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FAIT DU JOUR Le président du SDIS sort de son silence

Silencieux dans le conflit qui oppose ses pompiers au Département, Alexandre Pissas accuse le syndicat des pompiers volontaires « de jeter de l’huile sur le feu. » Il revient aussi sur l’accord de sortie de crise qui doit être signé lundi.

Le conseiller départemental et président du SDIS Alexandre Pissas (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Objectif Gard : Pendant ces trois semaines de grève, on vous a trouvé très silencieux. Pourquoi ?

Alexandre Pissas : Dans ce conflit, j’avais un président du Département et un préfet avec qui j’étais en totale harmonie. Maintenant que ça s’arrange, je peux communiquer… L'interview de M.Mathis (président du syndicat départemental des pompiers volontaires du Gard) me choque ! Je l’apparente à de la frustration ! Il n’est pas dans le coup de cette mobilisation et des discussions ! Alors qu’aucun accord n’a encore été signé et que les esprits ne se sont pas apaisés, il jette de l'huile sur le feu.

M.Mathis estime que les pompiers professionnels se sont engouffrés dans l’émoi qu’ont provoqué les agressions pour réclamer au Département des embauches et le remplacement de véhicules. 

Les agressions ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour les pompiers ! C’est une honte de critiquer des collègues professionnels. Les professionnels eux, n’ont jamais attaqué les volontaires ! Moi qui était pour la paix… Je ne comprends pas la réaction de M.Mathis ! Et contrairement à ce qu’il dit, je ne lui ai jamais demandé de créer son syndicat. Je ne m’y suis pas opposé. D’ailleurs, je n’ai pas souvenir qu’il ait remporté des élections professionnelles.

Comment qualifiez-vous la grève de vos agents qui dure depuis 3 semaines ?

Ça fait 10 ans que je suis président du SDIS*. Il y a eu des conflits plus rudes… Cette fois-ci, ils n’ont rien cassé ! On connaît les pompiers… Je leur ai toujours dit que c’étaient de grands enfants, attachants mais difficilement gérables. Aussi, ils ont été très forts en terme de communication.

Parmi les manifestants de l’avenue Feuchères, on retrouve le syndicat des officiers. Cette grève, c’est un peu celle de votre direction, non ?

Appelez le colonel pour lui demander !

Le 10 novembre, le président du Département et du SDIS en grande discussion... (Photo : Coralie Mollaret)

Ce conflit a-t-il pénalisé l’activité du SDIS ?

Non, toutes les missions de secours ont été assumées.

Lundi, un protocole d’accord doit être signé entre les différentes parties. Êtes-vous satisfait ?

Je suis d’accord avec l’ensemble des points, notamment ceux qui permettent de pérenniser la construction des deux casernes de Nîmes Ouest et d'Alès Ouest ainsi que la hausse de 1% des contributions communales.

… À ce sujet, vous allez présenter la délibération au conseil d’administration du SDIS le 4 décembre ?

Oui. Cette proposition avait déjà été présentée, mais pas de la même façon. Cette fois, elle sera sur demande du préfet qui sera présent lors de ce conseil d’administration. Cette hausse de 1% représente 250 000€. C’est une ressource supplémentaire qui prend en compte l’allongement des gardes dans les petites casernes en Cévennes.

Enfin concernant les véhicules, ce sera au SDIS de les acheter. Le Département garantira l’emprunt et vous aidera à payer des intérêts avec la pérennisation de sa rallonge de 420 000€. Cela vous convient-il ? 

Je ne sais pas exactement comment ça va se passer. Pour l’instant ce qui est sûr, c’est que tant qu’on a pas signé, rien est fait.

* Service départemental d'incendie et de secours. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objecitfgard.com

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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3 réactions sur “FAIT DU JOUR Le président du SDIS sort de son silence”

  1. Ah, il sort du silence… Il se réveille du coup d’assommoir des dernières législatives où il a été battu.
    J’aime assez « la zizanie » la BD Astérix.
    Lui, c’est le « zizaneur » qui se prend à présent pour le Phénix

  2. C’est facile la gestion des adminstrations territoriales. Il manque 400 000 €. Allez hop, on augmente la contribution des communes, donc les impots locaux.
    Quand on connait le fonctionnement politique, consistant a maintenir des centres de secours pour plaire a son electorat, pour conserver son pouvoir et son mandat local, on est pas pret de sortir du probleme. Combien d’interventions par centre de secours ? A partir de combien peut on considerer qu’un centre n’est pas rentable ou utile pour la population ? Toutes ces questions les administrations de l’etat se les sont posees depuis longtemps (hopitaux, maternites, etc….). Je pense qu’il y aurait chaque annee de quoi renouveler le parc de vehicules sans pomper un peu plus le contribuable.

  3. Ne pas oublier que l’on couvre des risques et non des actes, et qu’en ce qui concerne les incendies de forêt, le risque est croissant du fait du réchauffement climatique, de tensions sociales et de tensions terroristes, de la préciosité et nécessité grandissante de ce patrimoine forestier, que la population vieillit, que les installations communales sont souvent gérées par des sociétés privées peu enclines à réclamer des investissements, du simple fait des mécanismes d’appel d’offre…
    Ne pas oublier que les pompiers, comme les personnes de service public, sont de plus en plus exposés aux incivilités, qui, si elles sont le terreau de certaines politiques, nécessitent aussi des moyens humains supplémentaires, internes pour la garde des véhicules, ou de soutien, pas les forces dites de l’ordre.

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