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ALÈS « Le forcené » à la raclette condamné à six mois de prison ferme

Le Palais de justice. EL/OG

Un jeune homme de 21 ans, prénommé Abdellah, était jugé en comparution immédiate ce jeudi à Alès. Il est accusé d’avoir été violent avec des policiers qui tentaient de l’interpeller et d’avoir proféré des menaces de morts à leur encontre.

Prostré dans le box du tribunal, Abdellah, cheveux en bataille, ne parvient pas à tenir debout. « J’ai des vertiges », signale-t-il à la présidente. Lorsque sa mère, effondrée, entre dans la salle d’audience, le prévenu, courbé sur lui-même, fond en larmes. Quelques jours plus tôt, c’est une tout autre facette de lui qu’il a montrée aux policiers qui tentaient de l’arrêter.

Il est environ 13 heures, ce dimanche 31 décembre, lorsqu’Abdellah s’apprête à emprunter une rue en sens interdit dans le centre-ville d’Alès. Deux policiers, sur les lieux au même moment, lui font signe de s’arrêter. Mais le jeune homme les ignore et, malgré les sirènes hurlantes, il poursuit son chemin jusqu’à l’entrée de Saint-Christol-lez-Alès où sa Citroën Saxo sera finalement immobilisée par les forces de l’ordre. Seulement, en approchant du véhicule, les policiers découvrent un jeune homme en djellaba complètement agité, les yeux exorbités et hurlant « Allah Akbar ». Il refuse d’obtempérer et saisit un objet dans sa main. La situation se crispe. L’un des policiers, craignant que ce soit une arme ou une télécommande reliée à une ceinture explosive, pointe son arme en direction de la tête de l’homme.

- J’étais à deux doigts de tirer, reconnait le policier à la barre du tribunal correctionnel d’Alès. Aujourd’hui dans ce genre de situation, nous avons ordre de tirer. Et puis, il a commencé à se frapper la gorge avec cet objet. J’ai cru que c’était un cutter. En fait, c’était une raclette pour dégivrer le pare-brise !

Ce jeudi 4 janvier, pour justifier son comportement insensé au tribunal et les violences qui ont suivi sur les fonctionnaires, Abdellah évoque une raison toute aussi saugrenue : il se serait aperçu que la fille qu’il fréquente depuis deux ans, et avec laquelle il comptait se marier, ne serait pas vierge.

- Tout ça, c’est parce que je me suis rendu fou. Je croyais qu’elle était vierge et j’ai découvert quelques jours plus tôt ce n’était pas le cas. Je suis devenu hystérique.

- Mais quel est le rapport avec votre comportement du 31 décembre face aux policiers ?, interroge la présidente.

- Ce jour-là je voulais aller voir un imam pour me calmer. Et quand je me suis fait arrêter, je ne contrôlais plus mon corps. Ce n’était pas moi !, rétorque-t-il. Mais, s’il vous plaît, ne me mettez pas en prison, ça va me tuer ! Ce que j’ai fait, c’était par amour, même si je sais que pour vous c’est bidon.

Effectivement, l’excuse ne passe pas auprès du substitut du procureur, Mélodie Fabre, qui rappelle que l’accusé n’avait ni alcool, ni stupéfiants dans le sang et que les expertises psychiatriques n’ont décelé aucune pathologie. « Il a eu le comportement d’un forcené mais était parfaitement conscient de ses actes », souligne-t-elle avant de requérir 18 mois de prison dont 12 assortis d’un sursis, avec une obligation de soin et de travail. Une peine suivie par le tribunal. Abdellah part en prison pour les six prochains mois, sans sa raclette.

 

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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