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FAIT DU JOUR Nuit blanche érotique

nouvelle érotique

La nuit du 28 au 29 octobre dernier, la plus longue de l’année, celle du changement d’heure, 300 auteurs ont planché sur la troisième édition du Prix de la Nouvelle Érotique, concocté par les Avocats du Diable. Le principe : Le thème général ainsi que le mot de la fin sont délivrés aux 300 élus par mail à minuit. Nombre limité pour privilégier une lecture attentive. Les auteurs ont jusqu’à 7h00 du matin pour rendre leur texte. Pas de contrainte minimum de volume mais une limite haute : la nouvelle doit compter au maximum 20 000 signes, espaces compris. C’est à dire une dizaine de pages. Nous vous proposons de vivre la nuit d’un auteur. Embarquement immédiat pour une nuit blanche d’écriture érotique.

 

« Tout commence par le mail de l’acceptation de la candidature. On y est. Trois semaines pour se conditionner. Le compte à rebours est commencé. Difficile de ne pas laisser son imagination s’emballer. Mais rien de bien défini. À quoi bon imaginer une histoire alors qu’il faudra peut-être tout chambouler… Concrètement, la seule chose vraiment utile à faire est de se préparer à passer une nuit blanche. Mais comment se prépare-t-on ? Sur le net, les commentaires vont bon train. « Une bonne sieste et hop ! », écrit une jeune auteure parisienne. « L’adrénaline suffira », affirme une autre. J’opte pour une autre technique. Me coucher très tard la veille, faire une vraie grasse matinée et l’adrénaline fera le reste. D’ailleurs elle monte tout au long de la journée… Souper plutôt que dîner à 11h00. Portable ouvert, messagerie visible sur l’écran. 11h57, ding ! Le mail est arrivé. Thème général, « dîner de cons », mot final « commode ». Qu’en penser ? Dans un premier temps rien. Le vide total …

 

0h00 : Page blanche

Aller, un café. Il va falloir s’y mettre, le temps tourne… Deux peurs à vaincre, celle de la page blanche et celle du chronomètre. Il faut donc écrire, trouver un fil, une histoire, ne pas oublier l’érotisme au cœur de l’intrigue, amener le mot de la fin… Ne pas se laisser dépasser par les obstacles. Écrire, se laisser emporter par les mots, guider au fil de l’intrigue. Choisir son personnage central. C’est parti…

 

1h15 : Premiers mots

Planter le décor. Mettre son personnage central en situation, trouver quelque chose d’insolite, de déroutant. Les mots commencent à fuser. S’ancrer dans la réalité pour permettre à l’imaginaire de prendre son envol… Pour l’instant ça va. Première situation érotique. Pause. Un autre café. Rêvasser un peu devant la page, se laisser dériver… Un fond de vieux rhum peut-être… Bonne idée, le breuvage chauffe la gorge et délie l’esprit. Voilà le titre qui apparaît comme une évidence… les doigts se mettent à courir sur le clavier.

 

3h10 : Alarme

Ne pas se laisser déborder et revenir au thème général imposé. L’histoire doit prendre un tournant MAINTENANT ! Le compteur de signes est implacable, le temps aussi, qui s’écoule en haut à droite de l’écran. Angoisse soudaine, mon ordinateur va t-il passer à l’heure d’hiver automatiquement ? Pause vérification immédiate. Ne pas ajouter du stress au stress …

 

3h40 : Fin de la pause

Ouf tout va bien, le temps est correctement indiqué. Un autre café. Se relire pour se remettre dans l’ambiance. Ça marche à tous les coups. Et là aussi. La relecture me replonge au cœur de l’intrigue. Tout devient plus clair. Mais ça n’avance pas vite. Écrire une phrase, la reprendre, recommencer… Ne pas s’étendre, le format est court. Mais ne pas être trop sec non plus, penser à donner de l’épaisseur aux protagonistes ... les faire exister.

 

5h30 : Fièvre.

Soudain, la magie opère, l’histoire m’emporte, les personnages ont pris le relais. J’écris sous leur dictée, ils commandent, décident, agissent de leur plein gré. Mon cerveau est comme embrumé. Le silence dehors est total. La nuit épaisse. Je suis coupée du monde, voyeur de ma propre histoire. Délice de l’écriture, plaisir enfin…

 

6h30 : Point Final

« Commode » et point final ! Mes yeux brûlent, mon dos est raide. Deux relectures d’automates qui laissent passer bien des maladresses. Mais c’est fini. Il faut rendre le texte. Il est temps.

 

6h45 : Défi relevé !

J’appuie sur « envoyer ». C’est fini. Le ciel est pâle et je n’ai pas sommeil. Il faudra du temps pour arriver à sombrer. Des rêves fiévreux… Érotiques ? Maintenant il faut attendre le résultat. Mais quel qu’il soit, la première bataille a été remportée. Le défi relevé. Deux jours plus tard j’apprendrai que 78% des auteurs ont rempli la mission dans les temps et dans le cadre. J’en fais partie. Pour le reste… »

Témoignage recueilli par Véronique Palomar

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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