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FAIT DU JOUR À Bagnols, la démolition créatrice

La démolition des Cèdres a débuté lundi, et se poursuivra jusqu'au mois de mars (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La démolition des Cèdres a débuté lundi, et se poursuivra jusqu'au mois de mars (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Depuis quelques jours, les grandes cisailles à béton grignotent mètre par mètre les vieux immeubles des Cèdres, à l’entrée de la ville, et de la Coronelle, derrière le centre hospitalier.

Deux opérations de démolition de grande ampleur, qui laisseront la place à de nouveaux projets.

Une mauvaise surprise nommée amiante

Le bâtiment de cinq étages, qui comprenait 110 logements, est petit à petit en train de disparaître. La barre des Cèdres, affublée par les Bagnolais du doux surnom de Bogota (et ce n’était pas à cause du soleil), bâtie au début des années 1960 à l’arrivée de Marcoule, a vécu. Trois ans après le départ des derniers locataires, la barre disparaît. Et si les travaux opérés par l'entreprise Buesa ont quelque chose de spectaculaire, voire même d’hypnotisant, « ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg », affirme Patrice Foulc, du bureau d’études ETE, maître d’œuvre de l’opération pour le bailleur social Habitat du Gard.

C’est qu’avant de mettre le premier coup de grignoteuse, il a fallu surmonter bien des obstacles : « Il a d’abord fallu déplacer un transformateur EDF, explique Patrice Foulc. et il y a eu l’amiante. » L’amiante, si ce mot est de nos jours synonyme de composant très dangereux pour l’homme, à l’époque de la construction des Cèdres (et du quartier des Escanaux dans son ensemble, du reste) il était considéré comme un matériau miracle. Alors on en mettait partout. Vraiment partout. « On a dû arrêter les travaux alors qu’un premier diagnostic avait été fait, parce qu’on a découvert dans les sols plusieurs couches de dalles avec de la colle-amiante, poursuit Patrice Foulc. Il a fallu refaire des analyses complémentaires, et lancer un autre marché. Il s’agit de la santé des travailleurs, on n’a pas le choix, on doit lever le doute. » Il faut dire que l’amiante était parfois présente dans une partie seulement des sols d’une pièce. Un véritable casse-tête, qui a cassé aussi le portefeuille d’Habitat du Gard : « le désamiantage coûté deux fois plus cher que la démolition, lance sans ambages le maître d’oeuvre. En tout, le désamiantage a coûté 600 000 euros. » Sur une opération à 1,2 million d’euros.

A la Coronelle, les travaux de démolition seront achevés en janvier (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
A la Coronelle, les travaux de démolition seront achevés en janvier (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Un musée aux Cèdres, de nouveaux logements à la Coronelle

Avant de démolir, il a également fallu enlever toutes les menuiseries, les isolants et tutti quanti, durant un peu plus de six mois. Il en faudra environ trois, à compter du démarrage de la démolition lundi, pour voir disparaître entièrement la barre des Cèdres. Et après ? « On va faire un golf », plaisante le maire Jean-Yves Chapelet. Plus sérieusement, la mairie (ou l’Agglo du Gard rhodanien) compte racheter à Habitat du Gard l’emprise de feue la barre des Cèdres, pour y construire son nouveau musée. « Ça a été validé lors du comité de pilotage du projet de musée, poursuit l’édile et vice-président chargé du dossier à l’Agglo. On veut vraiment garder cette emprise pour le musée, sachant qu’en mars, la conservatrice départementale doit nous rendre un rapport scientifique et culturel sur le projet, et nous avons d’ores et déjà acté que le musée serait adossé à un service, qui serait le conservatoire de musique et de danse. » Le projet sera porté par l’Agglo, dans le cadre de sa compétence sur les grands projets, et il faudra faire le tour de table financier.

Il y en a pour deux ans au bas mot, d’après la mairie. Alors d’ici là, hors de question de laisser un terrain vague à la place des Cèdres : « on veut mettre une activité dessus, quitte à la transférer ensuite », affirme le maire, quand son premier adjoint Denis Rieu, chargé du dossier, précise qu’il pourrait s’agir « d’un chapiteau, avec des animations l’été. » Il faut dire que le projet se tient dans une zone concernée par la rénovation urbaine, même si le projet ne fait pas à proprement parler partie de l’ANRU, dont les études sont toujours en cours pour le quartier.

Vue d'artiste des projets Convivialité et Quiétude, à la Coronelle (DR)
Vue d'artiste des projets Convivialité et Quiétude, à la Coronelle (DR)

Du côté de la Coronelle, les travaux de démolition ont aussi démarré il y a peu, aussi après une série de péripéties avec l’amiante. Cependant, contrairement aux Cèdres l’emprise de l’ancien immeuble de 48 logements bâti en 1960, qui doit être libérée à la mi-janvier 2018, accueillera de nouveaux logements sociaux. Deux nouvelles résidences aux noms évocateurs, la Convivialité et la Quiétude, de 25 logements chacune, sortiront de terre. Le coût est de 3,87 millions d'euros pour la démolition puis la construction de la Quiétude, et de 3,74 millions d'euros pour la construction de la Convivialité, qui ne sont donc pas des vains mots.

Et aussi :

Habitat du Gard compte un parc de 1847 logements à Bagnols (1737 si on enlève les 110 des Cèdres qui ne seront pas remplacés). « C’est un parc très conséquent, Bagnols est très bien dotée en logements sociaux », souligne-t-on du côté d’Habitat du Gard. En 2013, Bagnols comptait 29,09 % de logements sociaux.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

30 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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