Economie

BAGNOLS Démantèlement nucléaire : EDF a besoin de plus petit que lui

Vendredi, lors de la présentation de l'appel à projets d'EDF, à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Vendredi, lors de la présentation de l'appel à projets d'EDF, à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

L’électricien français, champion du nucléaire, compte maintenant devenir un champion de la déconstruction et de la gestion des déchets nucléaires, et ce à l’international.

Pour y arriver, EDF a besoin de partenaires capables d’apporter des innovations sur ce secteur, et a lancé un vaste appel à projets en octobre dernier. Un appel à projets que les huiles du groupe ont présenté vendredi après-midi à Bagnols aux entrepreneurs du Gard rhodanien dans une salle de la Maison de l’entreprise pleine comme un oeuf.

Un marché de 200 milliards d’euros d’ici 2050

« C’est une première pour nous, lance Pierre-Yves Lochet, de la direction des projets déconstruction et déchets d’EDF. On cherche des entreprises, des TPE, PME, start-ups, qui ont envie d’accompagner EDF sur les marchés de déconstruction à l’international. On cherche des entreprises qui font des choses qu’on ne sait pas faire, ou auxquelles on n’a pas pensé, et des entreprises qui ne sont pas forcément dans le nucléaire. »

Il faut dire que le marché que cherche à conquérir l’électricien historique français est colossal : « d’abord, il s’agit de réussir la déconstruction des neuf réacteurs EDF à l’arrêt en France, puis préparer la déconstruction du parc nucléaire d’EDF, explique Jean-François Rives, directeur du développement de Socodei, filiale d’EDF. La conjoncture est favorable, puisque de nombreux pays lancent des déconstructions, le marché va s’accroître pour doubler d’ici 2030. » Concrètement, à l’échelle mondiale, le marché est estimé à pas moins de 200 milliards d’euros d’ici à 2050. Un gros gâteau.

Alors EDF a créé une filiale dédiée, Cyclife, dont dépendent trois installations de gestion des déchets, dont Centraco, sise à Marcoule. « Cyclife est le véhicule pour monter sur les marchés internationaux », résume Pascaline Poulet, de la direction de la production thermique d’EDF.

Les critères

Pour remplir ce véhicule, EDF cherche donc ses futurs partenaires innovants dans quatre domaines prioritaires. Le premier est la caractérisation des installations, qui n’est pas forcément une mince affaire, surtout sur les installations les plus anciennes. « On imagine des drones, de la robotique ou encore des radiomètres », précise Pierre-Yves Lochet. Le deuxième domaine est l’élaboration et l’actualisation des données, « pour les faire vivre tout au long de l’agonie de l’installation en déconstruction », précise Pierre-Yves Lochet, et ça passera sans doute par les techniques de l’information, l’intelligence artificielle ou encore le big data.

Le troisième domaine, et pas des moindres, consiste en la simulation de scénarios de démantèlement, via « une maquette numérique avec tous les paramètres physiques et la dosimétrie, ce qui permet de tester les scénarios, de limiter les coûts et d’aller plus vite », précise Pierre-Yves Lochet. Ce domaine pourrait comporter des technologies comme la réalité augmentée. Enfin, le dernier domaine est celui des opérations, pour les rendre plus autonomes et robotisées, notamment car « un robot n’est pas à 35 heures », lance le représentant d’EDF. Ici, les entreprises travaillant dans le génie civil, la découpe rapide ou encore la robotique sont potentiellement recherchées.

Avant de candidater, mieux vaut d’assurer de respecter quelques critères : « il faut avoir une solution bien avancée dans sa maturité, il ne s’agit pas d’un appel à projets de recherche et développement, précise Pierre-Yves Lochet. Il faut également proposer une solution innovante, viable économiquement, avec un potentiel de développement et une capacité à la déployer à l’international. » L’appel à projets est ouvert jusqu’au 8 décembre.

L’appel à projets et toutes les informations sont ici.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

29 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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