1 800 détaillants. Des produits en vente notamment dans le magasin d’usine, tout à côté du moulin, qui est plus qu’un simple magasin d’usine. Ainsi, on y trouve des fruits et légumes de producteurs locaux, toute une gamme de produits alimentaires ou encore des produits d’aromathérapie et de phytothérapie, le tout en libre service pour les particuliers et les professionnels, le magasin proposant également des paniers pour les comités d’entreprises. Un magasin qui a su faire son trou, et bénéficie, d’après sa responsable, d’une « clientèle très fidèle. »

Bref, pour l’huilerie Emile Noël, tout baigne… dans l’huile.

Plus d’informations sur l’huilerie ici et sur le magasin .

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Etiquette

Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

Vous aimeriez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire également

Close
Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité